Par les paroles que mon doux Jésus m’a dites hier, j’ai senti un clou transpercer mon cœur. Toujours aussi bienveillant envers la misérable pécheresse que je suis,

Il est venu et Il m’a dit avec compassion : « Ma fille, je ne veux plus que tu t’affliges ainsi. Sache que tout ce que Je te fais écrire n’est rien d’autre qu’un reflet

  • de toi-même et
  • de la perfection à laquelle J’ai conduit ton âme. »

Ah ! Mon Dieu ! Quelle répugnance j’éprouve à écrire ces mots,

  • puisqu’ils ne me paraissent pas véridiques. Je ne comprends pas encore ce que signifient la vertu et la perfection. Mais l’obéissance veut que j’écrive. Et il vaut mieux pour moi ne pas résister afin de ne pas être aux prises avec elle. Cela d’autant plus qu’elle a un visage à deux faces …

Si je fais ce qu’elle dit, elle se montre comme une dame et me caresse comme l’amie la plus fidèle, me promettant tous les biens du ciel et de la terre.

Si, par contre, elle détecte l’ombre d’une difficulté dans sa relation avec moi, alors, sans crier gare, elle se transforme en guerrière munie de toutes les armes pour blesser et détruire.

Ô mon Jésus, quel genre de vertu est l’obéissance pour que sa seule pensée nous fasse trembler !

J’ai dit à Jésus : « Mon bon Jésus, à quoi bon m’accorder tant de grâces

  • si elles remplissent d’amertume toute ma vie, surtout à cause des heures durant lesquelles je suis privée de ta Présence ? Le simple fait de savoir
  • qui Tu es et
  • de qui je suis privée est pour moi un martyre. Tes grâces ne servent qu’à me faire vivre dans l’amertume continuelle. »

Jésus me répondit : « Quand une personne a savouré la douceur d’un mets sucré et qu’elle est ensuite forcée de prendre un mets amer,

  • elle doit doubler son désir de sucré afin d’oublier l’amer. Il est bon qu’il en soit ainsi. Car, si elle goûtait toujours au sucré sans jamais goûter à l’amer, elle n’apprécierait pas autant le sucré.

Si, d’autre part, elle mangeait toujours des mets amers,

  • sans jamais avoir goûté au sucré, elle ne pourrait pas désirer les mets sucrés, puisqu’elle ne les connaîtrait pas. Ainsi, les deux sont utiles. »

Je repris : « Mon Jésus, si patient avec mon âme misérable et ingrate, pardonne-moi. J’ai l’impression que, cette fois, j’ai été trop curieuse. »

Il continua : « Ne sois pas si perturbée. C’est Moi qui soulève des difficultés dans ton for intérieur afin d’avoir l’occasion de converser avec toi et de t’instruire. »