CHAPITRE XXII
Jean est promis à Zacharie.
« Il y avait alors un prêtre de la famille sacerdotale d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme était comme lui de la race d’Aaron, et s’appelait Élisabeth Ces paroles sont tirées de l'Évangile de saint Luc, I, V, 5 et 6. Nous les donnons ici pour compléter ce court fragment sur Zacharie, que la sœur Emmerick, alors très malade, ne put donner qu'avec beaucoup de peine. ». La famille d’Abia était du nombre de celles qui faisaient tour à tour le service du temple.
Deux fois chaque année Zacharie avait à s’acquitter au temple de ses fonctions sacerdotales. Or, un jour que l’époque de ce service était proche, il ne put cacher à Élisabeth la tristesse qu’il en ressentait ; et le motif de cette tristesse était le mépris que lui témoignaient les autres prêtres, à cause de la stérilité de leur mariage. Tous deux habitaient Jutta, bourg situé à une lieue d’Hébron. Il y avait aussi ces prêtres dans cette dernière ville, mais inférieurs à ceux de Jutta. Or Zacharie était le chef de ces derniers. Élisabeth et lui étaient très considérés, tant à cause de leur vertu qu’à cause de leur descendance directe de la race d’Aaron.
Avant son départ pour le temple, Zacharie se rendit, avec plusieurs autres prêtres, à une terre qu’il possédait dans les environs de Jutta. Il y avait là une maison entourée d’un jardin. Zacharie pria dans le jardin avec ces prêtres, et leur adressa une sorte d’instruction. C’était comme une préparation au service du temple. Dans cet entretien, il leur fit part aussi de sa tristesse et d’un pressentiment qu’il avait que quelque chose d’important allait lui arriver.
Bientôt tous se rendirent à Jérusalem : Zacharie y attendit quatre jours que son tour vînt d’offrir l’encens. Cependant il ne cessait de se rendre au temple et d’y prier. Le jour venu, il entra dans le Saint du temple, où se trouvait l’autel des parfums, devant le voile du Saint des saints. Le toit était ouvert, et laissait voir le ciel, au-dessus de sa tête. Zacharie fit brûler l’encens sur l’autel. Tout à coup une forme lumineuse descendit du côté droit de l’autel, et s’approcha de lui. Le trouble et la frayeur le saisissent, et il tombe du côté de la vision. Mais l’ange paraît, le relève, et s’entretient quelque temps avec lui. Je vis alors le ciel s’entr’ouvrir et deux anges monter et descendre sur une échelle. La ceinture de Zacharie était détachée et sa robe ouverte. Un des anges paraissait retirer quelque chose de son corps, tandis que l’autre introduisait dans son côté une sorte d’objet lumineux. Cet événement ressemblait à ce qui eut lieu le jour où Joachim reçut la bénédiction de l’ange pour la conception de la sainte Vierge.
Les prêtres avaient coutume de sortir du Saint aussitôt l’encens offert. Comme Zacharie tardait à revenir, le peuple qui priait au dehors en était dans l’inquiétude. Il parut enfin dans le parvis. Tous alors se pressèrent autour de lui et lui demandèrent pourquoi il était demeuré si longtemps. Mais il était devenu muet ; il ne savait plus que faire des signes de la main, montrant sa bouche et une tablette qu’il portait. La tablette fut aussitôt envoyée à Jutta et remise à Élisabeth. Il lui annonçait comment il avait perdu la parole, et comment Dieu avait daigné le consoler par une promesse. Élisabeth avait eu pareillement une révélation.