Parce que Jésus avait été mon Tout, sans Lui je n’avais maintenant plus aucune consolation. Tout autour de moi se changeait subitement en amer chagrin.
Il me semblait entendre les créatures se moquer de moi et me répéter dans un langage muet : « Tu vois ce que te fait ton Amoureux, ton Bien-Aimé. Où est-Il maintenant ? » Quand je regardais l’eau, le feu, les fleurs, même les pierres familières de ma chambre, tout semblait dire : « Ne vois-tu pas que toutes ces choses sont de ton Époux ? Tu as le privilège de voir ses oeuvres, mais tu ne peux pas Le voir, Lui ! »
Et je leur disais : « Oh ! vous, les créatures de mon Seigneur, donnez-moi des nouvelles de Lui ! Dites-moi où je peux Le trouver ! Il m’a dit qu’Il reviendra bientôt, mais qui parmi vous peut me dire quand Il reviendra, quand je Le verrai à nouveau ? »
Dans cet état, chaque jour me semblait une éternité. Les nuits étaient des veilles sans fin, les heures et les minutes étaient comme des siècles et ne m’amenaient que des désolations. Je me sentais sur le point de m’effondrer.
Mon cœur et ma respiration s’arrêtaient, et je me sentais parfois comme si tout mon être était gelé, envahi par une sensation de mort. Les membres de ma famille remarquèrent que ça n’allait pas. Ils en parlaient beaucoup entre eux et attribuaient ma souffrance à une maladie physique. Ils insistaient pour que je rencontre le médecin. Cela se fit, mais ne m’apporta aucun bien.
Pour ma part, je continuais à me souvenir
- de ce que le bon Jésus m’avait promis,
- de ce qu’Il avait fait en moi,
- de l’onction de sa Grâce. Je me remémorais une à une ses douces et tendres Paroles. Je me rappelais aussi ses réprimandes paternelles pour me rappeler au devoir de L’aimer.
Mon âme sait qu’elle est incapable de faire quoi que ce soit sans Jésus et que tout Lui est dû. Il est le vrai directeur spirituel qui enseigne à mon âme comment rester humble et abandonnée à travers la prière, la Sainte Communion et les visites au Saint Sacrement.