“Parce que c’est un démon. Principal coupable, déjà adultère quand il est devenu homicide, il a poussé Aser, corrompu le serviteur de Joël, qui est un peu sot et facilement influençable, il continue à être un démon. De sa bouche sort la haine et le blasphème, de son cœur la haine et la cruauté. Je l’ai vu lui aussi… Je voulais le rendre bon. Il s’est rué sur moi comme un vautour et ce n’est qu’à ma fuite, rapide et résistante pour moi parce que je suis jeune et sain, que j’ai dû mon salut. Mais je ne désespère pas de le sauver. Je retournerai… Une fois, deux fois, autant qu’il faudra avec des secours, avec amour. Je me ferai aimer. Lui croit que je vais pour me moquer de son malheur. Moi, j’y vais pour le réédifier. S’il peut arriver à m’aimer, il n’écoutera; s’il m’écoute, il finira par croire en Toi. C’est ce que je veux. Les autres, oh! cela a été facile car par eux-mêmes ils ont médité et compris. Et le serviteur est devenu le simple maître de l’autre parce qu’il a tant de foi, un si grand désir de pardon.
475.6 - Viens, Seigneur! Je leur ai promis de te conduire à eux quand je t’aurais rencontré.”
“Abel, leur crime était grand: plusieurs crimes en un. Bien court est le temps qu’ils ont expié…”
“Grand a été leur tourment et leur repentir. Viens.”
“Abel, eux te voulaient mort.”
“N’importe, Seigneur. Je veux pour eux la vie.”
“Quelle vie?”
“Celle que tu donnes, celle de l’esprit, le pardon, La rédemption.”
“Abel. c’étaient tes Caïns et ils t’ont haï comme on ne le peut davantage. Ils voulaient t’enlever tout: la vie, l’honneur et ta mère…”
“Ils ont été mes bienfaiteurs, puisque c’est grâce à eux que je t’ai eu, Toi. Moi, je les aime pour ce don qu’ils m’ont fait, et je te demande qu’ils soient où moi je suis: à ta suite. Je veux leur salut comme le mien, plus que le mien, car plus grand est leur péché.”
“Quelle offrande ferais-tu à Dieu en échange de leur salut, s’il te le demandait?”
Abel réfléchit un moment… puis il dit avec assurance:
“Même moi-même, ma vie. Je perdrais une poignée de boue, pour posséder le Ciel. Une perte heureuse. Un profit grand, infini: Dieu, le Ciel. Et deux pécheurs sauvés: les premiers-nés du troupeau que j’espère te conduire et t’offrir, ô Seigneur.”
Jésus fait un geste qu’il ne fait jamais ainsi en public. Il se penche car il est beaucoup plus grand qu’Abel et, prenant la tète d’Abel dans ses mains, il dépose un baiser sur la bouche en disant: “Qu’il en soit ainsi”, je crois du moins que c’est ce que signifie son “Marana Tha”. Et il ajoute:
“Pour tes sentiments, qu’il te soit fait selon ce que demandent tes paroles. Viens avec Moi, tu me conduiras. Jean, viens avec Moi. Et vous, allez en avant, par la route de Mageddo à Engannim. Vous m’attendrez là, si vous ne m’avez pas encore rencontré.”
“Et nous prêcherons Toi et ta doctrine” dit l’Iscariote.
“Non. Vous m’attendrez, simplement, en vous comportant comme de justes et humbles pèlerins et rien de plus. En étant entre vous comme des frères. Et vous passerez, en allant, chez les paysans de Yokhanan pour leur donner ce que vous avez, et leur dire que le Maître, s’il le peut, passera par Jezréel à l’aurore d’après-demain. Allez. La paix soit avec vous.”