CHAPITRE XXIII

Du mariage de Marie et de Joseph.

Ce fut à Jérusalem, dans une maison voisine de la montagne de Sion destinée aux fêtes de ce genre, que furent célébrées les noces de Marie et de Joseph. Elles durèrent une semaine environ. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie, beaucoup de parents d’Anne et de Joachim y assistèrent. Elles furent d’une magnificence extrême ; on immola des agneaux sans nombre.

La robe nuptiale de la très sainte Vierge était si admirablement belle, que les femmes qui l’avaient vue aimaient encore à en parler après bien des années. Elle avait été apportée par sa mère, et ce ne fut qu’avec peine que l’humble Marie consentit à s’en revêtir. On noua ses cheveux autour de sa tête ; on la couvrit d’un manteau bleu de ciel et d’un voile blanc qui pendait jusqu’au-dessous des épaules, et l’on plaça sur le voile une couronne enrichie de pierres précieuses.

La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond ardent, un front élevé, de beaux sourcils noirs arqués, de grands yeux ombragés de cils noirs et qu’elle tenait habituellement baissés, le nez fin, droit et long, le menton effilé, la bouche noble et pleine de grâce ; sa taille était assez élevée et elle portait cette riche parure de ses noces avec beaucoup de modestie, de grâce et de dignité.

Joseph avait une longue robe bleue, très ample ; il avait autour du cou un collet brun ou plutôt une large étole, avec deux bandes blanches qui pendaient sur sa poitrine.

Anne revint à Nazareth après les noces. Marie l’y suivit à pied, accompagnée de plusieurs vierges qui quittaient le temple. Joseph alla à Bethléem pour quelques affaires de famille : ce ne fut que plus tard qu’il se rendit à Nazareth.

Sainte Anne disposa pour eux une petite maison qu’elle possédait à Nazareth ; elle y demeura avec Marie pendant toute l’absence de Joseph. À l’arrivée de celui-ci, elle regagna sa propre demeure, et Marie versa bien des larmes en accompagnant sa mère, dont il lui fallait se séparer.