Après quelques jours,
- alors que je m’étais accoutumée à être une victime, et
- après plusieurs invitations de Jésus et de sa Très Sainte Mère, je me suis sentie encore une fois sur le point de m’évanouir.
Alors Jésus s’approcha de moi et me dit tendrement :
« Mon enfant, vois comment les hommes, qui n’ont aucun amour pour Moi, Me font souffrir.
En ces tristes temps, leur orgueil est si grand qu’il a même infecté l’air qu’ils respirent. Son odeur s’est répandue partout et a atteint le Trône du Père dans le Ciel.
Comme tu peux le comprendre, cette misérable condition a fermé pour eux les portes du Ciel. Ils n’ont plus d’yeux pour voir la Vérité, parce que le péché d’orgueil
- a complètement obscurci leur cerveau et
- produit la dépravation de leur cœur. En les voyant ainsi perdus, Je souffre d’intolérables souffrances.
Oh ! donne-moi du soulagement et des réparations
- pour les si nombreuses fautes commises contre Moi. Ne veux-tu pas amoindrir la souffrance que cette terrible couronne d’épines produit en Moi ? »
À ces mots, je ressentis beaucoup de honte et d’anéantissement et je répondis immédiatement :
« Mon très doux Jésus,
- remplie de confusion,
- terrifiée de Te voir perdre ton Sang, et en T’entendant parler si tendrement, j’ai oublié de Te demander cette couronne
- afin que je puisse soulager ta souffrance.
Maintenant que Tu me l’offres,
- je T’en remercie et
- je Te prie de me donner de nouvelles grâces pour bien la porter. »
Là-dessus, Jésus enleva sa couronne, et
- après l’avoir bien installée sur ma tête et
- m’avoir encouragée à bien souffrir, Il disparût.
Qui pourrait décrire les atroces spasmes que j’ai ressentis en revenant à moi-même. À chaque mouvement de ma tête, les douleurs devenaient plus grandes. Je sentais les épines pénétrer dans mes yeux, mes oreilles, ma nuque, et jusqu’à ma bouche, déclenchant des spasmes, de telle manière que je ne pouvais prendre aucune nourriture.
Pendant deux à trois jours, je suis restée dans cet état de souffrance. En m’abstenant de manger, je diminuais les spasmes. Quand ils se calmaient et que je recommençais à prendre un peu de nourriture pour me restaurer, mon Jésus immédiatement et sensiblement prenait ma tête dans ses mains et serrait.
Les douleurs étaient renouvelées et plus intenses qu’avant. Parfois je perdais complètement mes sens et m’évanouissais.
Dès le commencement mon état de victime fut doublé
- par mon inquiétude au sujet de ma volonté de souffrir pour mon bon Jésus et
- par les continuels tracas causés à ma famille qui, me voyant souffrir et se voyant incapable de m’amener à prendre quelque nourriture, croyait que j’avais contracté cette indisposition parce que je ne voulais plus rester à la campagne.
Ils attribuaient chaque refus de nourriture à mes caprices, ayant pour objectif mon retour rapide en ville.
Ma nature se rebellait contre cette double souffrance. Mais comme ma famille n’était pas une composante importante de ma souffrance,
- mon Seigneur me taquinait en me menaçant de me retirer sa grâce si j’avais du ressentiment contre ma famille.