CHAPITRE XLI

Vision symbolique sur le bon pasteur.

Anne-Catherine avait eu sur le bon Pasteur une vision symbolique dont elle rapporta ce qui suit :

Je vis, dans une belle prairie pleine de fleurs et entourée de bois, un troupeau de belles brebis, et au milieu d’elles un aimable pasteur dans lequel je reconnus Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tout à coup je vis plusieurs brebis quitter le troupeau et courir par un chemin rapide vers le bois, qui était planté d’aunes et de mauvais arbres, tout rempli de marais et de fondrières, couvert de brouillard et souvent assiégé par des tempêtes. Je vis alors le bon Pasteur, fort affligé, aller dans le bois les chercher ; puis revenir, plein de joie, rapportant au bercail sur ses épaules la brebis qu’il avait retrouvée. Une fois je le vis revenir tout triste sans la brebis égarée. Il me semblait voir un bercail dans la Palestine. Je vis le Pasteur à plusieurs reprises retourner au bois et revenir encore ne rapportant rien ; il en paraissait très affligé ; enfin il revint avec la brebis. Alors, appelant d’autres bergers, il la leur montra, et ils allèrent dans une maison qui me sembla une école, où ils chantèrent des cantiques, les mains levées au ciel : on eût dit une fête de l’Église.

Ensuite je vis les successeurs de ce Pasteur, je vis des troupeaux et des brebis semblables à ceux que j’avais déjà vus ; je les vis dans une série de tableaux me représentant diverses paroisses et leurs curés, les uns connus de moi, les autres non. Plusieurs de ces paroissiens s’éloignaient de la lumière pour s’abandonner au péché, aux querelles, à l’impureté, à l’impiété ; ils évitaient l’église pour aller dans les cabarets, les salles de danse, etc. ; cependant les curés allaient à leur recherche et parlaient à leur cœur ; je les vis alors se confesser pleins de repentir et recevoir la sainte Eucharistie, tandis que les curés remerciaient Dieu, pleins de joie. J’eus ainsi plusieurs belles visions de dignes curés et aussi d’évêques qui veillaient avec beaucoup de soin sur leurs prêtres ; mais le nombre de ces évêques n’était pas grand.