– Va leur demander de se diriger vers le champ des Galiléens.»
Marc s’éloigne de toute la vitesse de ses jeunes jambes.
«C’est donc que tous sont venus» se disent les apôtres.
638.18 - Plus loin, assise entre Marziam et Marie de Cléophas, se trouve la Mère du Seigneur. Elle se lève en le voyant venir, pour l’adorer de tous les battements de son cœur de Mère et de fidèle..«Viens, Mère, et toi aussi, Marie…» les invite Jésus en les voyant arrêtées, clouées sur place par sa majesté qui resplendit comme au matin de la Résurrection.
Comme il ne veut pas qu’elles en soient accablées, il demande affablement à Marie, femme d’Alphée:
«Tu es seule?
– Les autres… les autres ont pris de l’avance… Elles sont avec les bergers, avec Lazare et toute sa famille… Mais elles nous ont laissées ici, nous, parce que… Oh! Jésus! Jésus! Jésus!… Comment tiendrai‑je sans te voir, Jésus béni, mon Dieu, moi qui t’ai aimé avant même ta naissance, moi qui ai tant pleuré à cause de toi quand je ne savais pas où tu étais après le massacre… moi qui ai trouvé mon soleil dans ton sourire quand tu es revenu, et ai reçu tout bien de toi?… Que de bienfaits tu m’as accordés! Maintenant, je deviens vraiment pauvre, veuve, seule… Tant que tu étais là, j’avais tout… Je croyais avoir tout connu de la souffrance, ce soir‑là… Mais la douleur elle‑même, toute la douleur de ce jour, m’avait hébétée et… oui, elle était moins forte que maintenant… Du reste, tu devais ressusciter. Il me semblait ne pas le croire, mais je m’aperçois aujourd’hui que je le croyais, car je n’éprouvais pas ce que j’éprouve actuellement…»
Elle pleure et suffoque sous les sanglots.
«Ma bonne Marie, tu t’affliges vraiment comme un enfant qui croit que sa mère ne l’aime pas et l’a abandonné parce qu’elle est allée en ville lui acheter des cadeaux qui feront sa joie, un enfant qui ignore qu’elle sera bientôt de retour pour le couvrir de caresses et de présents. N’est‑ce pas ce que je fais avec toi? Est‑ce que je ne vais pas te préparer ta joie? Est‑ce que je ne pars pas pour revenir te dire: “Viens, ma bien‑aimée parente et disciple, toi la mère de mes disciples bien‑aimés”? Est‑ce que je ne te laisse pas mon amour? Je te fais le don de mon amour, Marie! Tu sais bien que je t’aime! Ne pleure pas ainsi, mais réjouis‑toi, car tu ne me verras plus méprisé, épuisé, poursuivi, et riche seulement de l’amour d’un petit nombre. Et avec mon amour, je te laisse ma Mère. Jean sera son fils, mais toi, sois pour elle une bonne sœur comme toujours. Tu vois? Elle ne pleure pas, ma Mère..Elle sait que, si la nostalgie de moi sera la lime qui lui rongera le cœur, l’attente sera brève par rapport à la grande joie d’une éternité d’union, et elle sait aussi que notre séparation ne sera pas absolue au point de lui faire s’écrier: “Je n’ai plus de Fils.” C’était le cri de douleur du jour de la douleur. Maintenant, dans son cœur, chante l’espérance: “Je sais que mon Fils monte vers le Père, mais il ne me privera pas de son amour spirituel.” C’est ce que tu crois toi, et tous…
638.19 - Voici les uns et les autres. Voici mes bergers.»
Apparaissent le visage de Lazare et de ses sœurs au milieu de tous les serviteurs de Béthanie Aser, Tobie et Jonas , le visage de Jeanne semblable à une rose sous un voile de pluie, ceux d’Élise et de Nikê, déjà marqués par l’âge — c’est maintenant la peine qui creuse leurs rides, car c’est toujours une peine pour la créature, même si l’âme jubile à la vue du triomphe du Seigneur — et celui d’Anastasica, et encore les visages de lys des premières vierges Myriam, la fille de Jaïre, Marianne la fille de Philippe et sa sœur et Sara la parente d'Annalia , l’ascétique visage d’Isaac et celui, inspiré, de Matthias, le visage viril de Manahen et ceux, austères, de Joseph et de Nicodème… Visages, visages, visages…
Jésus appelle auprès de lui les bergers, Lazare, Joseph, Nicodème, Manahen, Maximin, tous ceux qui font partie des soixante-douze disciples. Mais il garde surtout près de lui les bergers pour leur signifier:
«Venez ici, vous qui vous êtes approchés du Seigneur descendu du Ciel, qui vous êtes penchés sur son anéantissement, venez tout près du Seigneur qui retourne au Ciel, avec vos âmes heureuses de sa glorification. Vous avez mérité cette place car vous avez su croire malgré les circonstances défavorables et vous avez su souffrir pour votre foi. Je vous remercie tous de votre amour fidèle.
Je vous remercie tous. Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, qui avez tant fait preuve de pitié pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger. Toi, Manahen, qui as su mépriser les faveurs sordides d’un être immonde pour marcher sur mon chemin. Toi, Étienne, fleur couronnée de justice qui as quitté l’imparfait pour le parfait et qui seras couronné d’un diadème que tu ne connais pas encore, mais que les anges t’annonceront. Toi, Jean, qui es pour un bref moment mon frère au sein très pur Frère au sein très pur, comme cela est raconté en 365.8. et qui es venu à la Lumière plus qu’à la vue. Toi, Nicolaï le prosélyte, qui as su me consoler de la douleur des fils de cette nation. Et vous, mes disciples bonnes et plus courageuses, dans votre douceur, que Judith..
638.20 - Quant à toi, Marziam, mon enfant, tu porteras désormais le nom de Martial Le nom de Martial, comme annoncé en EMV 198.8, en souvenir du petit Romain rencontré en EMV 508.4/7 | EMV 509.3.7/9 | EMV 538.1 | EMV 550.8 | EMV 623.3. , en souvenir du petit Romain tué sur le chemin et déposé à la grille de Lazare avec un écriteau de défi: “Demande maintenant au Galiléen de te ressusciter, s’il est le Christ et s’il est vraiment ressuscité.” Ce petit garçon était le dernier des innocents de Palestine qui ont perdu la vie pour me servir - bien qu’inconsciemment -, les prémices des innocents de toute nation qui, venus au Christ, seront pour cela haïs et tués prématurément, comme des boutons de fleurs arrachés à leur tige avant d’éclore. Et ce nom, Martial, t’indique ton destin futur: sois apôtre en des terres barbares et conquiers‑les à ton Seigneur comme mon amour a conquis le jeune Romain pour le Ciel.
638.21 - Je vous bénis tous au moment de cet adieu, et je demande au Père de vous accorder la récompense de ceux qui ont consolé le douloureux chemin du Fils de l’homme.
Bénie soit la partie choisie de l’humanité qui existe chez les juifs comme chez les païens, et qui s’est montrée dans l’amour qu’elle a eu pour moi.
Bénie soit la terre avec ses plantes et ses fleurs, ses fruits qui tant de fois m’ont fait plaisir et m’ont restauré. Bénie soit‑elle avec ses eaux et ses tiédeurs, ses oiseaux et ses animaux qui bien des fois ont surpassé les êtres humains pour réconforter le Fils de l’homme. Béni sois‑tu, soleil et toi, mer, et vous, montagnes, collines et plaines. Bénies soyez‑vous, étoiles qui avez été pour moi des compagnes dans la prière nocturne et dans la douleur. Et toi aussi, lune qui m’as éclairé pour me diriger dans mon pèlerinage d’évangélisateur.
Soyez bénies, toutes les créatures, qui êtes l’œuvre de mon Père, mes compagnes en cette heure mortelle, les amies de celui qui avait quitté le Ciel pour enlever à l’humanité affligée les tribulations dues à la Faute qui coupe de Dieu.
