“Mais certainement! C’est ainsi! dit Archélaüs. Et maintenant nous te disons, pour le bien que nous te voulons, pour l’amour que nous avions pour ta mère, pour l’amour que nous avons pour Lazare: appelez le Maître. Tu secoues la tête? Veux-tu dire que désormais c’est trop tard? Comment? Tu n’as pas foi en Lui, toi, Marthe, disciple fidèle? C’est grave cela! Commences-tu, toi aussi, à douter?”

“Tu blasphèmes, ô scribe. Moi, je crois au Maître comme au Dieu vrai.”

“Et alors, pourquoi ne veux-tu pas essayer? Lui a ressuscité les morts… Du moins c’est ce que l’on dit… Peut-être ne sais-tu pas où il est? Si tu veux, nous allons le chercher, nous allons t’aider, nous” insinue Félix.

“Mais non! dit Sadoq pour l’éprouver. Certainement dans la maison de Lazare on sait où est le Rabbi. Dis-le franchement, femme, et nous partirons à sa recherche et nous te l’amènerons, et nous serons présents au miracle pour jouir avec toi, avec vous tous.”

Marthe est hésitante, presque tentée de céder. Les autres la pressent alors qu’elle dit:

“Où il est je ne le sais pas… Je ne le sais pas vraiment… Il est parti il y a plusieurs jours et il nous a saluées comme quelqu’un qui part pour longtemps… Ce serait un réconfort pour moi de savoir où il est… Au moins de le savoir… Mais je ne le sais pas, en vérité…”

“Pauvre femme! Mais nous t’aiderons… Nous te l’amènerons” dit Cornélius.

542.6 – “Non! Il ne faut pas. Le Maître… c’est de Lui que vous parlez, n’est-ce pas? Le Maître a dit que nous devons espérer au-delà de ce qu’il est possible d’espérer, et en Dieu seul EMV 536. . Et nous le ferons” tonne Marie qui revient avec Elchias, qui la quitte tout de suite et se penche pour parler avec trois pharisiens.

“Mais il meurt, à ce que j’entends dire!” dit l’un de ces trois qui est Doras.

“Et avec cela? Qu’il meure! Je ne m’opposerai pas au décret de Dieu et je ne désobéirai pas au Rabbi.”

“Et que veux-tu espérer au-delà de la mort, ô folle?” dit l’hérodien en se moquant d’elle.

“Quoi? La Vie!”

C’est un cri de foi absolue.

“La Vie? Ha! Ha! Sois sincère. Tu sais que devant une mort véritable son pouvoir est nul, et dans ton sot amour pour Lui, tu ne veux pas que cela paraisse.”

“Sortez tous! Ce serait à Marthe de le faire, mais elle vous craint. Moi je crains seulement d’offenser Dieu qui m’a pardonnée et je le fais donc à la place de Marthe. Sortez tous. Il n’y a pas de place dans cette maison pour ceux qui haïssent Jésus Christ. Dehors! À vos tanières ténébreuses! Dehors tous. Ou je vous ferai chasser par les serviteurs comme un troupeau de gueux immondes.”

Elle est imposante dans sa colère. Les juifs s’esquivent, lâches à l’extrême, devant cette femme. Il est vrai que cette femme semble un archange irrité…

La salle se désencombre et les regards de Marie, à mesure qu’ils franchissent le seuil un par un en passant devant elles, créent une immatérielle fourche caudine Fourche caudine : expression désignant l'humiliation des ennemis. Elle tire son origine de la bataille des Fourches Caudines en 321 av. J.C, où les romains vaincus, mains liés dans le dos, durent se courbés devant les Samnites pour passer sous un joug formé de fourches et de lances. sous laquelle doit s’abaisser l’orgueil des juifs vaincus. La salle reste vide finalement.

542.7 – Marthe s’écrase sur le tapis et éclate en sanglots.

“Pourquoi pleures-tu, ma sœur? Je n’en vois pas la raison…”

“Oh! tu les as offensés… et eux t’ont offensée, nous ont offensées… et maintenant ils vont se venger… et…”

“Mais tais-toi, sotte femmelette! Sur qui veux-tu qu’ils se vengent? Sur Lazare? Auparavant ils doivent délibérer, et avant qu’ils décident… Oh! on ne se venge pas sur un goulal Goulal (ou Golal, comme en EMV 583.4). Maria Valtorta fait suivre ce mot d'un point d'interrogation, comme si elle en ignorait le sens. En général, ce mot se traduit par « corps sans vie ». ! Sur nous? Et avons-nous besoin de leur pain pour vivre? Nos biens, ils n’y toucheront pas. Sur eux se projette l’ombre de Rome. Et sur quoi alors? Et même s’ils le pouvaient, ne sommes-nous pas deux femmes jeunes et fortes? Ne pouvons-nous pas travailler? Est-ce que peut-être Jésus n’est pas pauvre? N’a-t-il pas été un ouvrier notre Jésus? Ne serions-nous pas plus semblables à Lui étant pauvres et travailleuses? Mais glorifie-toi de le devenir! Espère-le! Demande-le à Dieu!”

“Mais ce qu’ils t’ont dit…”

“Ha! Ha! Ce qu’ils m’ont dit! C’est la vérité. Je me le dis moi aussi. J’ai été une immonde. Maintenant je suis l’agnelle du Pasteur! Et le passé est mort. Allons, viens auprès de Lazare.”