Finalement, un matin, au jour de l’Exaltation de la Sainte Croix, Jésus apparut et rapidement me transporta encore une fois à la sainte place de Jérusalem. Il m’a fait contempler plusieurs choses ayant trait au mystère et aux vertus de la croix. Après, Il me dit tendrement :

« Mon amour, veux-tu être belle ?

Médite sur la Croix et elle te donnera les plus beaux traits que l’on puisse trouver au Paradis et sur la terre. Alors tu te feras aimer de Dieu, Lui qui possède en Lui-même la Beauté infinie. En toi s’est développé le désir de posséder le Paradis avec toutes ses richesses.

Veux-tu être remplie d’immenses richesses, pas pour un court temps, mais pour l’éternité ? Sois toujours amoureuse de la Croix. Elle te fournira toutes les richesses,

  • du plus petit sou, que représente la moindre des souffrances,
  • aux plus incalculables sommes qui sont obtenues des croix les plus lourdes.

Cependant,

  • alors que l’homme est devenu avide de se procurer le plus petit profit d’une simple monnaie temporelle, qu’il devra rapidement abandonner,
  • il n’a pas une seule pensée pour acquérir un sou des Biens éternels.

Et parce que J’ai compassion de l’irréflexion de l’homme en regard de son Bien éternel, tendrement Je lui offre de l’aider.

Lui, plutôt que d’en être reconnaissant,

  • il se rend indigne de mes Dons et
  • il m’offense par son obstination. Vois-tu, mon enfant, combien il y a d’aveuglement dans cette pitoyable humanité ?

La Croix, cependant, amène

  • tous les triomphes,
  • les plus grandes acquisitions et
  • les plus grandes victoires.

C’est pourquoi tu ne dois avoir aucun autre but que la Croix. Cela sera suffisant pour pourvoir à tout.

Et, aujourd’hui, Je veux te faire plaisir en te crucifiant complètement sur la croix, laquelle, jusqu’à ce moment, ne t’allait pas parfaitement.

Tu dois savoir que cette croix est celle

  • qui t’a attirée à mon Amour et
  • qui m’induit à te crucifier sur elle complètement. La croix que tu as eue jusqu’à maintenant, Je l’apporterai au Paradis comme un signe de ton amour. Je la montrerai à la Cour céleste comme un témoignage de ton amour pour Moi.

À sa place, J’en ai une plus pesante et plus douloureuse que Je t’amène

  • pour répondre à ton désir de souffrance et
  • pour permettre à mon Dessein éternel sur toi de se réaliser. »

Après avoir dit cela, Jésus m’apparut devant la croix que j’avais eue jusque là. Moi, dans un plein bonheur, je suis allée vers elle, je l’ai couchée par terre et je me suis étendue dessus. Et pendant que j’étais là, prête à la crucifixion, les cieux s’ouvrirent. Saint Jean l’Évangéliste vint, apportant la croix dont Jésus m’avait parlé.

Ensuite la Vierge Marie arriva entourée d’une phalange d’anges. Ils me tirèrent de ma croix et ils m’installèrent sur la plus grande apportée par saint Jean.

Un frisson froid et mortel s’empara de moi. Cependant je sentais encore une flamme d’Amour dans mon cœur, qui me fit avoir hâte de souffrir sur cette croix.

Au signal de Jésus, un ange s’empara de la première croix et l’amena avec lui au Paradis. Pendant ce temps, Jésus, de ses propres mains et assisté par la Vierge Marie, commença à me crucifier.

Debout, les anges et saint Jean présentaient les clous et les autres objets nécessaires à ma crucifixion.

Pour l’acte de ma crucifixion,

  • mon très tendre Jésus montrait tant de joie et de bonheur
  • que j’aurais souffert pas une, mais un millier de crucifixions,
  • aussi bien que d’autres souffrances pour augmenter sa douce Satisfaction.

À ce moment, il semblait que les Cieux étaient décorés

pour une nouvelle fête de gloire pour moi :

  • pour avoir fait plaisir à Jésus,
  • pour avoir libéré, par des prières abondantes, des âmes du Purgatoire,
  • pour avoir intercédé pour des pécheurs mal disposés et
  • pour la conversion de plusieurs autres.

Mon bien-aimé Jésus les fit tous participer au bien qui fut produit par mon ardente disposition envers les souffrances inhérentes à la crucifixion. Quand tout fut terminé, je me sentis comme si je nageais dans une mer de contentement mêlée à une mer de souffrances inouïes.

La Reine Mère se tourna vers Jésus et dit : « Mon Fils, aujourd’hui est un jour de gloire. A cause de tes propres souffrances et pour l’achèvement de tout ce qui a été fait avec Luisa, J’aimerais

  • que Tu transperces son cœur d’une lance et
  • que Tu lui mettes une couronne d’épines sur la tête. »

Répondant au désir de sa Mère, Jésus prit une lance et transperça mon cœur de part en part. Au même moment, les anges présentèrent une couronne d’épines à la Très Sainte Vierge. Elle, avec mon consentement et avec la plus grande satisfaction, la plaça tendrement sur ma tête. Quel jour mémorable ce fut pour moi !

On peut dire que, vraiment, ce fut un jour de souffrances inouïes et de joies ineffables. Et, pour mon plaisir et pour supporter ma fragilité naturelle, Jésus resta à mon côté toute la journée.

À cause de la sévérité de la souffrance, la crucifixion aurait échoué sans sa grâce. À ma grande joie, Jésus permit à de nombreuses âmes du Purgatoire de rentrer au Paradis conséquemment à mes souffrances.

Elles descendaient du Paradis accompagnées d’anges. Elles entouraient mon lit et me rafraîchissaient avec leurs chants célestes. C’étaient des cantiques de joie et des hymnes de louanges à la magnificence de Dieu.