“D’où, je ne sais pas. Je sais que je sens que c’est Lui.”

“Fou!” Ils lui tournent le dos, fâchés.

Jésus a observé le dialogue et quand les pharisiens passent devant Lui en groupe serré pour s’en aller fâchés, il les appelle pour leur dire:

“Écoutez-moi. Je veux vous demander quelque chose. D’après vous, que vous semble-t-il du Christ? De qui est-il le fils?”

“Ce sera le fils de David” répondent-ils, en marquant le “sera”, car ils veulent Lui faire comprendre que Lui pour eux n’est pas le Christ.

“Et comment donc David, inspiré par Dieu, l’appelle-t-il: Seigneur, en disant: “Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que j’ai fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds”? Psaume 109 (hébreu 110),1. Si donc David appelle le Christ: Seigneur, comment le Christ peut-il être son fils?”

Ne sachant que répondre ils s’éloignent en remâchant leur poison.

596.4 – Jésus se déplace du lieu où il était, tout envahi par le soleil, pour aller plus loin où se trouvent les bouches du Trésor, près de la salle du Gazophylacium. Ce côté, encore à l’ombre, est occupé par des rabbis qui pérorent avec de grands gestes adressés à leurs auditeurs hébreux dont le nombre augmente de plus en plus comme, à mesure que les heures passent, ne cesse d’augmenter l’affluence des gens vers le Temple.

Les rabbis s’efforcent de démolir par leurs discours les enseignements que le Christ a donnés les jours précédents ou le matin même. Et toujours plus ils élèvent la voix, plus ils voient augmenter la foule des fidèles. En effet le lieu, bien que très vaste, fourmille de gens qui vont et viennent en tous sens…

596.5 – Jésus me dit:

“Insère ici la vision de l’obole de la veuve (19 Juin 44) corrigée Corrigée : Comme en EMV 174.10, nous avons préféré la rapporter fidèlement et intégralement, sans tenir compte des corrections de Maria Valtorta sur la copie dactylographiée. Elles consistent essentiellement en la suppression des passages initiaux, qui revêtent un caractère personnel, avec quelques descriptions redondantes. comme je te l’indiquerai.”

Ensuite, la vision continue.

Lundi 19 Juin 1944.

596.6 – C’est seulement aujourd’hui, et avec insistance, que je vois apparaître la vision suivante.

Au début, je ne vois que des cours et des portiques que je reconnais appartenir au Temple et Jésus, qui semble un empereur tant il est solennel dans son vêtement rouge vif et son manteau rouge aussi, mais plus foncé, appuyé à une énorme colonne carrée qui soutient un arc du portique.

Il me regarde fixement. Je me perds à le regarder jouissant de Lui que depuis deux jours je ne voyais ni n’entendais. La vision se prolonge ainsi longtemps, et tant qu’elle dure ainsi, je n’écris pas, car c’est ma joie. Mais maintenant que je vois la scène s’animer, je comprends qu’il y a autre chose et j’écris.

L’endroit se remplit de gens qui vont et qui viennent dans tous les sens. Il y a des prêtres et des fidèles, des hommes, des femmes et des enfants. Les uns passent, d’autres s’arrêtent, écoutent les docteurs, d’autres qui mènent des agneaux ou portent des colombes se dirigent vers d’autres endroits, peut-être pour les sacrifier.

Jésus reste appuyé à sa colonne, il regarde et ne parle pas. Par deux fois même il a été interrogé par les apôtres et il a fait signe que non, mais il n’a pas parlé. Il observe avec beaucoup d’attention et, d’après son expression, il semble juger ceux qu’il regarde. Son regard et tout son visage me rappelle l’aspect que je lui ai vu dans la vision du Paradis Voir la vision du 25 mai 1944 dans Les Cahiers. , quand il jugeait les âmes dans le jugement particulier. Maintenant, naturellement, c’est Jésus, Homme; là-haut, c’était Jésus Glorieux, et donc encore plus imposant. Mais les changements d’expression du visage, qui observe fixement, sont les mêmes. Il est sérieux, scrutateur, mais si parfois il est d’une sévérité à faire trembler le plus effronté, parfois aussi il est si doux, d’une tristesse souriante, que son regard paraît une caresse.

596.7 – Jésus semble ne rien entendre, mais il doit tout écouter. En effet, quand d’un groupe éloigné de quelques mètres, rassemblé autour d’un docteur, s’élève une voix nasillarde qui proclame: “Plus que tout autre commandement est valable celui-ci: que tout ce qui est pour le Temple aille au Temple. Le Temple est au-dessus du père et de la mère et si quelqu’un veut donner à la Gloire du Seigneur tout ce qu’il a, il peut le faire et en sera béni car il n’y a pas de sang ni d’affection supérieure au Temple” Jésus tourne lentement la tête dans cette direction et regarde d’un air… dont je ne voudrais pas qu’il s’adresse à moi.

Il paraît regarder l’ensemble. Mais quand un petit vieux tremblant s’apprête à gravir les cinq marches d’une espèce de terrasse qui est près de Jésus, et semble conduire à une autre cour plus intérieure, et pointe son bâton et tombe presque en s’empêtrant dans son vêtement, Jésus allonge son long bras, le saisit et le soutient et ne le laisse que quand il le voit en sûreté. Le petit vieux lève son visage ridé, regarde son grand sauveur et murmure une parole de bénédiction, et Jésus lui sourit et caresse sa tête à moitié chauve. Puis il revient contre sa colonne et s’en détache encore une fois pour relever un enfant qui glisse de la main de sa mère et tombe à plat ventre, et tombe justement à ses pieds, en pleurant, contre la première marche. Il le relève, le caresse, le console. La mère, confuse, remercie. Jésus lui sourit aussi et lui rend le petit.

Mais il ne sourit pas quand passe un pharisien bouffi d’orgueil, ni non plus quand passent en groupe des scribes et d’autres dont je ne sais pas qui ils sont. Ce groupe salue avec de grands gestes et des courbettes. Jésus les regarde si fixement qu’il semble les transpercer, et salue mais sans chaleur. Il est sévère. Un prêtre aussi passe et ce doit être un gros bonnet parce que la foule s’écarte et le salue, et lui passe fier comme un paon. Jésus lui donne un long regard, un regard tel que celui-ci, qui pourtant est plein d’orgueil, baisse la tête. Il ne salue pas, mais il ne résiste pas au regard de Jésus.

596.8 – Jésus cesse de le regarder pour observer une pauvre petite femme, vêtue de marron foncé, qui monte honteuse les marches et va vers un mur où se trouvent des têtes de lions ou autres animaux du même genre, la bouche ouverte. Beaucoup s’y rendent, mais Jésus paraissait ne pas s’en occuper. Maintenant, au contraire, il suit la démarche de la petite femme. Son œil la regarde avec pitié et devient d’une grande douceur quand il la voit allonger une main et jeter dans la bouche de pierre de l’un de ces lions quelque chose. Et quand la pauvrette, en se retirant, passe près de Lui, il lui dit le premier:

“Paix à toi, femme.”

Celle-ci, stupéfaite, lève la tête interdite.

“Paix à toi” répète Jésus. “Va, car le Très-Haut te bénit.”