Elle distingue clairement et sans déconvenue

  • le saint du pécheur,
  • le parfait de l’imparfait,
  • le fervent du tiède. Elle donne la lumière au bien-pensant. Elle distingue le bon du mauvais.

Elle révèle jusqu’à un certain point

  • qui devrait être dans le Paradis et
  • qui devrait y occuper une place prééminente. Toutes les vertus deviennent modestes et respectueuses devant la Croix.

Et sais-tu quand les vertus acquièrent le plus de luminosité et de splendeur ? C’est quand elles sont bien greffées à la Croix. »

Comment pourrais-je décrire la profusion de flammes d’Amour pour la Croix que Jésus infusa dans mon cœur par ces Paroles.

Je fus saisie par un engouement si grand de souffrir que

  • si Jésus n’avait pas contenté mon cœur en renouvelant souvent très souvent — ma crucifixion,
  • j’aurais certainement été tourmentée par des élans incontrôlables d’Amour.

Parfois, après avoir renouvelé ma crucifixion, Jésus disait : « Bien-aimée de mon Cœur, puisque tu désires ardemment la fragrance

  • que mes Souffrances dégagent à partir de la Croix, Je satisfais tes désirs en crucifiant ton âme et
  • en te communiquant chacune de mes Souffrances.

Mais si tu n’étais pas si peu disposée à démontrer à chacun combien tu M’aimes, je voudrais aussi sceller ton corps de mes Plaies sanglantes et visibles.

Je veux dans ce but t’enseigner la Prière suivante à dire pour obtenir cette Grâce :

« Ô Très Sainte Trinité, baignée dans le Sang de Jésus-Christ, je me prosterne devant ton Trône.

Dans une profonde adoration, je Te supplie par les sublimes Vertus de Jésus, de m’accorder la grâce d’être toujours crucifiée. »

Malgré le fait que j’ai toujours eu une grande aversion

  • que j’ai encore-pour tout ce qui pourrait paraître à la vue des autres, je consentis à ce que Jésus m’infuse un plus grand désir d’être crucifiée selon sa Volonté.

Et ne voulant pas m’opposer à ce qu’ll crucifie mon corps et mon âme, j’ai rapidement renouvelé mon acceptation avec ardeur et détermination.

Par la suite, je Lui ai dit : « Saint Époux, les signes extérieurs n’apparaissent jamais sur moi. Si, occasionnellement et sans penser, j’ai pu sembler accepter ces signes, je n’ai vraiment pas voulu consentir à cela.

Tu sais comment j’ai toujours aimé que ma vie soit cachée. Puisque Tu veux renouveler ma crucifixion, alors je Te supplie de me donner la souffrance permanente sans allègement d’aucune sorte. Mais je désire seulement une chose : je ne veux pas de signe extérieur qui m’amènerait à l’embarras et la gêne. »

Je n’étais

  • pas seulement tourmentée par le fait que quelque signe extérieur aurait pu se manifester sur mon corps, puisque, sans penser, j’avais implicitement consenti à la Volonté de Jésus en ce sens,
  • mais j’étais aussi tourmentée par la pensée de mes péchés passés.

J’ai souvent demandé à Jésus la contrition et la grâce de leur rémission. Je Lui ai ensuite dit que je ne serai en paix et contente que quand j’aurai entendu de sa bouche : « Tes péchés sont pardonnés . »

109. Luisa confesse ses péchés à Jésus.

Mon bien-aimé Jésus,

  • qui ne nous refuse jamais rien concernant notre progrès spirituel,
  • me dit un jour d’une manière qui était plus condescendante qu’à l’accoutumée :

« Aujourd’hui Je veux agir moi-même comme ton confesseur. Tu me confesseras tous tes péchés.

Et pendant que tu le feras, Je te ferai voir

  • toutes les offenses que tu as commises et
  • toutes les souffrances qu’elles M’ont causées.

Tu comprendras ce qu’est le péché, selon la capacité de l’intelligence humaine. Et tu préféreras mourir plutôt que de M’offenser à nouveau.

Attentive à cela, anéantis-toi et médite un peu :

« Celle qui n’est rien a du ressentiment envers Celui qui est Tout. Le Tout aurait pu faire disparaître le rien de la face de la terre.

Le rien est assez infâme pour se dire contrarié par son Créateur,

  • malgré le fait qu’il a été plus que toléré, - mais aimé. Reviens de ton néant, et avec des sentiments d’amour récite le confiteor. »

En entrant dans mon néant, j’ai découvert toute ma misère et tous mes péchés.

Me retrouvant en la Présence royale du Christ, mon Juge, j’ai commencé à trembler comme une feuille.

Je n’avais pas assez de force pour prononcer les paroles du confiteor.

Je serais restée dans cette grande confusion, incapable de dire un mot, si mon Seigneur Dieu, Jésus-Christ, n’avait pas infusé en moi une nouvelle force et un nouveau courage en me disant :

« Enfant de mon Amour, n’aie pas peur. Car même si actuellement Je suis ton Juge, Je suis aussi ton Père. Prends courage et allons de l’avant. »

Confuse et humiliée, j’ai récité le confiteor Me voyant complètement couverte par le péché,

  • j’ai saisi la gravité de mon affront à mon Seigneur
  • pour avoir entretenu en moi des pensées de vrai orgueil.

Je Lui ai dit : « Seigneur, je m’accuse devant ta Majesté du péché d’orgueil. »

Alors Jésus dit : « Viens près de mon Cœur amoureux et écoute. Ressens le tourment cruel que, par ton orgueil, tu as causé à mon Cœur généreux. »

Et moi, tremblante, j’écoutai son Cœur. Comment décrire ce que j’ai entendu et compris en seulement quelques instants ! Mon Cœur, tremblant d’amour, battait avec tant de force que je pensais qu’il allait éclater. En fait, plus tard, il m’a semblé que mon cœur avait été brisé par le chagrin, déchiré en morceaux et détruit.

