563 – De faux disciples à Sichem. L’esclave muet de Claudia Procula est guéri à Ephraïm. 78 562.1 : Un groupe de faux disciples de Jésus arrivent à Sichem, apparemment mandatés. 562.2 : Gardez-le sur le Garizim ou chassez-le. 562.3 : Les Sichémites les accueillent avec confiance. 562.4 : Pendant ce temps-là, Claudia arrive à Éphraïm. 562.5 : Elle va directement trouver Jésus sur son île. 562.6 : Pour prouver qu’il n’a pas perdu ses pouvoirs, Jésus guérit Callixte, l’esclave muet de Claudia. 562.7 : L’esclave, reçu en cadeau, est affranchi et envoyé avec l’argent, dans sa terre natale qu’il évangélisera. 562.8 : Claudia s’en retourne, pensive, au milieu de légionnaires ahuris

7 février 1947

Le vendredi 7 février 1947.

563.1 – La place principale de Sichem. En elle met une note printanière la frondaison nouvelle des arbres qui, en double rangée le long du carré que forment les murs des maisons, la contournent en formant une sorte de galerie. Le soleil joue avec les feuilles tendres des platanes en formant sur le terrain des broderies de lumières et d’ombres. Le bassin, au milieu de la place, est une plaque d’argent sous le soleil.

Des gens parlent çà et là en groupes et discutent de leurs affaires. Quelques-uns, apparemment des étrangers, car tout le monde se demande qui ils sont, entrent dans la place, observent, et accostent le premier groupe qu’ils trouvent. Ils saluent, on les salue, avec étonnement. Mais quand ils disent: “Nous sommes des disciples du Maître de Nazareth”, toute défiance tombe et il y a qui va prévenir les autres groupes, alors que ceux qui sont restés disent:

“Est-ce Lui qui vous envoie?”

“C’est Lui. Une mission très secrète. Le Rabbi est en grand danger. Personne ne l’aime plus en Israël et Lui, qui est si bon, dit que vous au moins Lui restiez fidèles.”

“Mais c’est ce que nous voulons! Que devons-nous faire? Que veut-il de nous?”

“Oh! Lui ne veut que l’amour, car il se fie, trop, à la protection de Dieu. Et avec ce que l’on dit de Lui en Israël! Mais vous ne savez pas qu’on l’accuse de satanisme et d’insurrection. Savez-vous ce que cela veut dire? Représailles des romains, sur tous. Nous, déjà si malheureux, encore plus frappés! Et condamnation de la part des saints de notre Temple. Certainement que les romains…

563.2 – Même pour votre bien, vous devriez vous agiter, le persuader de se défendre, le défendre et se mettre presque, quasiment, dans l’impossibilité qu’on le prenne et de lui nuire ainsi, sans en avoir la volonté. Persuadez-le de se retirer sur le Garizim. Là où il est, il est encore trop exposé, et il n’apaise pas la colère du Sanhédrin et les soupçons des romains. Le Garizim a bien le droit d’asile! Inutile de le dire à Lui. Si nous le disions, il nous dirait que nous sommes anathèmes, car nous Lui conseillerions la lâcheté. Mais il n’en est pas ainsi. C’est de l’amour. C’est de la prudence. Nous ne pouvons pas Lui parler. Mais vous! Il vous aime. Il a déjà préféré votre région aux autres. Organisez-vous donc pour l’accueillir, car au moins vous saurez avec précision s’il vous aime ou non. S’il devait refuser votre secours, ce serait signe qu’il ne vous aime pas et par conséquent il serait bien qu’il s’en aille ailleurs. C’est que, croyez-le, c’est avec douleur que nous le disons car nous l’aimons: sa présence est un danger pour qui Lui donne l’hospitalité. Mais, voilà, vous êtes meilleurs que tous et vous ne vous souciez pas des dangers. Pourtant il est juste que si vous risquez les représailles des romains, vous le fassiez par échange d’amour. Nous vous conseillons pour le bien de tous.”

“Vous parlez bien. Nous ferons ce que vous dites. Nous irons le trouver…”

“Oh! faites attention! Qu’il ne s’aperçoive pas que nous vous l’avons suggéré!”

“Ne craignez pas! Ne craignez pas! Nous saurons faire. Bien sûr! Nous ferons voir que les samaritains, que l’on méprise, valent cent, mille juifs et galiléens pour défendre le Christ.

563.3 – Venez. Entrez dans nos maisons, vous, les envoyés du Seigneur. Ce sera comme si Lui entrait! Il y a si longtemps que la Samarie attend d’être aimée par les serviteurs de Dieu!”

Ils s’éloignent, en encadrant comme en triomphe, ces gens pour lesquels je ne crois pas me tromper en les appelant émissaires du Sanhédrin et ils disent:

“Nous voyons qu’il nous aime, car c’est en quelques jours le second groupe de disciples qu’il nous envoie, et nous avons bien fait de traiter les premiers avec amour. C’est bien d’être aussi bons avec Lui à cause des petits enfants de cette femme morte qui était des nôtres! Lui nous connaît désormais…”

Et ils s’éloignent, heureux.

563.4 – Éphraïm toute entière s’est déversée dans les rues pour voir le fait insolite d’un défilé de chars romains qui la traversent. Il y a des chars nombreux et des litières couvertes, escortées par des esclaves, précédées et suivies par des légionnaires. Les gens se font des signes entendus et chuchotent. Le défilé, arrivé à la route qui bifurque pour Béthel et Rama, se sépare en deux parties, Restent arrêtés un char et une litière avec une escorte de soldats, et le reste poursuit sa route.

Le rideau de la litière s’écarte un instant et une main de femme blanche et ornée de pierres précieuses fait signe de s’approcher au chef des esclaves. L’homme obéit sans parler. Il écoute. Il aborde un groupe de femmes curieuses et demande:

“Où est le Rabbi de Nazareth?”

“Dans cette maison. Mais à cette heure, habituellement, il est près du torrent. Il y a une petite île, là-bas, du côté des saules, là où se trouve le peuplier. Il reste là pour prier des journées entières.”

L’homme revient et fait son rapport. La litière se remet en route. Le char reste où il est. Les soldats suivent la litière jusqu’au bord du torrent et ils barrent le chemin. La litière s’en va seule le long du cours d’eau jusqu’à la hauteur de la petite île qui, au cours de la saison, est devenue très boisée: c’est un fourré impénétrable de verdure, surmonté par le fût et la chevelure argentée du peuplier. Un ordre, et la litière passe le petit cours d’eau, où entrent les porteurs avec leurs vêtements courts. Claudia Procula en descend avec une affranchie, et Claudia fait signe à un esclave noir qui escorte la litière de la suivre. Les autres reviennent sur la rive.

563.5 – Claudia, suivie des deux, pénètre dans la toute petite île en se dirigeant vers le peuplier qui domine au centre. Les hautes herbes étouffent le bruit des pas. Elle arrive ainsi là où se trouve Jésus tout absorbé, assis au pied de l’arbre. Elle l’appelle en s’avançant seule alors que d’un geste impérieux elle cloue sur place là où elles sont restées ses deux personnes de confiance.

Jésus lève la tête, et se lève tout de suite en voyant la femme. Il la salue tout en restant pourtant debout contre le tronc du peuplier. Il ne manifeste ni étonnement, ni ennui ou indignation de l’intrusion.

Claudia, après avoir salué, expose tout de suite le sujet: