Mais qui l’aurait cru ? Même si c’est elle qui a tort et que j’ai de la difficulté à m’exprimer, dame obéissance a pris la mouche et s’est mise à agir comme un cruel tyran, allant jusqu’à m’empêcher de voir mon aimable Bien, ma seule et unique Consolation.
Comme on peut le voir, cette dame agit parfois comme une petite fille. Lorsqu’elle veut quelque chose et qu’elle ne l’obtient pas en demandant poliment, elle remplit alors la maison de ses cris et de ses pleurs jusqu’à ce qu’on acquiesce à sa demande.
Bravo ! Je ne croyais pas que tu étais comme ça ! Même si je bafouille, tu veux que j’écrive sur la charité. Ô mon Dieu, toi seul peux la rendre plus raisonnable. Car c’est évident que ça ne peut continuer comme ça !
Je t’en prie, obéissance, redonne-moi mon doux Jésus Ne me prive plus de la vision de mon plus grand Bien. Je te promets que, même en bafouillant, j’écrirai comme tu le veux. Je te demande seulement la grâce de me laisser me reposer pendant quelques jours.
Car mon esprit est trop petit Il ne peut plus supporter d’être immergé dans ce vaste océan qu’est la charité divine. Surtout parce que j’y vois plus clairement mes misères et ma laideur. Et en voyant l’amour de Dieu pour moi, j’ai l’impression de perdre la raison. Je sens que ma faible nature va s’écrouler, n’en pouvant plus. D’ici là, je vais m’occuper à faire d’autres écrits. Ceci dit, je poursuis avec mes pauvres écrits.
Mon esprit étant occupé à faire ce que j’ai déjà mentionné, je me disais : « À quoi serviront ces écrits si je ne les mets pas en pratique moi-même ? Ils serviront à ma condamnation !»
Pendant que je réfléchissais ainsi, Jésus est venu et Il m’a dit : « Ces écrits serviront à faire connaître Celui qui te parle et t’habite. Et s’ils ne te servent pas à toi, ma Lumière éclairera ceux qui les liront. »
Je ne saurais dire combien je fus mortifiée à la pensée
- que ceux qui liraient ces écrits pourraient bénéficier des grâces qui y sont attachées,
- et non pas moi qui les reçois et les mets sur papier !
Ces écrits ne vont-ils pas me condamner ? À la seule pensée qu’ils vont tomber entre les mains d’autres personnes, mon cœur est accablé de douleur. Dans ma profonde affliction, je me disais : « Quelle est la raison d’être de mon état si ma condamnation doit en résulter ?»
Alors mon très aimable Jésus revint et Il me dit :
« Ma vie fut nécessaire pour le salut du monde. Comme Je ne peux plus vivre sur la terre, Je choisis qui Je veux
- pour M’y remplacer, afin que la Rédemption se poursuive. Voilà la raison d’être de ton état. »