CHAPITRE IV

Suite du séjour de Marie chez Élisabeth. — Son retour à Nazareth.

Le sabbat étant venu, Zacharie, Joseph et six autres hommes priaient debout ; comme je le vis, une lampe les éclairait ; ils entouraient à dessein un coffre sur lequel étaient placés des rouleaux écrits. Pendant leurs prières, ils baissaient souvent la tête et levaient les bras en l’air, mais avec moins de véhémence que les Juifs actuels. Marie, Élisabeth et deux autres femmes se tenaient à part, derrière une cloison grillée, tout enveloppées dans leurs manteaux de prière.

Zacharie avait une longue robe blanche à manches étroites ; sa large ceinture, plusieurs fois roulée autour de son corps, était ornée de lettres. Il montra plus tard à Joseph son beau manteau de prêtre, de couleur blanche et pourpre, qui était très large et très lourd, et attaché sur la poitrine par trois agrafes.

Un soir, à la clarté de la lune, Joseph et Zacharie se mirent en voyage. Joseph avait à la main un bâton recourbé par le haut, et emportait, dans une valise, une petite cruche et des pains. Comme la nuit était d’une beauté remarquable, Marie et Élisabeth les accompagnèrent quelque temps.

À leur retour, elles entrèrent dans la chambre de Marie, allumèrent une lampe et récitèrent le Magnificat.

Marie resta trois mois chez Élisabeth ; elle assista à la naissance de Jean La sœur Emmerich ne put malheureusement point raconter la naissance de Jean-Baptiste. Voyez l'Évangile de saint Luc, ch. I, v. 56 à 79. . Peu de jours après, et avant même qu’il fût circoncis, elle partit pour Nazareth. Joseph vint jusqu’à moitié chemin à sa rencontre.

De retour à Nazareth avec la sainte Vierge, Joseph s’aperçut qu’elle était enceinte ; et, comme il ignorait l’annonciation de l’ange, il fut assailli de doutes et d’appréhensions des plus cruelles. Aussitôt après son mariage, il s’était rendu à Bethléem pour régler des affaires de famille ; de son côté, Marie s’était retirée à Nazareth avec ses parents et quelques compagnes. C’était avant le retour de Joseph que l’ange l’avait saluée. Marie, dans sa timide humilité, avait gardé pour elle le secret divin.

Joseph dissimulait au dehors le trouble et l’inquiétude qui l’agitaient, et luttait en silence contre ses doutes. Marie, qui avait tout prévu d’avance, était grave et pensive, ce qui ajoutait encore à l’anxiété de Joseph. Bientôt les tourments de ce dernier furent tels, qu’il résolut de la quitter et de s’enfuir secrètement. Pendant qu’il était occupé de cette pensée, je vis un ange lui apparaître en songe pour le consoler.