IX — « Ce n’était pas un rêve… »
Après ces faits, Teresa, accablée par la douleur physique et aussi morale de ne pouvoir recevoir Jésus, rencontre, une fois encore, le P. Pio, qu’elle qualifie simplement de « moine ».
Voici ce qu’écrit Teresa le 15 septembre 1963 : « Vers 12 h 30, un moine est arrivé, avec la barbe blanche, grand et normalement robuste. S’étant approché du lit, il a dit : — Je t’ai apporté Jésus, veux-tu ? — Je lui ai répondu : — Mais…, il y a mon père…, s’il te voit… — Lui, avec un sourire et un regard lumineux, a ajouté : — Il ne nous verra pas, sois tranquille. — Ainsi, j’ai reçu Jésus et, tandis que je faisais l’action de grâces, le moine a disparu. Étrange ! Car ce n’était pas un rêve : l’hostie, dans la bouche, je la sentais et je l’ai même regardée avec un petit miroir » (Cf. Journal, p. 1716). Telle fut donc la rencontre du P. Pio avec Teresa, pour laquelle le frère capucin de Pietrelcina, proclamé bienheureux par le Saint-Père, Jean-Paul II, le 2 mai 1999, n’était qu’un moine inconnu, qui lui inspirait même de l’appréhension, par crainte que son père pût s’apercevoir de sa présence. Néanmoins, Teresa est plus que contente d’avoir reçu Jésus, sa joie, sa force, sa consolation. Avec quelle abondance de détails Teresa décrit l’épisode : « Ce n’était pas un rêve…, je sentais l’hostie dans la bouche, que j’avais même vue avec un petit miroir. » Ce qui l’amenait à tenir le tout pour un rêve, c’était la disparition soudaine du « moine », qui était arrivé, à l’improviste, dans sa petite chambre, en plein jour (12 h 30) et alors que son père était présent dans la maison. Teresa ne va pas au-delà de la réalité des faits : ayant constaté la vérité de l’hostie dans la bouche, elle se convainc que le « moine » disparu à l’improviste est un véritable « moine », qui lui a apporté Jésus Eucharistie, et elle est contente de tout cela, même si, naturellement, demeure en elle la curiosité, le désir de pénétrer dans le mystère, d’y voir plus clair ; et l’occasion ne tarde pas à venir.