“Si la mort descend dans nos maisons…”
“Qui nous aidera?” disent plusieurs de différents endroits.
“Dieu. Il est avec vous, si vous restez en Moi par votre volonté. Jean 14,10 : " Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même : le Père demeure en moi et c'est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres" ”
“Et nous? Nous, depuis peu, croyons en Toi. Nous l’avouons. Nous n’aurons pas de réconfort, alors? Et pourtant, maintenant, depuis que nous t’avons vu faire des miracles et entendu parler dans le Temple, oh! nous te croyons…”
“Et j’en ai une grande joie, car de voir mes concitoyens sur le chemin du Salut, c’est mon désir le plus ardent.”
“Tu nous aimes tant? Mais pendant si longtemps nous t’avons offensé et nous nous sommes moqués de Toi…!”
“C’est le passé. Il n’existe plus. Soyez fidèles à l’avenir, et en vérité je vous dis que sur la Terre comme au Ciel, votre passé est effacé.”
“Tu restes avec nous? Nous partagerons le pain comme tant de fois à Nazareth, quand nous étions tous pareils et que, le sabbat, nous nous reposions dans les oliviers, ou bien quand tu étais seulement Jésus, et que tu venais avec nous et comme nous à Jérusalem pour les fêtes…”
Il y a un regret et une nostalgie du passé dans la voix des nazaréens qui croient maintenant.
“Je voulais aller voir Joseph et Simon. Mais j’y irai après. Vous êtes tous pour Moi des frères en Dieu, et pour Moi l’esprit et la foi ont plus de valeur que la chair et le sang, car ces derniers périssent alors que les autres sont immortels.”
490.4 - Et pendant que certains se hâtent de préparer le feu pour rôtir les viandes, d’y mettre des branches d’olives pour la préparation du repas, les plus âgés et les plus élevés socialement, de tous les endroits de la Galilée, se pressent en cercle autour de Jésus pour Lui demander pourquoi le matin et celui du jour précédent il n’était pas au Temple et s’il y irait le lendemain, dernier jour de la fête.
“J’étais autre part… Mais demain, j’y serai certainement.”
“Et tu parleras?”
“Si je puis…”
Alphée de Sara baisse la voix, et en regardant autour de lui, il dit tout bas au Maître:
“Tes frères sont allés pour t’assurer de l’aide dans la ville… Un tel sait beaucoup de choses car, par les femmes, il est parent avec quelqu’un du Temple… Joseph se préoccupe de Toi, tu sais? Au fond… il est bon.”
“Je le sais. Et il sera toujours meilleur quand il sera spirituellement bon.”
De la ville arrivent d’autres galiléens. Leur nombre augmente autour de Jésus, au grand déplaisir des enfants repoussés par les adultes et qui n’arrivent pas à approcher de Jésus jusqu’à ce qu’il remarque leur foule innocente et boudeuse, et il dit en souriant:
“Laissez mes enfants venir jusqu’à Moi. Cf. EMV 378.8 | Marc 10,14 | Luc 18,16. ”
Oh! alors, quand le cercle se rompt, réjouis de nouveau, comme une volée d’oiseaux, ils courent vers Jésus qui les caresse tout en continuant de parler avec les adultes. Sa longue main encore brunie par le soleil de l’été passe et repasse sur les petites têtes brunes et châtaines avec, perdues parmi elles, quelques petites têtes blondes. Les enfants se serrent le plus qu’ils peuvent contre Lui, les petits visages cachés dans les vêtements, sous le manteau, accrochés à ses genoux, à ses côtés, avides de ses caresses, bienheureux de les avoir.
490.5 - Ils mangent en cercle, après que Jésus ait béni la nourriture et l’ait distribuée, dans une paisible et amicale union des cœurs.
Les autres, ceux qui ne suivent pas Jésus, regardent de loin, moqueurs et incrédules, mais personne ne se soucie d’eux…
Le repas est fini. Jésus se lève le premier et il appelle Jaïre, Alphée, Daniel de Naïm, Élie de Chorazeïn, Samuel (un ex-estropié de je ne sais où), puis un certain Urie, puis un des si nombreux Jean, un des si nombreux Simon, un Lévi, un Isaac, Abel de Bethléem et d’autres, un par village en somme, et aidé par ses cousins, il fait autant de parts égales de deux bourses bien pleines et il en donne une part à chacun des appelés pour qu’il s’en serve pour les pauvres de son village.
Puis, resté sans argent, il bénit tout le monde et fait ses adieux. Et il voudrait bien se séparer pour se diriger vers le Gethsémani afin de rentrer dans la ville par la Porte des Brebis, mais presque tous le suivent, surtout les enfants qui ne lâchent pas son vêtement et les pans de son manteau et l’ennuient certainement, mais Lui les laisse faire…
490.6 - Et cet enfant de Magdala: Benjamin, qui dit un jour clairement ce qu’il pensait à Judas de Kérioth Celui qui avait dit en EMV 184.7. , tire son vêtement jusqu’à ce que Jésus se penche pour l’écouter en particulier.