Ne pas reconnaître que tout ce qui a été accompli en moi est redevable à la surabondance des grâces du Seigneur serait pure fourberie de ma part.

Sans ses Grâces et sa Lumière, en effet, je n’aurais rien fait de bien : que du mal. Qui d’autre que mon aimable Jésus m’a éloignée des frivolités du monde ? Qui a suscité en moi le désir si fort de faire une neuvaine pour Noël,

  • avec neuf méditations par jour
  • portant sur l’Incarnation de Jésus, lesquelles m’ont apporté du Ciel tant de grâces et de lumières surnaturelles ?

Quelle était cette voix intérieure qui me prévenait

  • que je n’aurais aucun répit ni aucune paix
  • si je ne faisais pas ce que Jésus me demandait ?

Qui me fit tomber amoureuse de Lui en me faisant voir le ravissant bébé Jésus ?

N’était-ce pas Jésus qui agissait avec moi comme mon Professeur,

  • m’instruisant, - me corrigeant, - me réprimandant,
  • amenant mon cœur à se départir de ses affections,
  • infusant en moi les véritables esprits de mortification, de charité et de prière ?

Il ouvrit en moi la voie qui me conduisit à l’immense mer de sa Passion. C’est par Lui que j’expérimentai

  • la douceur de la souffrance et
  • l’amertume quand je ne souffre pas. Ces choses n’ont-elles pas toutes été faites par sa Grâce ?

Maintenant qu’Il me joue un tour en se retirant de ma vue, j’expérimente à fond que,

  • sans Lui, je ne ressens pas cet amour sensible comme avant.
  • Je ne vois plus la lumière dans mes méditations,
  • je ne suis plus capable de rester absorbée en méditation pendant deux ou trois heures.

Pendant que j’essaie de faire ce que j’avais l’habitude de faire avant, j’entends se répéter en moi ces mots : « Si tu Me restes fidèle, Je viendrai te récompenser. Si tu es infidèle, Je te punirai. »

Je n’ai vraiment plus le succès que j’avais quand Il était auprès de moi visiblement et sensiblement.

Dans cet état de privation, je passais tous mes jours

  • dans une presque totale amertume,
  • dans le silence et l’anxiété.

J’attendais Jésus qui ne venait toujours pas comme Il l’avait promis : « Je reviendrai à toi bientôt. »