Je le mettrai dans mon Cœur, là où je mets les plus grands pécheurs, et je l’emmènerai avec Moi dans le Sacrifice rédempteur. Le sang le plus saint, celui de mon Cœur, le dernier sang de Celui qui sera consumé pour les hommes, se répandra sur les plus grandes ruines et les régénérera. Pour le moment, aie l’espérance, une espérance plus grande que ton crime immense, dans la miséricorde de Dieu, car elle est sans bornes, Ô homme, pour qui sait se confier à elle.”
L’homme voudrait bien prendre et baiser cette main posée sur son épaule, si pâle et si décharnée sur son vêtement brun, et sur son épaule robuste, mais il n’ose pas. Jésus comprend et il lui présente la main en disant:
“Baise sa paume, homme. Je retrouverai ce baiser pour guérir une de mes tortures. Main baisée, main blessée. Baisée par amour, blessée par l’amour. Oh! si tous savaient embrasser la grande Victime, et qu’Elle mourût dans son vêtement de plaies en sachant que dans chacune se trouvent les baisers, les affections de tous les hommes rachetés!”
Et il tient la paume de sa main appuyée sur les lèvres rasées de l’homme dont, à cause de tout son ensemble, je dirais qu’il est romain. Il l’y tient jusqu’à ce que l’homme s’en détache comme rassasié, après avoir éteint la brûlure de ses remords en buvant la Miséricorde du Seigneur dans le creux de la main divine.
524.5 - Jésus revient à sa place et, en passant, pose sa main sur la chevelure bouclée d’un tout jeune homme. Je lui donnerais à peine vingt ans, si encore il n’est pas plus jeune. Lui n’a jamais parlé. Il est certainement de race hébraïque. Jésus l’interroge:
“Et toi, mon fils, tu ne dis rien à ton Sauveur?”
Le jeune homme lève la tête et le regarde… Ce regard est tout un discours. C’est une histoire de douleur, de haine, de repentir, d’amour.
Jésus, un peu penché sur lui, les yeux dans les yeux du jeune, y lit quelque histoire muette et il dit:
“C’est pour cela que je t’ai appelé “fils”. Tu n’es plus seul. Pardonne à tous ceux de ton sang et aux étrangers, comme Dieu te pardonne. Et aime l’Amour qui t’a sauvé. Viens un moment avec Moi, je veux te dire un mot en particulier.”
Le jeune homme se lève et le suit. Quand ils sont seuls, Jésus lui dit:
“Je veux te dire ceci, fils. Le Seigneur t’a beaucoup aimé bien que cela n’apparaisse pas à un jugement superficiel. La vie t’a beaucoup éprouvé. Les hommes t’ont grandement nui. L’une et les autres pouvaient faire de toi une ruine irréparable. Derrière eux il y avait Satan qui était envieux de ton âme, mais sur toi il y avait l’œil de Dieu et cet œil béni a arrêté tes ennemis. Son amour a envoyé Zachée sur ton sentier, et avec Zachée, Moi qui te parle. Maintenant Moi qui te parle, je te dis que tu dois trouver dans cet amour tout ce que tu n’as pas eu, tu dois oublier tout ce qui t’a aigri, et pardonner, pardonner à ta mère, pardonner à ton maître infâme, te pardonner à toi-même. N’aie pas pour toi une mauvaise haine, fils. Aie de la haine pour le temps où tu as péché, mais pas pour ton esprit qui a su quitter ce péché. Que ta pensée soit pour ton esprit une bonne amie et qu’ensemble ils atteignent la perfection.”
“Parfait, moi!”
“Tu as entendu ce que j’ai dit à cet homme? Et pourtant lui a été au fond de l’abîme!…
524.6 - Et merci, fils!”
“De quoi, mon Seigneur? C’est moi qui dois te dire merci…”
“De n’avoir pas voulu aller chez ceux qui achètent des hommes pour me trahir.”
“Oh! Seigneur, et pouvais-je le faire sachant que tu ne nous méprises pas, même nous les voleurs? J’étais moi aussi parmi ceux qui t’ont apporté l’agneau au Carit J'étais moi aussi parmi ceux (les voleurs) qui t'ont nourri… Cf. EMV 380.3. . L’un de nous a été pris par les romains — c’est du moins ce que l’on dit. Ce qui est certain, c’est que bien avant des Tabernacles on ne l’a plus vu dans les refuges de voleurs — cet homme-là Dismas, le bon larron qui sera crucifié cinq mois plus tard avec Jésus. m’a dit tes paroles dans une vallée près de Modin Rencontre avec les voleurs à Modin en EMV 223.6/8. … Car moi alors je n’étais pas encore avec les voleurs. J’y suis allé à la fin du dernier Adar et je les ai quittés au commencement d’Etanim Etanim, nom traditionnel, devenu Tishri, après l'exil de Babylone : mois à cheval entre septembre et octobre. Cf. Calendrier. . Mais je n’ai rien fait qui mérite ton merci. Tu étais bon. J’ai voulu être bon. Et avertir un de tes amis… puis-je l’appeler ainsi Zachée?”
“Oui, tu peux. Tous ceux qui m’aiment sont mes amis. Toi aussi, tu l’es.”
“Oh!… j’ai voulu avertir pour que tu fasses attention à Toi. Mais un avertissement ne mérite pas un merci…”
“Je te le répète: c’est parce que tu ne t’es pas vendu contre Moi que je te remercie. C’est cela qui a de la valeur.”
“Et l’avertissement, non?”
“Mon fils, rien ne pourra empêcher la Haine de m’assaillir. As-tu jamais vu un torrent qui déborde?”
“Oui, j’étais près de Jabès Galaad et j’ai vu la ruine produite par le fleuve sorti de son lit avant d’arriver au Jourdain.”
“Et est-ce que quelque chose a pu arrêter les eaux?”
“Non, elles ont tout couvert et ruiné, elles ont renversé jusqu’à des maisons.”