636.9 - Et avec le même rituel que la Cène pascale, celle-ci se déroule: les hymnes, les demandes, les libations. Je ne sais pas si aux autres tables c’est la même chose. C’est là où est Jésus que je regarde fixement, à moins que sa volonté ne m’oblige à regarder autre chose, et j’oublie tout pour contempler mon Seigneur qui offre maintenant les meilleures bouchées de son agneau — Lui l’a pris sur le plat, mais il n’en mange pas et de même ne prend pas de laitue ni de sauce et ne boit pas au Calice — qui offre maintenant les bouchées les meilleures à Marziam qui est tout à fait heureux.

Jésus au début a fait un signe à Pierre pour qu’il se penche et l’écoute, et Pierre, après l’avoir écouté, a dit à haute voix: “À ce moment le Seigneur offrit pour nous tous le calice en qualité de Père et de Chef de sa Famille.”

Maintenant il fait un nouveau signe à Pierre, qui de nouveau l’écoute et se relève pour dire: “Et à ce point le Seigneur se ceignit pour nous purifier et nous enseigner comment faire nous-mêmes pour consommer dignement le Sacrifice Eucharistique.”

La cène continue jusqu’à un autre signe Pierre dit encore: “À ce moment le Seigneur prit le pain et le vin les offrit, et les bénit en priant, et après en avoir fait les parts nous les distribua en disant: “Ceci est mon Corps et ceci est mon Sang du nouveau Testament éternel, qui pour vous et pour beaucoup sera répandu en rémission des péchés”.

636.10 - Jésus se met debout. Il est très majestueux. Il ordonne à Pierre et à Jacques de prendre un pain, d’en faire des bouchées et d’emplir de vin un calice, le plus grand qu’il y ait sur les tables. Ils obéissent et tiennent devant Lui le pain et le vin, et Jésus étend sur eux ses mains en priant sans autre action que le ravissement de son regard…

“Distribuez les morceaux de pain et présentez le calice fraternel. Toutes les fois que vous le ferez, vous le ferez en mémoire de Moi.”

Les deux apôtres obéissent, pleins de vénération…

Pendant que l’on distribue les Espèces, Jésus descend chez les femmes. Je pense, mais je ne vois pas car je n’entre pas où elles sont, que Jésus communie sa Mère de ses propres mains. C’est mon idée. Je ne sais pas si elle correspond à la vérité, mais je ne comprendrais pas pourquoi il s’en est allé là sinon pour faire cela.

636.11 - Puis il revient sur la terrasse. Il ne s’assoit plus. La cène arrive à sa fin.

Il dit: “Tout est consommé?”

“Tout est consommé, Seigneur.”

“C’est ce que j’ai fait sur la Croix. Levez-vous. Prions.”

Il étend les bras comme s’il était sur la croix et entonne la prière du Notre Père.

Je ne sais pas pourquoi je pleure. Je pense que c’est peut-être la dernière fois que je le Lui entends dire… Comme aucun peintre ou sculpteur ne pourra jamais nous donner le véritable portrait de Jésus, ainsi personne, si saint qu’il soit, ne pourra dire à la fois si virilement et si doucement le Pater Noster. J’en aurai toujours une grande nostalgie de ces Pater qui venaient de Jésus, véritable colloque d’âme avec le Père tout aimé et tout adoré des Cieux, cri d’honneur, d’obéissance, de foi, de soumission, d’humilité, de miséricorde, de désir, de confiance… tout!

“Allez! Que la Grâce du Seigneur soit en vous tous et que sa paix vous accompagne” dit Jésus en prenant congé. Et il s’en va dans un éclat de lumière qui dépasse de beaucoup la clarté de la lune maintenant pleine et haute sur le Jardin silencieux, et celle des lampes mises sur les tables.

Pas un mot. Des larmes sur les visages, l’adoration dans les cœurs… et rien d’autre…

La nuit veille et connaît, avec les anges, les palpitations de ces bénis.