“Tu vas, nous, nous restons. Mais tes paroles sont en nous et dorénavant nous ferons ce que veut le père. Pars tranquille. Tu nous a enlevés pour toujours de l’état où tu nous a trouvés. Maintenant, mis sur la bonne voie, nous saurons y progresser jusqu’à rejoindre la maison paternelle de manière à être bénis par le père”.

Au contraire certains donnèrent leur adhésion aux mauvais conseillers et ils péchèrent en tentant le fils aimé et en le ridiculisant comme sot parce qu’il était obstiné dans l’accomplissement de son devoir.

570.9 – Maintenant je vous demande:

“Pourquoi le même conseil a-t-il opéré de manières diverses?” … Vous ne répondez pas? Je vais vous le dire comme je l’ai dit à Silo Cf. EMV 569.3 au chapitre précédent. . Parce que les conseils acquièrent de la valeur ou deviennent nuls, selon qu’ils sont ou ne sont pas accueillis. C’est inutilement que quelqu’un est tenté par de mauvais conseils. S’il ne veut pas pécher, il ne péchera pas. Et il ne sera pas puni pour avoir dû entendre les insinuations des mauvais. Il ne sera pas puni car Dieu est juste et Il ne punit pas des fautes qui n’ont pas été faites. Il ne sera puni que si, après avoir dû écouter le Mal qui le tente, il le met en pratique sans user de son intelligence pour méditer la nature du conseil et son origine. Il n’aura pas d’excuse pour dire: “Je le croyais bon”. Est bon ce qui est agréable à Dieu. Est-ce que Dieu pourrait approuver ou avoir pour agréable une désobéissance ou une chose qui conduit à la désobéissance? Est-ce que Dieu peut bénir une chose qui s’oppose à sa Loi, c’est-à-dire à sa Parole? En vérité je vous dis que non. Et encore en vérité je vous dis qu’il faut savoir mourir plutôt que de transgresser la Loi divine.

À Sichem je parlerai encore pour vous rendre justes en ce qui est de savoir vouloir ou ne pas vouloir pratiquer un conseil qui vous est donné. Allez.”

570.10 – Les gens s’en vont en commentant.

“Tu as entendu? Lui sait ce qu’ils nous ont dit! Et il nous a rappelé à la justice de la volonté” dit un samaritain.

“Oui. Et tu as vu comment se sont troublés les juifs et les scribes qui étaient présents?”

“Oui. Ils n’ont pas même attendu la fin pour s’en aller.”

“Mauvaises vipères! Pourtant… Lui dit ce qu’il veut faire. Il a tort. Il pourrait se procurer des ennuis. Ceux de l’Ebal et du Garizim se sont bien exaltés …!”

“Moi… je ne me suis jamais fait d’illusions. Le Rabbi, c’est le Rabbi. Et c’est tout dire. Le Rabbi peut-il pécher en ne montant pas au Temple de Jérusalem?”

“Il trouvera la mort. Tu verras!… Et ce sera fini …!”

“Pour qui? Pour Lui? Pour nous? Ou… pour les juifs?”

“Pour Lui. S’il meurt!”

“Homme, tu es sot. Moi je suis d’Éphraïm. Je le connais bien. J’ai vécu près de Lui deux lunes entières, davantage encore. Il parlait toujours avec nous. Ce sera une douleur… mais ce ne sera pas une fin, ni pour Lui, ni pour nous. Il ne peut mourir, finir, le Saint des saints. Cela ne peut finir ainsi pour nous. Moi… je suis un ignorant, mais je sens que le royaume viendra quand les juifs le croiront fini… Et c’est eux qui seront finis…”

“Tu penses que les disciples vengeront le Maître? Une révolte? Un massacre? Et les romains …?”

“Oh! il n’est pas besoin de disciples, de vengeances humaines, de massacres. Ce sera le Très-Haut qui les vaincra. Il nous a bien punis, nous, pendant des siècles pour bien moins! Veux-tu qu’il ne les punisse pas eux, pour leur péché de tourmenter son Christ?”

“Les voir vaincus! Ah!”

“Ton cœur n’est pas comme le Maître le voudrait. Lui prie pour ses ennemis…”

“Moi… je le suis demain. Je veux entendre ce qu’il va dire à Sichem.”

“Moi, également.”

“Et moi aussi…”

Beaucoup de gens de Lébona ont la même pensée et, fraternisant avec ceux d’Éphraïm et de Silo, ils vont se préparer pour le départ du lendemain.