Je dois ajouter que mon nouveau confesseur avait un talent spécial pour pénétrer dans mon intérieur.

Avec lui, je prenais graduellement courage. Je sentais en moi la volonté et la patience de m’exprimer. Petit à petit, je lui ouvris mon âme Je le laissai lire en moi comme dans un livre, page par page, même mot par mot, incluant les grâces spéciales que m’avait accordées le Seigneur. C’était comme si mon bon Jésus se donnait la peine de me rappeler tout ce qu’Il m’avait déjà dit et tout ce qui m’était arrivé.

Quelquefois, quand je ressentais de la répugnance à lui révéler quelque chose, il me réprimandait beaucoup et même menaçait de me quitter.

La peur qu’il m’abandonne me faisait atrocement souffrir. Cependant, j’arrivais à surmonter les difficultés. J’étais très dure pour moi-même.

Je peux dire la même chose de l’autre confesseur, qui continuait à me demander une chose et ensuite une autre. Parfois il me demandait ce qui causait mes léthargies et quels en étaient les effets.

Quelquefois, quand il voyait mon entêtement,

  • il me commandait au nom de l’obéissance de lui répondre ; et
  • il plaçait devant moi la peur d’une grande illusion diabolique.

Ensuite il ajoutait : « Quand l’âme est obéissante, nous sommes tous les deux plus sécurisés et tranquilles, parce que le Seigneur ne permettrait pas que son ministre, qui veut agir correctement dans la quête de la vérité, soit dans l’erreur. »

À ce sujet, il m’a souvent semblé que les deux, Jésus et le confesseur,

  • savaient tout de la question. Parce que,
  • avant que Jésus me soumette à quelque souffrance,
  • je remarquais que le confesseur connaissait la vérité.

Je me disais en moi-même : « Il vaut mieux tout lui dire tout de suite que de garder le silence, puisque déjà il sait tout. Et si je garde le silence, qui sait s’il ne sera pas alors amené à changer sa façon de faire. »

Tout cela n’arrivait pas avec mes confesseurs des années précédentes, qui non seulement ne m’ont jamais questionnée ni n’ont essayé de chercher la vérité sur mes états de pétrification :

  • par exemple si ça provenait de Dieu ou des démons,
  • ou si c’était causé par une maladie corporelle.

Bref, ils ne demandaient rien et ne disaient rien. Toutefois, j’étais très désireuse de savoir si j’étais oui ou non ajustée à la Volonté de Dieu quand je portais la croix qu’Il m’envoyait. Je souffrais beaucoup quand j’étais incapable de trouver la patience de la porter.

D’autre part, quand le second confesseur apprit que le Seigneur se montrait à moi et qu’Il me demandait si je voulais remplir le rôle de victime,

il me dit que je devrais dire à Jésus : « Seigneur, je ne peux pas et je ne devrais pas accepter la souffrance à laquelle Tu veux me soumettre, jusqu’à ce que j’aie la permission de mon confesseur. Si Tu désires que je sois victime, va en premier lieu à lui pour lui demander son consentement, afin qu’il n’ait pas de ressentiment envers moi. »