CHAPITRE LXXVI

Vision sur la drachme perdue.

Je vis une maison, apparemment de la terre promise. Une femme juive était assise ; l’obscurité régnait autour d’elle et en elle. Comme elle se tenait là, triste et inquiète, un homme ouvrit la porte et entra ; la femme, se levant, alla au-devant de lui, et à peine lui eût-il adressé la parole, que je lui vis à la main une lampe allumée.

Il me parut qu’il lui avait apporté la lumière, et qu’il était le même pasteur que j’avais vu retrouver la brebis, c’est-à-dire une figure de Jésus. Quand il se fut retiré, la femme mit la lampe sur un chandelier, au milieu de la maison. Alors il fit clair, et la femme elle-même fut éclairée et devint comme plus pure et plus transparente. Elle prit un balai d’herbes longues et fines et se mit à balayer toute la maison, ramenant la poussière vers la lumière de la lampe. Puis elle fouilla avec les doigts dans l’amas de balayures et y trouva la drachme, qui était lumineuse.

En même temps, la drachme lumineuse me parut au dedans de son cœur, elle-même fut illuminée ; puis la lumière de la lampe, celle de la pièce d’argent et la lumière intérieure se confondirent en une seule ; alors elle était toute pleine de clarté, et sa maison l’était aussi. Je vis ensuite venir à elle une autre femme, qui fut aussi illuminée de sa lumière, puis plusieurs autres, et toutes furent lumineuses ; et elles glorifièrent Dieu, pleines de joie.

Je vis ensuite de bons prêtres et même des laïques (j’en connaissais plusieurs), qui, dans une conversation, ou au tribunal de la pénitence, parlaient tellement à la conscience des personnes de mon temps, qu’elles reconnaissaient leurs fautes, se corrigeaient, et, en communiquant à d’autres leur conversion, les touchaient à leur tour. Cette vision me paraissait comme le type de la régénération par une bonne direction spirituelle.