Jésus regarde l’un et l’autre, puis il passe un bras au cou des deux et les attire à Lui, l’un à droite, l’autre à gauche, et il dépose un baiser sur les cheveux en disant:
“Vous y arriverez car vous avez compris l’amour.”
476.6 - Ils marchent encore pendant quelque temps, de plus en plus difficilement à cause des difficultés du chemin taillé presque au bord de la montagne. Au-dessous, tout au loin, il y a une route sur laquelle on voit cheminer les gens.
“Arrêtons-nous là, Maître. Là-bas, tu vois, de cette plate-forme rocheuse, les deux descendent avec une corde un panier aux passants, et au-delà de cette plate-forme se trouve leur grotte. Maintenant je les appelle.”
Et, s’avançant, il jette un cri, alors que Jésus et Jean restent en arrière, cachés par des arbres touffus.
Quelques instants, et puis un visage… appelons-le visage parce qu’il est au sommet d’un corps, mais cela pourrait aussi s’appeler museau, monstre, cauchemar… se montre au-dessus d’un bouquet de mûries.
“Toi? Mais tu n’étais pas parti pour les Tabernacles?”
“J’ai trouvé le Maître, et je suis revenu en arrière. Il est ici!”
Si Abel avait dit: “Jéhovah est suspendu sur votre tête” très probablement aurait été moins soudain et moins respectueux le cri, le geste, l’élan des deux lépreux - car pendant qu’Abel parlait, l’autre aussi s’était amené - en se jetant dehors, sur la plate-forme, en plein soleil, et en se prosternant le visage contre terre, tout en criant:
“Seigneur, nous avons péché. Mais ta miséricorde est plus grande que notre péché!”
Ils le crient sans même s’assurer si Jésus est vraiment là, ou s’il est encore loin, en train de venir vers eux. Leur foi est telle qu’elle leur fait voir, même ce que leurs yeux à cause des plaies des paupières et de la rapidité de leur prosternement, n’ont certainement pas vu.
Jésus avance pendant qu’ils répètent:
“Seigneur, notre péché ne mérite pas le pardon, mais tu es la Miséricorde! Seigneur Jésus, par ton Nom, sauve-nous. Tu es l’Amour qui peut vaincre la Justice.”
“Je suis l’Amour. C’est vrai. Mais au-dessus de Moi, il y a le Père. Et Lui est la Justice” dit avec sévérité Jésus, en s’avançant avec Jean sur le sentier.
476.7 - Les deux lèvent leurs visages défigurés, et ils le regardent à travers les larmes qui coulent mêlées à la pourriture. Horrible la vue de ces visages! Vieux? Jeunes? Qui est le serviteur? Qui est Aser? Impossible de le dire. La maladie les a rendus égaux, en en faisant deux formes horribles et nauséabondes.
Comment doit leur apparaître Jésus, debout au milieu du sentier, avec le soleil qui l’enveloppe de ses rayons et fait resplendir ses blonds cheveux, je ne sais. Je sais qu’ils le regardent et puis se couvrent le visage en gémissant:
“Jéhovah Jéové dans le texte original. ! La Lumière!”
Mais ensuite, ils crient encore:
“Le Père t’a envoyé pour sauver. Lui t’appelle sa dilection. Lui se complaît en Toi. Lui ne refusera pas que tu nous donnes le pardon.”
“Le pardon ou la santé?”
“Le pardon” crie l’un.
Et l’autre:
“…et puis la santé. Ma mère meurt de chagrin à cause de moi.”
“Si Moi je vous pardonne, il reste toujours la justice des hommes, pour toi, surtout. Que vaut alors mon pardon pour rendre ta mère heureuse?” tente Jésus pour faire dire les paroles qu’il attend pour opérer le miracle.
“Il vaut. Elle est une vraie Israélite. Elle veut pour moi le sein d’Abraham. Et il n’est pas pour moi ce lieu où l’on attend le Ciel, car j’ai trop péché.”