CHAPITRE XXIX

Fête commémorative du mariage de la sainte Vierge.

Joseph ne se tint pas caché dans la grotte de Maraha. Il fit, avec les deux bergers, plusieurs arrangements dans celle de la crèche. Les bergers y portèrent des guirlandes de feuillage et de fleurs ; j’ignorais d’abord dans quel but, mais je vis bientôt que c’étaient les préparatifs d’une fête touchante.

Joseph profitait de l’absence de la sainte Vierge pour orner, avec l’aide des bergers, la grotte de la crèche, où il voulait célébrer l’anniversaire de leur mariage. Lorsque tout fut prêt, il alla chercher la sainte Vierge, avec l’enfant Jésus et sainte Anne, et les conduisit dans la grotte de la crèche, où se trouvaient déjà réunis Eliud, le second mari d’Anne, la servante et les trois vieux bergers. Que je fus émue de voir leurs transports de joie, au moment où la sainte Vierge apporta l’enfant Jésus dans la grotte ! La voûte et les parois étaient couvertes de guirlandes de fleurs. Au milieu il y avait une table dressée pour le repas. Le sol, le contour inférieur de la grotte et la table étaient revêtus de belles couvertures données par les rois. Une pyramide de feuillages et de fleurs s’élevait de la table jusqu’à l’ouverture de la voûte. Elle se terminait par un rameau sur lequel était posée une colombe artificielle. Toute la grotte resplendissait d’une lumière éclatante. On avait posé sur un petit siège le berceau dans lequel l’enfant Jésus se tenait assis. Marie et Joseph, couronnés de fleurs, étaient à ses côtés, et buvaient à la même coupe. Outre les parents, il y avait là les vieux bergers. Pendant leur joyeux et frugal repas, on chanta des psaumes, et je vis des chœurs d’anges paraître dans la grotte. Tous étaient attendris jusqu’au fond de l’âme. Après la fête, la sainte Vierge retourna à la grotte du tombeau de Mahara, avec l’enfant Jésus et sainte Anne.

Peu après je vis sainte Anne faire à la sainte famille et aux trois bergers des adieux pleins de tendresse, et partir pour Nazareth avec son mari et ses domestiques. Ils emportèrent, sur leurs bêtes de somme, tout ce qui restait des présents des rois.