XX — « Tu ne me demandes jamais de voir mes mains… »

Le 31 août 1964, Teresa, en réfléchissant à cette réalité que la souffrance est, pour elle, une jouissance continuelle, demeure néanmoins peinée de ne pouvoir recevoir Jésus ; mais, « à 12 h 30 », écrit-elle, « voici que le très beau moine m’a apporté Jésus, m’a aidée dans les petites prières et, ensuite, en me regardant, a dit : — Tu ne me demandes jamais de voir mes mains. — Je lui ai répondu : — Mon Père, qui sait combien elles vous font mal, et moi je ne veux pas vous en ajouter d’autre (de douleur). — Alors, sans hésiter, les larmes aux yeux, il a arraché ses gants marron, puis les blancs : à la fin, le sang gouttait. J’ai pris sa main et, l’ayant portée à mes lèvres, je l’ai baisée à plusieurs reprises. Il m’a bénie en disant : — Je te donne le Cœur de Marie Immaculée et son Jésus Crucifié, qui est avec toi et en toi. Je suis le P. Pio et c’est par ordre de Jésus que je suis ici. — J’étais sur le point de demander : — Comment ? ! mais il a disparu, devant moi. Pensant que c’était un rêve ou une plaisanterie du démon, je suis restée bouleversée, mais l’hostie reçue a été pure réalité » (Cf. Journal, p. 1749).

Vouloir montrer les stigmates de ses mains à Teresa pourrait sembler, à première vue, une sorte d’exhibitionnisme de la part du P. Pio, mais l’on comprend que, tant par sa présence prodigieuse, en ce lieu, que par le fait que le saint frère lui-même dit se trouver là par volonté de Jésus, le fait même de montrer les stigmates sanguinolents, non sans souffrance, acceptée avec empressement et amour (« sans hésiter et les larmes aux yeux, il arrache ses gants…, faisant saigner ses plaies »), fait partie du projet magnifique de Dieu sur Teresa, qui devait, de la sorte, faire l’expérience « de visu » du don précieux des signes de la glorieuse Passion et crucifixion du Christ, accordé au P. Pio en tant que victime expiatrice, et qui, peu après, serait prodigué aussi à la victime Teresa, comme manifestation d’amour et de prédilection du Seigneur Jésus, son Époux céleste.