J’ai vécu l’enfer pendant plus d’une heure. En effet, pendant que je regardais une image de l’Enfant Jésus, une pensée, rapide comme l’éclair, disait à l’enfant : « Comme tu es laid !» Je me suis efforcée d’ignorer cette pensée et de ne pas me laisser troubler par elle afin d’éviter le piège du démon.
Malgré mes efforts, cet éclair diabolique pénétra dans mon cœur. Et il me semblait que je haïssais Jésus. Oh ! Oui ! Je me sentais comme si j’étais en enfer avec les damnés. Je sentais en moi l’amour transformé en haine ! Ô mon Dieu, quelle souffrance que de se sentir incapable de T’aimer !
J’ai dit à Jésus : « Seigneur, c’est vrai que je ne suis pas digne de T’aimer, mais accepte au moins cette souffrance que j’éprouve présentement : vouloir T’aimer sans le pouvoir. »
Après avoir passé plus d’une heure dans cet enfer, j’en suis sortie grâce à Dieu. Comment exprimer à quel point mon pauvre cœur était affligé et affaibli par cette guerre entre la haine et l’amour ? J’étais exténuée, presque sans vie.
Ensuite, je suis revenue à mon état habituel, mais accablée par ce profond épuisement ! Mon cœur et toutes mes puissances intérieures qui, habituellement,
- recherchent leur unique Bien avec une ardeur indescriptible et
- ne s’arrêtent que lorsqu’ils L’ont trouvé,
- puis se reposent et Le savourent avec le contentement le plus exquis, cette fois, étaient inertes. Ô mon Dieu, quel coup cruel pour mon cœur !
Ensuite, mon bienveillant Jésus est venu Et sa Présence consolante m’a aussitôt fait oublier que j’avais visité l’enfer,
- à tel point que je n’ai même pas demandé pardon à Jésus.
Mes puissances intérieures, si profondément humiliées et fatiguées,
- se reposaient maintenant en Lui. Tout était silencieux. Il n’y avait que l’échange de quelques regards d’amour qui blessaient nos deux cœurs.
Après avoir gardé un profond silence durant quelque temps, Jésus me dit : « Ma fille, j’ai faim. Donne-moi quelque chose. »
Je répondis : « Je n’ai rien à Te donner. » Mais, à cet instant même, j’aperçus un pain et le Lui donnai. Il le dégusta avec beaucoup de plaisir.
Dans mon for intérieur, je me disais : « Ça fait quelques jours qu’il ne m’a pas parlé. »
Comme s’il voulait répondre à ma pensée, Il me dit : « Parfois, l’époux est heureux d’échanger avec son épouse pour lui confier ses secrets les plus intimes. D’autres fois, il aime encore mieux se délecter en se reposant pendant que chacun contemple la beauté de l’autre.
Cela est nécessaire. Car, après s’être reposés et avoir goûté la beauté l’un de l’autre,
- ils s’aiment davantage et
- ils se remettent au travail avec plus de force pour négocier et défendre leurs intérêts. C’est ce que Je fais avec toi. N’es-tu pas heureuse ?»
Le souvenir de l’heure passée en enfer m’a traversé l’esprit et je Lui ai dit : « Seigneur, pardonne-moi mes nombreuses offenses à ton égard. »
Il répondit : « Ne t’afflige pas, ne sois pas perturbée. C’est moi qui conduis l’âme dans l’abîme profond afin de pouvoir la conduire au Ciel plus rapidement. »
Ensuite, Il m’a fait comprendre que ce pain que j’avais trouvé, c’était la patience avec laquelle j’avais supporté cette heure de lutte sanglante.
Ainsi donc,
- la patience déployée,
- l’humiliation subie et
- l’offrande à Dieu de nos souffrances pendant la tentation sont un pain nourrissant pour Jésus qu’Il accepte avec grand plaisir.