Après avoir expérimenté tout cela, je me suis exclamée plusieurs fois : « Oh ! comme l’orgueil humain est cruel ! Il est si cruel que s’il en avait le pouvoir, il irait jusqu’à détruire l’Être Divin ! »

Ensuite, j’ai imaginé l’orgueil humain comme un ver très laid aux pieds du grand Roi. Il se lève et se gonfle de manière à se faire croire qu’il est quelque chose.

Dans sa grande audace,

  • il commence petit à petit à ramper et à monter sur le costume du Roi, jusqu’à ce qu’il atteigne sa Tête.

Voyant la couronne d’or du Roi, il veut la lui prendre et la placer sur sa propre tête.

Il veut ensuite

  • enlever au Roi son vêtement royal,
  • le détrôner, et
  • utiliser tous les moyens pour Lui enlever la vie.

Le ver ne sait même pas quel genre d’être Il est. Dans son orgueil, il ne sait pas que le Roi pourrait

  • le détruire, l’écraser sous ses pieds,
  • détruire ses rêves dorés d’un simple souffle.

Les orgueilleux sont des effrontés, des présomptueux et des ingrats. Victimes de sottes illusions et avec leur tête gonflée par l’orgueil,

  • ils s’insurgent avec indignation et passion contre ceux qui sont moins orgueilleux qu’eux.

C’est moi que j’ai vu dans ce ver laid et misérable aux pieds du divin Roi. J’ai senti mon âme chanceler dans la confusion et la peine, à cause de l’affront que je Lui avais fait.

Mon cœur expérimenta l’agonie terrible

  • que Jésus souffrit à cause de mon orgueil.

Après cela, Jésus me laissa seule. Je continuai à méditer sur la laideur du péché d’orgueil. Je ne peux pas décrire la grande souffrance que cela me causa.

Quand j’eus bien réfléchi sur ce que Jésus m’avait dit, Il revint et Il me fit continuer ma confession.

Tremblante plus qu’avant, je confessai les pensées et les paroles

  • que j’avais entretenues contre ses désirs exprimés, et
  • aussi mes péchés d’omission.

J’ai confessé tout cela avec tant de chagrin et d’amertume d’âme que j’étais terrifiée

  • de ma petitesse et

  • de mon audace d’avoir offensé un Dieu si bon qui, malgré mes offenses, m’avait aidée, préservée et nourrie.

S’Il ressentait de l’indignation envers moi, c’était à cause de sa haine du péché, et rien d’autre. Au contraire, sa Bonté envers moi, une pécheresse, a toujours été très grande. Il me fit pardonner même quand, devant la Justice divine, Il exposa mes faiblesses et mes fragilités. En échange, Il me donna plus de grâces et de force avec lesquelles fonctionner.

C’était comme s’Il avait ôté le mur qui séparait mon âme de Dieu à cause du péché.

Si les gens comprenaient la Bonté de Dieu et la laideur du péché, ils banniraient complètement le péché de la terre.

Ils seraient saisis

  • par de grands remords et
  • par la contrition pour leurs péchés, ou ils mourraient.

S’ils savaient l’infinie Bonté de Dieu, ils se rendraient à Elle. Et les choisis trouveraient auprès de Dieu une immense fontaine de Grâces dédiées à leur Sanctification et à leur Béatification.

Quand Jésus vit que je ne pouvais plus porter l’angoisse et l’amertume du péché, Il se retira, me laissant plongée dans mes réflexions sur le mal fait par le péché. Dans sa Bonté de toujours, Il me préserva du Jugement de son Père et Il me donna des grâces nouvelles.

Après un long intervalle, Jésus revint de nouveau pour me permettre de continuer ma confession qui, quoique interrompue par moments, dura environ sept heures.

Quand le très aimable Jésus eut fini d’entendre ma confession, Il quitta sa position de Juge et assuma celle d’un Père aimant.

J’étais habitée par la constatation inexorable que mon chagrin, pourtant grand, était insuffisant à me faire expier comme je le méritais pour mes offenses perpétrées contre mon Dieu.

Jésus, pour me dérider, dit : « Je veux ajouter un supplément. Je vais appliquer les Mérites de mes Souffrances du Jardin de Gethsémani à ton âme. Cela suffira à satisfaire à la Justice divine. »

Je me sentis alors mieux disposée à recevoir l’absolution de Jésus pour mes péchés. Aussi, prosternée à ses pieds, pleinement humiliée et confondue, je Lui ai dit :

« Dieu Très Grand, j’implore ta Miséricorde et ton Pardon pour mes péchés si nombreux et graves. Je désirerais que mes capacités soient multipliées à l’infini pour que je puisse adéquatement faire l’éloge de ton infinie Miséricorde. Ô Père Céleste, pardonne le grand affront que je T’ai fait en péchant contre Toi, et daigne me donner ton paternel pardon. »

Il me dit alors : « Promets-Moi de ne plus jamais pécher. Tiens-toi loin de l’ombre même du péché. »

Je répondis : « Oh ! oui ! je le promets un millier de fois et je désire mourir plutôt que d’offenser mon Créateur, mon Rédempteur et mon Sauveur. Jamais ! Jamais plus !»

Sur quoi Jésus leva sa Main droite,

  • prononça les paroles de l’absolution, et
  • permit à une rivière de son Sang Précieux de couler sur mon âme.