“Ils sont quatre. Le pastoureau est orphelin lui aussi. Pourriez-vous, si Dieu vous apparaissait ici, soutenir que votre pain est tellement mesuré que vous ne pouvez nourrir un orphelin? La pitié pour l’orphelin est commandée par le Pentateuque…”

“Nous ne le pourrions pas, Seigneur. C’est vrai. Nous ne serons pas inférieurs aux voleurs. Nous donnerons le pain, le vêtement et le logement même au petit berger, et par amour pour Toi.”

“Par amour. Par amour total: pour Dieu, pour son Messie, pour votre sœur, pour votre prochain. Voilà l’hommage et le pardon qu’il faut donner à votre sang! Non pas un froid tombeau pour sa poussière. Le pardon c’est la paix. Paix pour l’esprit de l’homme qui a péché. Mais ce ne serait qu’un pardon mensonger, tout extérieur, sans aucune paix pour l’esprit de la morte, votre sœur et mère de ces petits si, à la juste expiation de Dieu s’unissait, pour la tourmenter, de savoir que ses enfants paient, innocents qu’ils sont, pour son péché. La miséricorde de Dieu est infinie, mais unissez-y la vôtre pour donner la paix à la morte.”

“Oh! Nous le ferons! Nous le ferons! À personne ne se serait soumis notre cœur, mais à Toi, ô Rabbi, qui es passé un jour parmi nous pour semer une semence qui n’est pas morte et qui ne mourra pas.”

557.7 – “Amen! Voilà les enfants…”

Jésus les montre sur le bord du torrent qui se dirigent vers la maison, et il les appelle..

Ils laissent la main des apôtres et accourent en criant:

“Jésus! Jésus!”

Ils entrent, montent l’escalier, arrivent sur la terrasse et s’arrêtent intimidés devant tant d’étrangers qui les regardent.

“Viens Ruben, et toi Élisée, et toi Isaac. Eux sont les frères de votre mère, et ils sont venus vous prendre pour vous joindre à leurs enfants. Voyez comme est bon le Seigneur? C’est vraiment comme cette colombe de Marie de Jacob que nous avons vue avant-hier donner la becquée à un petit qui n’était pas le sien, mais celui de son frère mort. Lui vous recueille et vous donne à eux pour qu’ils aient soin de vous et que vous ne soyez plus orphelins. Allons! Saluez vos parents.”

“Le Seigneur soit avec vous, seigneurs” dit timidement le plus grand en regardant par terre.

Les deux plus petits lui font écho.

“Celui-ci ressemble beaucoup à la mère, et aussi cet autre, mais celui-là (le plus grand) c’est tout à fait le père” observe un parent.

“Mon ami, je ne crois pas que tu sois assez injuste pour faire une différence d’amour à cause d’une ressemblance de visage” dit Jésus.

“Oh! non. Cela non. J’observais… et je réfléchissais… Je ne voudrais pas qu’il ait aussi le cœur du père.”

“C’est un enfant encore tendre. Ses simples paroles trahissent pour sa mère un amour bien plus vif que tout autre amour.”

557.8 – “Il les tenait pourtant mieux que nous ne croyions. Ils sont bien vêtus et bien chaussés. Il avait peut-être fait fortune…”

“Mes frères et moi nous avons des vêtements neufs car Jésus nous a habillés. Nous n’avions ni chaussures ni manteaux, nous étions tout à fait comme le berger” dit le second qui est moins timide que le premier.

“Nous te dédommagerons de tout, Maître” répond un parent et il ajoute:

“Joachim de Sichem avait les offrandes de la ville, mais nous y joindrons encore de l’argent…”

“Non, je ne veux pas d’argent. Je veux une promesse. Une promesse d’amour pour eux que j’ai arrachés aux larrons. Les offrandes… Malachie, prends-les pour les pauvres que tu connais et fais-en une part à Marie de Jacob, car sa maison est bien misérable.”

“Comme tu le veux. S’ils sont bons nous les aimerons.”

“Nous le serons, Seigneur. Nous savons qu’il faut l’être pour retrouver notre mère et remonter le fleuve, jusqu’au sein d’Abraham et ne pas enlever des mains de Dieu le filin de notre barque pour ne pas être emportés par le courant du démon” dit Ruben tout d’un trait.

“Mais que dit l’enfant?”

“C’est une parabole qu’il a entendue de Moi. Je l’ai dite pour consoler leurs cœurs et donner à leurs esprits une ligne de conduite. Les enfants l’ont retenue et ils l’appliquent à toutes leurs actions. Familiarisez-vous avec eux pendant que je parle à ceux de Sichem…”

557.9 – “Maître, encore un mot. Ce qui nous a étonnés chez les larrons, c’est qu’ils nous ont prié de dire au Rabbi, qui avait avec Lui les enfants, de leur pardonner d’avoir mis autant de temps pour venir, en considérant que toutes les routes ne leur étaient pas ouvertes et que la présence d’un enfant avec eux empêchait de longues marches à travers les gorges sauvages.” La région est quadrillée par une opération policière de grande envergure (voir le chapitre précédent).

“Tu entends, Judas?” dit Jésus à l’Iscariote qui ne réplique pas.

Et puis Jésus s’isole avec ceux de Sichem, qui Lui arrachent la promesse d’une visite, si brève qu’elle soit, avant la grande chaleur de l’été. Et pendant ce temps ils racontent à Jésus des choses de la ville et comment ceux qui ont eu leurs âmes ou leurs corps guéris se souviennent de Lui.

Pendant ce temps Judas et Jean s’efforcent de familiariser les enfants avec leurs parents…