Et bénis soyez‑vous, instruments innocents de ma torture: épines, métaux, bois, cordages tordus, parce que vous m’avez aidé à accomplir la volonté de mon Père À rapprocher du Cantique du Soleil ou le Cantique des créatures de saint François d'Assise. !»
Quelle voix de tonnerre a Jésus! Elle se répand dans l’air chaud et paisible comme le son d’un bronze qu’on a frappé, elle se propage en ondes sur la mer des visages qui le regardent de tous côtés..
638.22 - Ils sont des centaines à entourer Jésus qui monte, avec les plus aimés, vers le sommet de l’Oliveraie. Arrivé près du champ des Galiléens — où il n’y a plus de tentes à cette époque entre les deux fêtes La fête de Pessah (Pâque) et celle de Shavouot (Pentecôte). —, Jésus ordonne aux disciples:
«Faites arrêter les gens là où ils se trouvent, puis suivez‑moi.» Il gravit encore le sommet le plus haut de la montagne, celle qui est déjà plus proche de Béthanie — qu’elle domine — que de Jérusalem. Sa Mère, les apôtres, Lazare, les bergers et Martial se pressent autour de lui. Plus loin, les autres disciples forment un demi‑cercle pour tenir en arrière la foule des fidèles.
638.23 - Jésus est debout sur une large pierre qui dépasse un peu, toute blanche au milieu de l’herbe verte d’une clairière. Il est inondé de soleil, ce qui rend son vêtement blanc comme neige et fait briller comme de l’or ses cheveux. Ses yeux brillent d’une lumière divine.
Il ouvre les bras en un geste d’étreinte. Il paraît vouloir serrer sur son sein toutes les multitudes de la terre que son esprit voit représentées dans cette foule.
Son inoubliable, son inimitable voix donne son dernier ordre: «Allez en mon nom évangéliser jusqu’aux extrémités de la Terre. Que Dieu soit avec vous, que son amour vous réconforte, que sa lumière vous guide, que sa paix demeure en vous jusqu’à la vie éternelle.»
Il se transfigure en beauté. Qu’il est beau! Beau comme sur le Thabor, davantage encore. Tous tombent à genoux pour l’adorer. Tandis que déjà il se soulève de la pierre sur laquelle il est posé, il cherche encore une fois le visage de sa Mère, et son sourire atteint une puissance que personne ne pourra jamais rendre… C’est son dernier adieu à sa Mère.
Il s’élève, s’élève… Le soleil, encore plus libre de l’embrasser, maintenant que nul feuillage, même léger, ne vient intercepter ses rayons, frappe de son éclat le Dieu‑Homme qui monte avec son corps très saint au Ciel, et dévoile ses plaies glorieuses qui resplendissent comme de vifs rubis.
Le reste est un sourire de lumière nacrée. C’est vraiment la Lumière qui se manifeste pour ce qu’elle est, en ce dernier instant comme dans la nuit de la Nativité. La Création étincelle de la lumière du Christ qui s’élève. Lumière qui dépasse celle du soleil… Lumière surnaturelle et bienheureuse… Lumière qui descend du Ciel à la rencontre de la Lumière qui monte….Et Jésus Christ, le Verbe de Dieu, disparaît de la vue des hommes dans un océan de splendeurs…
Sur terre, deux bruits seulement rompent le silence profond de la foule en extase: le cri de Marie quand il disparaît: “Jésus!” et la plainte d’Isaac.
Un étonnement religieux a rendu les autres muets, et ils restent là, jusqu’à ce que deux lumières angéliques d’une extraordinaire pureté apparaissent sous une forme humaine, pour dire les paroles Les paroles, transcrites par Maria Valtorta sur une copie dactylographiée, sont : Hommes de Galilée, pourquoi restez‑vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé et est monté au Ciel à sa demeure éternelle, en reviendra au moment fixé, de la même manière que vous l'avez vu s'en aller. (Actes 1,11). rapportées dans le premier chapitre des Actes des Apôtres. Fiche mise à jour le 29/05/2025