Ce matin, mon adorable Jésus est venu et m’a transportée hors de mon corps. Mais, à mon grand regret, je ne le voyais que de dos. Malgré mes supplications de me laisser voir sa sainte face, rien ne changeait.
Je me disais : « Serait-ce à cause de mes manques d’obéissance à écrire qu’il ne veut pas me montrer sa face adorable ?» Je pleurais.
Après m’avoir laissée pleurer un bout de temps, Il s’est retourné et Il m’a dit : « Je ne tiens pas compte de tes refus.Car ta volonté est tellement unie à la Mienne que tu ne peux vouloir que ce que Je veux.
Ainsi, malgré tes répugnances, tu te sens attirée comme par un aimant à faire ce qui t’est demandé. Tes répugnances ne servent qu’à rendre ta vertu d’obéissance plus belle et lumineuse. C’est pourquoi J’ignore tes refus. »
Ensuite, j’ai contemplé son très beau Visage J’ai ressenti un contentement indescriptible.
Je Lui ai dit : « Mon très doux Amour, si c’est pour moi un tel délice de Te voir, comment cela pouvait-il être pour notre Reine Mère lorsqu’elle Te portait dans son sein très pur ? Quels contentements, que de grâces ne lui as-tu pas accordés ?»
Il répondit : « Ma fille, les délices et les grâces déversées en Elle étaient si grandes et si nombreuses que
- ce que Je suis par nature,
- ma Mère l’est devenue par grâce.
Puisqu’elle était sans péché, ma Grâce régnait librement en Elle Il n’y a rien de mon Être que Je ne lui aie communiqué. »
À cet instant, j’ai cru voir notre Reine Mère comme un autre Dieu, mais à une différence près :
- Pour Dieu, la Divinité est par nature alors que,
- pour Marie très sainte, tout lui fut accordé par grâce.
J’étais stupéfaite ! Je dis à Jésus : « Mon cher Bien, notre Mère a pu recevoir tant de dons parce que Tu te laissais voir intuitivement par elle.
J’aimerais savoir comment Tu Te manifestes à moi. Est-ce par vision abstraite ou par vision intuitive ? Qui sait, ce n’est peut-être même pas par vision abstraite !»
Jésus me répondit : « J’aimerais te faire comprendre la différence entre les deux.
Par la vision abstraite, l’âme contemple Dieu alors que, par la vision intuitive, l’âme entre en Dieu et participe à l’Être divin.
Combien de fois n’as-tu pas participé à mon Être ? Ces souffrances, qui semblent presque naturelles chez toi, cette pureté qui te permet d’en arriver à ne plus sentir ton corps, et bien d’autres choses ! Ne t’ai-Je pas communiqué ces choses en t’attirant à Moi intuitivement ?»
Je m’exclamai : « Ah ! Seigneur, c’est tellement vrai ! Et moi, combien peu de gratitude je T’ai exprimée pour tout cela ? Combien peu j’ai correspondu à tant de grâces ? Je rougis rien que d’y penser ! Je t’en prie, pardonne-moi et fais que le ciel et la terre sachent que je suis l’ objet de ton infinie Miséricorde !»