Et Jésus s’en va rapidement, presque en courant, avant qu’elle revienne de sa réflexion.

470.6 – Les apôtres le suivent du même pas, alors que volent au vent leurs vêtements, poursuivis vainement par les cris de la femme qui supplie:

“Arrêtez-vous! Rabbi Jésus! Arrête-toi! Je veux te dire quelque chose…”

Ils ralentissent lorsque désormais le feuillage des monts boisés les a de nouveau cachés, et on ne voit plus le chemin qui mène à Giscala en partant de ce sentier muletier.

“Comme tu as bien parlé à la femme” dit Barthélemy.

“Une leçon de docteur! Dommage qu’elle était seule…” remarque Jacques d’Alphée.

“Je veux me rappeler ces paroles…” s’écrie Pierre.

“La femme a compris, ou presque, après avoir su ton Nom… Maintenant elle va aller parler de Toi dans la ville…” dit Thomas.

“Pourvu qu’elle ne pique pas les guêpes et ne les lance pas à notre poursuite! La troupe apostolique s'était faite agresser à coup de pierre lors de leur dernier passage. Cf. EMV 340.8. ” murmure Judas de Kériot.

“Oh! nous sommes loin désormais!… Et on ne laisse pas de traces à travers ces bois, et nous ne serons pas dérangés” dit André optimiste.

“Même si on l’était!… C’est la paix dans une famille que j’ai reconstruite” répond Jésus à tout le monde.

“Mais comme elles sont! Toutes pareilles les belles-mères!” dit Pierre.

“Non. Nous en avons connu de bonnes. Tu te rappelles la belle-mère de Jérusa de Doco? Cf. EMV 131.6 et EMV 134. Et la belle-mère de Dorca de Césarée de Philippe? Cf. EMV 345.3/5, EMV 368.6/11 et EMV 370.11.

“Mais oui, Jacques… Il y en a quelques unes de bonnes…” reconnaît Pierre, mais certainement il pense que la sienne est une plaie.

“Arrêtons-nous ici et mangeons, Nous nous reposerons ensuite pour arriver au village de la vallée pour la nuit” ordonne Jésus.

Ils s’arrêtent dans une petite cuvette de verdure qui semble l’intérieur d’une grande coquille smaragdine Pierre de couleur émeraude. incrustée dans la montagne et ouverte pour accueillir les pèlerins dans sa paix. La lumière est douce, malgré l’heure, à cause des arbres hauts et puissants qui forment sur le pré une voûte bruissante.

La brise, qui court sur les montagnes, adoucit la température. Une petite source fait courir un filet d’argent entre deux rochers sombres et elle chante doucement en se perdant parmi les herbes épaisses, dans un lit minuscule qu’elle s’est creusé, large d’une palme et tout couvert par les herbes de la rive qui ondulent au vent léger, et elle descend ensuite, par une petite cascade, à l’escarpement situé plus bas. L’horizon encadre entre deux troncs puissants un horizon vaporeux et lointain, dans la direction des monts du Liban: c’est un spectacle merveilleux…