638.12 - Et je veux encore ceci: ce sera Jacques, mon frère, qui présidera l’assemblée de Jérusalem.

Pierre, comme chef de toute l’Église, devra souvent entreprendre des voyages apostoliques, parce que tous les néophytes désireront connaître le Pontife, chef suprême de l’Église. Mais l’ascendant de mon frère sur les fidèles de cette première Église sera grand. Les hommes sont toujours des hommes, et ils voient en hommes. Il leur semblera que Jacques prend ma suite, uniquement parce qu’il est mon frère. En vérité, je vous dis qu’il est plus grand et semblable au Christ par sa sagesse que par sa parenté. Mais c’est ainsi. Les hommes, qui ne me cherchaient pas pendant que j’étais parmi eux, me chercheront maintenant en mon parent. D’ailleurs, Simon‑Pierre, tu es destiné à d’autres honneurs….

– Que je ne mérite pas, Seigneur. Je te l’ai dit quand tu m’es apparu et je te le répète en présence de tous. Tu es non seulement sage, mais aussi bon, divinement bon, et c’est avec justice que tu as jugé que moi, qui t’ai renié dans cette ville, je n’étais pas fait pour en être le chef spirituel. Tu veux m’épargner des mépris bien fondés…»

Mais, de sa place, Jacques s’incline pour rendre hommage à Pierre:

«Nous avons tous été pareils, Simon, sauf deux. Moi aussi, j’ai fui. Ce n’est pas à cause de cela, mais à cause des raisons qu’il a données, que le Seigneur m’a destiné à cette place; mais tu es mon chef, Simon, fils de Jonas. Je te reconnais comme tel, et en présence du Seigneur et de tous les compagnons, je te promets obéissance. Je ferai de mon mieux pour t’aider dans ton ministère, mais, je t’en prie, donne‑moi tes ordres, car tu es le Chef et moi ton subordonné. Quand le Seigneur m’a rappelé une lointaine conversation Une lointaine conversation, en EMV 258. , j’ai incliné la tête pour signifier: “Qu’il soit fait selon ta volonté.” C’est ce que je te dirai à partir du moment où, le Seigneur nous ayant quittés, tu seras son représentant sur la terre. Et nous nous aimerons en nous aidant dans le ministère sacerdotal. – Oui, aimez‑vous et aidez‑vous mutuellement, parce que c’est mon commandement nouveau et le signe que vous appartenez vraiment au Christ.

638.13 - Que rien ne vous trouble. Dieu est avec vous. Vous pouvez faire ce que je veux de vous. Je ne vous imposerais rien que vous ne puissiez accomplir, car je ne veux pas votre perte, mais votre gloire.

Je vais préparer votre place à côté de mon trône. Soyez unis à moi et au Père dans l’amour. Pardonnez au monde qui vous hait. Appelez fils et frères ceux qui viennent à vous, ou sont déjà avec vous par amour pour moi. Soyez dans la paix, avec la certitude que je suis toujours prêt à vous aider à porter votre croix. Je serai avec vous dans les fatigues de votre ministère et à l’heure des persécutions; vous ne périrez pas, vous ne succomberez pas, même si ceux qui voient avec les yeux du monde en auront l’impression. Vous serez accablés, affligés, lassés, torturés, mais ma joie sera en vous, car je vous aiderai en tout. En vérité, je vous dis que, lorsque vous aurez pour Ami l’Amour, vous comprendrez que tout ce que l’on subit et vit par amour pour moi devient léger, même la lourde torture du monde.

Car pour celui qui revêt d’amour chaque acte volontaire ou imposé, le joug de la vie et du monde se change en un joug proposé par Dieu, par moi. Et, je vous le répète, la charge que je vous impose est toujours proportionnée à vos forces, et mon joug est léger, car je vous aide à le porter.

