III. Aux enfants de Yutta et à leur mère Sarah.

632.9 - Le verger de la maison de Sarah. Les enfants qui jouent sous les arbres feuillus. Le plus petit se roule dans l’herbe près d’une rangée serrée de pampres, les autres plus grands qui se poursuivent avec des cris d’hirondelles joyeuses, jouant à cache-cache derrière les haies et les vignes.

Voilà que Jésus apparaît près du petit auquel il a donné son nom En EMV 76.9/10. . Oh! sainte simplicité des innocents! Yésaï (Jésaï) ne s’étonne pas de le voir là à l’improviste, mais il Lui tend ses petits bras pour que Jésus le prenne dans les siens, et Jésus le prend: cela se passe avec le plus grand naturel.

Les autres surviennent en courant — encore une fois, bienheureuse simplicité des enfants! — et sans stupeur, heureux, s’approchent de Lui. Il semble qu’il n’y a rien de changé pour eux. Peut-être ils ne savent pas. Mais après la caresse de Jésus à chacun, Marie, la plus grande et la plus sensée, dit:

“Alors tu ne souffres plus, Seigneur, maintenant que tu es ressuscité? J’ai eu tant de peine!…”

“Je ne souffre plus. Je suis venu pour vous bénir avant de monter vers mon Père et le vôtre, au Ciel. Mais de là aussi je vous bénirai toujours, si vous êtes toujours bons. Vous direz à ceux qui m’aiment que j’ai laissé à vous ma bénédiction aujourd’hui. Rappelez-vous ce jour.”

632.10 - “Tu ne viens pas à la maison? Il y a maman. Ils ne nous croiront pas” dit encore Marie.

Mais son frère ne demande pas. Il crie:

“Maman, Maman! Le Seigneur est ici!…” et en courant à la maison, il répète ce cri.

Sarah accourt, se montre.., à temps pour voir Jésus, très beau à la limite du verger, disparaître dans la lumière qui l’absorbe…

“Le Seigneur! Mais pourquoi ne pas m’appeler avant?… dit Sarah dès qu’elle peut parler. Mais quand? D’où est-il venu? Était-il seul? Sots que vous êtes!”

“Nous l’avons trouvé ici. Une minute avant il n’y était pas… Il n’est pas venu de la route, ni non plus du jardin. Il avait Yésaï dans les bras… Et il nous a dit qu’il était venu pour nous bénir et nous donner la bénédiction pour ceux qui l’aiment à Yutta et de nous rappeler ce jour. Et maintenant il va au Ciel, mais il nous aimera si nous sommes bons. Comme Il était beau! Il avait les mains blessées, mais elles ne Lui font plus mal. Ses pieds aussi étaient blessés. Je les ai vus dans l’herbe. Cette fleur-là touchait exactement la blessure d’un de ses pieds. Moi, je la cueille…”

Ils parlent tous ensemble, échauffés par l’émotion. Ils transpirent même dans leur surexcitation.

Sarah les caresse en murmurant:

“Dieu est grand! Allons. Venez. Allons le dire à tout le monde. Parlez, vous, innocents. Vous pouvez parler de Dieu.”

IV. Au jeune Jaias, à Pella.

632.11 - Le jeune homme travaille avec ardeur autour d’une charrette. Il est entrain de la charger de légumes cueillis dans un jardin voisin. L’âne frappe de son sabot le sol dur du chemin de campagne.

En se tournant pour prendre un panier de laitues il voit Jésus qui lui sourit. Il laisse tomber à terre le panier et s’agenouille en se frottant les yeux, ne croyant pas à ce qu’il voit, et il murmure:

“Très-Haut, ne m’induis pas en illusion! Ne permets pas, Seigneur, que je sois trompé par Satan par de faux aspects séduisants. Il est bien mort mon Seigneur! Et il a été enseveli et ils disent maintenant que le cadavre a été enlevé. Pitié, Seigneur Très-Haut! Montre-moi la vérité.”

“Je suis la Vérité, Jaias. Je suis la Lumière du monde. Regarde-moi. Vois-moi. C’est pour cela que je t’ai rendu la vue En EMV 358.10. : pour que tu puisses témoigner de ma puissance et de ma Résurrection.”

“Oh! C’est vraiment le Seigneur! C’est Toi! Oui, c’est Toi Jésus!”

Il se traîne sur les genoux pour Lui baiser les pieds.

“Tu diras que tu m’as vu et parlé et que je suis bien vivant. Tu diras que tu m’as vu aujourd’hui. À toi la paix et ma bénédiction.”

Jaias reste seul, heureux. Il oublie la charrette et les légumes. C’est inutilement que l’âne agité frappe le chemin et brait pour protester à cause de l’attente… Jaias est en extase.

632.12 - Une femme sort de la maison près du jardin et elle le voit là, pâle d’émotion, le visage absent. Elle crie: