“La paix aussi à Lui, honneur de la Galilée, et heureux le jour qui porte les pieds du Saint dans les murs d’un véritable Israélite. Entre, Seigneur. Je vais tout de suite avertir Joseph. Il est en train de faire les dernières livraisons, car le crépuscule arrive vite dans le triste etamin.” Etanim est l'autre nom du mois de Tishri. Sa période va de la mi-septembre à la mi-octobre habituellement. Marie de Séphoris est donc fondée à parler des jours qui raccourcissent. Compte-tenu de l'avance enregistrée, la mi-octobre correspond, cette année, au mois suivant : Boul. L'année à venir, année de la Passion, aura un treizième mois pour recaler le calendrier sur le soleil. Nous avons conjecturé que le 12 octobre estimé par Jean Aulagnier, correspondait au 15 Boul. Ceci nous engage, non l'œuvre de Maria Valtorta.
“Laisse-le à son travail, femme. Nous resterons ici jusqu’à demain.”
“Grande joie pour nous. Nous t’attendions depuis longtemps. Et même, il y a quelques jours, ton frère Joseph a envoyé demander des nouvelles de Toi. Mais mon époux saura mieux te le dire. Voilà, tu peux rester ici… Et je te quitte, Seigneur, car je suis en train de finir le pain. Il faut qu’il soit cuit avant le crépuscule Avant que ne commence le sabbat. . Si tu veux quelque chose, Jean sait où me trouver.”
“Va en paix. Il ne nous faut rien d’autre que l’hospitalité.”
508.4 – Ils restent seuls pendant quelque temps. Puis un petit visage brun se fait voir de derrière le rideau qui sépare la pièce d’un couloir, et qui jette un coup d’œil, craintif et curieux à la fois.
“Qui est cet enfant?” demande Jésus à Jean.
“Je ne sais pas, Seigneur. Il n’était pas là les autres fois. Il est vrai que depuis que je suis avec Toi je ne suis plus venu ici pour le compte de mon père. Viens ici, enfant.”
Le petit s’avance à petits pas.
“Qui es-tu?”
“Je ne vais pas te le dire.”
“Pourquoi?”
“Je ne veux pas m’entendre dire des paroles désagréables. Si tu les dis, je te réponds, et Joseph ne veut pas.”
“C’est du nouveau! Maître, qu’en dis-tu?” et Jean rit, amusé par les raisons du petit homme.
Jésus aussi sourit, mais il lève la main pour attirer l’enfant et il l’observe. Puis il dit:
“Et toi, tu sais qui je suis?”
“Bien sûr que je le sais! Tu es le Messie. Celui qui fera sien le monde entier, et alors on ne dira plus des paroles désagréables aux petits comme moi.”
“Tu n’es pas d’Israël, n’est-ce pas?”
“Je suis circoncis… et cela m’a fait très mal. Mais… la faim aussi me faisait mal et… de ne plus avoir de maman… ni personne… Pourtant cela fait mal encore d’entendre qu’on… qu’on nous…” il pleure, ayant perdu sa primitive hardiesse.
“Ce doit être un orphelin étranger, Jean. Joseph a dû le recueillir par pitié, et l’a fait circoncire…” explique Jésus à Jean, étonné des raisons et des pleurs.
508.5 – Et Jésus soulève l’enfant et le prend sur ses genoux.
“Dis-moi ton nom, petit. Je t’aime bien. Jésus aime bien tous les enfants et surtout les orphelins. J’en ai un, Moi aussi, et qui s’appelle Marziam et qui…”
“Et moi aussi, car moi (la petite voix n’est plus qu’un murmure à peine perceptible) car moi, je suis romain…”
“Je te l’avais dit! Et tu es orphelin, n’est-ce pas?”
“Oui… Mon père, je ne m’en souviens pas. La maman, oui. Elle est morte alors que j’étais déjà grand… et je suis resté seul, et personne ne voulait de moi. De Césarée, à pied, derrière les voyageurs, après que le maître soit parti au loin. Et si grand faim. Et si je disais mon nom, des coups… Car on comprenait par le nom, eh?! Et je suis venu ici pour une fête, et j’avais faim. Je suis entré dans les écuries avec une caravane, et je me suis caché dans la paille pour manger l’avoine et les caroubes des ânes. Et un âne m’a mordu et j’ai crié et on est accouru et on voulait me battre, mais Joseph a dit: “Non. Lui l’a fait et il dit de faire ce qu’il fait. Et moi, je prends l’enfant et j’en ferai un Israélite”. Et il m’a pris et soigné en même temps que Marie, et il m’a donné un autre nom car le mien… Maman m’appelait Martial…” et les larmes recommencent à couler.
“Et Moi, je t’appellerai Martial comme ta mère. C’est très bien ce qu’a fait Joseph. Tu dois l’aimer beaucoup.”