638.14 - Vous le savez, le monde ne sait pas aimer. Mais vous, dorénavant, aimez le monde d’un amour surnaturel pour le lui apprendre. Et s’ils vous disent en vous voyant persécutés: “Est‑ce ainsi que Dieu vous aime? En vous faisant souffrir, en étant la cause de votre douleur? Ce n’est pas la peine d’appartenir à Dieu!”, répondez: “La douleur ne vient pas de Dieu, mais Dieu la permet. Nous en savons la raison et nous nous glorifions d’avoir la part qu’a eue le Sauveur Jésus, Fils de Dieu.” Répondez: “Nous nous glorifions d’être crucifiés et de continuer la Passion de notre Jésus.” Répondez par ces paroles tirées du livre de la Sagesse Elles se trouvent en Sagesse 2,23‑24 et en Sagesse 1,13‑14. : “C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde” et “Dieu n’a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la souffrance des vivants. Tout ce qu’il a créé est vie et salut.” Répondez: “À présent nous semblons persécutés et vaincus, mais au jour de Dieu, les sorts sont inversés: nous les justes, qui étions persécutés sur la terre, nous serons glorieux devant ceux qui nous ont tourmentés et méprisés.”

Mais ajoutez à cela: “Venez à nous! Venez à la vie et à la paix Voir Matthieu 11,28. . Notre Seigneur ne veut pas votre perte, mais votre salut. Il a donné son Fils bien‑aimé afin que vous soyez tous sauvés.”

638.15 - Réjouissez‑vous donc de participer à mes souffrances pour pouvoir être ensuite avec moi dans la gloire. “Je serai […] ta très grande récompense”, a promis le Seigneur à Abraham A promis, en Genèse 15,1. , et en lui à tous ses fidèles serviteurs. Vous savez comment conquérir le Royaume des Cieux: par la force, et en passant par de nombreuses tribulations. Mais celui qui persévère, comme moi j’ai persévéré, sera là où je suis.

Je vous ai dit quels sont le chemin et la porte qui conduisent au Royaume des Cieux. Je suis le premier à avoir emprunté ce chemin et je suis retourné au Père par cette porte. S’il y avait une autre voie, je vous l’aurais indiquée, car j’ai pitié de votre faiblesse d’hommes.

Mais il n’y en a pas d’autre… En vous l’indiquant comme unique chemin et unique porte, je vous répète quel est le remède qui donne la force nécessaire pour y passer: c’est l’amour, toujours l’amour. Tout devient possible quand nous avons l’amour en nous. Et tout l’amour vous sera donné par l’Amour qui vous aime, si vous demandez en mon nom assez d’amour pour devenir des athlètes de sainteté.

638.16 - Maintenant, donnons‑nous le baiser d’adieu, mes amis bien‑aimés.»

Il se lève pour les embrasser. Tous l’imitent. Mais alors que Jésus a un sourire paisible, d’une beauté vraiment divine, eux pleurent. Ils sont tous troublés. Jean, secoué par des sanglots qui lui rompent la poitrine tant ils sont déchirants, s’abandonne sur la poitrine de Jésus. Voyant le désir de tous, il demande en leur nom:

«Donne‑nous au moins ton Pain pour qu’il nous fortifie à cette heure!

– Qu’il en soit ainsi!» lui répond Jésus.

Prenant un pain, il le partage en morceaux après l’avoir offert et bénit, en disant les paroles rituelles. Il fait la même chose avec le vin, en répétant ensuite: “Faites ceci en mémoire de moi”, mais il ajoute: “qui vous ai laissé ce gage de mon amour pour être encore et toujours avec vous, jusqu’à ce que vous soyez avec moi au Ciel.”

Il les bénit et dit:

«Maintenant, partons.»

638.17 - Ils sortent de la pièce, de la maison… Jonas, Marie son épouse, et Marc, leur fils, sont là dehors, et ils s’agenouillent pour adorer Jésus.

«Que la paix reste avec vous, et que le Seigneur vous récompense pour tout ce que vous m’avez donné» dit Jésus en guise de bénédiction.

Marc se lève pour l’avertir:

«Seigneur, les oliviers, le long du chemin de Béthanie, sont remplis de disciples qui t’attendent.