XXII — Teresa choisie par le Seigneur, victime, comme Padre Pio, pour sauver les âmes
Aussi bien lors de la rencontre du 15 juin 1961 que lors de celle du 15 septembre 1963 et des autres qui suivent, cette année-là, jusqu’au 5 octobre 1963, Teresa montre qu’elle ne connaît pas Padre Pio. Procédons avec ordre. Le 15 juin 1961, Teresa, après avoir été aidée par Padre Pio, lui demande : « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? ». Padre Pio répond : « Je viens de San Giovanni, je m’appelle Pio » (Cf. Journal, 15/06/1961, p. 1641). Le 15 septembre 1963, comme on l’a vu, commence une autre série de rencontres prodigieuses de Padre Pio avec Teresa (Cf. p. 1716), laquelle, seulement le 5 octobre 1963, décide de s’assurer de l’identité du « moine », et Padre Pio lui répond : « Je m’appelle Francesco et je suis Padre Pio, comme moine ; je viens de très loin » (cf. p. 1717). Donc, en dernière analyse, quant à la connaissance de Padre Pio par Teresa, ces trois dates pourraient toutes être considérées comme la première rencontre, même si Padre Pio se manifeste à Teresa, dès son enfance, le 1er/11/1950, en lui disant : « Je suis Padre Pio, c’est-à-dire Francesco… » (Cf. p. 1288). Il convient donc de tenir pour valable la considération selon laquelle, bien que Teresa l’eût écrit dans son journal, à l’âge tendre de sept ans, ensuite, sous la pression des très nombreux épisodes d’interventions du surnaturel, le souvenir de cette première rencontre avec Padre Pio se soit estompé, dans son esprit, d’autant plus que, de 1950 à 1961, s’écoulent bien onze années. La même considération, ensuite, pourrait valoir aussi pour les rencontres de 1963, deux autres années s’étant encore écoulées. En tout cas, il faut remarquer le fil conducteur qui relie la première rencontre aux suivantes, à reconnaître dans l’unique message : tu as été choisie, par le Seigneur, victime, comme moi ; tu auras, comme moi, les stigmates, comme signe de l’amour de Dieu, de sa prédilection, te rendant participante de la Passion du Fils Jésus, dans l’union étroite avec le Christ souffrant, afin que tu puisses éprouver, en toi, toutes les douleurs atroces dérivant de la flagellation, du couronnement d’épines, des coups, des crachats, des soufflets, des ignominies, des humiliations, de la crucifixion, du fait d’avoir le Cœur transpercé par la lance, de la mort en croix. Le but ? Le salut des âmes. À ce but, Teresa est entraînée, dès son enfance, à travers les très nombreuses interventions surnaturelles, de la part de Jésus, son Époux bien-aimé, de la Madone, sa Maman céleste, des Anges, des Saints, comme Padre Pio, pour être prête à embrasser, de toute sa volonté, le don de la croix du Christ, par amour des frères, pour sauver les âmes, même celles des pécheurs les plus endurcis, mais, spécialement, les âmes des prêtres. Jésus lui dira, le 22 novembre 1973 : « C’est pour cela que je t’aime, Teresa, parce que tu as compris la valeur des âmes… » (Cf. Journal, p. 2269). Teresa a compris qu’il n’y a rien de plus précieux au monde que le salut de l’âme et des âmes, raison pour laquelle il vaut la peine de s’offrir soi-même au Seigneur, comme holocauste agréable, en sacrifiant sa propre vie. Les paroles de Jésus adressées à Teresa reprennent celles de l’Évangile : « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, si, ensuite, il perd son âme ? Et que pourrait jamais donner un homme en échange de sa propre âme ? » (Cf. Mc 8, 36-37). Tel est le but de toute notre existence. C’est pour cela, pour nous les hommes et pour notre salut, que le Seigneur est descendu du ciel, s’est incarné, a souffert, a été crucifié, est mort, mais le troisième jour est ressuscité (Cf. Credo). Le Christ ressuscité est notre espérance de résurrection : « Je suis la résurrection et la vie… » (Jn 11, 25). Dans ce but, le Seigneur se sert d’âmes choisies, comme Teresa, comme Padre Pio, pour se faire aider à sauver les âmes, à travers le partage de sa croix, à travers la souffrance, qui rachète. Les interventions de Padre Pio de Pietrelcina, à l’égard de Teresa, dès l’âge tendre, par la volonté du Seigneur, ont donc eu un unique but : préparer Teresa à correspondre, de façon parfaite, à sa vocation de victime, pour le salut des âmes, en montant le Calvaire, pour être crucifiée avec son Époux sur la même croix, en versant, comme Lui, jusqu’à la dernière goutte, son sang. Tant et si bien que, vers la fin de ses jours, Teresa pouvait dire : « Je ne sais faire que cela : m’agenouiller et prier, en renouvelant, avec joie, ma consécration et en acceptant, toujours davantage, Ta croix, que Tu veux poser sur mes épaules… Ô Jésus, je ne désire rien d’autre, ici-bas, que Ton Amour ! … » (Cf. p. 2269).