“Toi ici, Maître?”

“Je suis venu te prendre pour t’emmener avec Moi pour quelques mois. Es-tu content?”

“Oh! Et Simon?”

“Il est à Capharnaüm. Moi, je suis venu avec Jean…”

“Il est revenu lui aussi? Il doit être heureux! Je lui donnerai ce que j’ai écrit.”

“Je ne parle pas de Jean d’Endor, mais de Jean de Zébédée. N’es-tu pas content?”

“Si, je l’aime bien. L’autre aussi… presque davantage…”

“Pourquoi, Marziam? Jean de Zébédée est si bon.”

“Oui, mais l’autre est si malheureux et moi aussi je l’ai été et je le suis encore un peu… Entre gens qui souffrent, on se comprend et on s’aime…”

“Serais-tu content de savoir qu’il ne souffre plus et qu’il est très heureux?”

“Oui, je le serais. Mais il ne peut être heureux que s’il est avec Toi. Ou bien… Il est peut-être mort, Seigneur?”

“Il est dans la paix, et il faut en être content, sans égoïsme, car il est mort en juste et parce que maintenant il n’y a plus de séparation entre son esprit et le nôtre. Nous avons un ami de plus qui prie pour nous.”

Marziam a deux grosses larmes sur son visage vraiment très amaigri et pâle, mais il murmure:

“C’est vrai.”

Jésus ne dit rien d’autre à ce sujet, et il ne fait pas d’observations sur l’état physique et moral de Marziam qui est visiblement très affaibli. Mais, au contraire, il dit: “Allons, partons! J’ai déjà parlé à Porphyrée qui a certainement préparé tes vêtements. Prépare-toi, toi aussi, car Jean nous attend. Nous allons faire une surprise à Simon. N’est-ce pas sa barque qui revient à Capharnaüm? Il a peut-être péché au retour…”

“Oui, c’est elle. Où allons-nous, Seigneur?”

“Au nord, et puis en Judée.”

“Pour longtemps?”

“Pour longtemps.”

Marziam, réjoui à la pensée de rester avec Jésus, se lève promptement et court se laver au lac; il revient avec les cheveux encore humides, en criant: “J’ai vu Jean, il m’a fait un signe pour me saluer. Il est à l’embouchure, au milieu des roseaux…”

“Allons.”

465.7 – Ils descendent. Porphyrée est en train de finir de fermer deux sacs, et elle explique: “J’ai pensé envoyer plus tard les vêtements lourds, par mon frère, pour les Tabernacles, au Gethsémani. Vous marcherez plus à l’aise, aussi bien toi que ton père” et tout en finissant de lier les courroies, elle montre ce qu’elle a préparé: lait, pain, fruits…

“Nous allons tout prendre et nous mangerons dans la barque. Je veux partir avant qu’il n’y ait trop de monde sur la rive. Adieu, Porphyrée. Que Dieu te bénisse toujours et que la paix des justes soit toujours en toi. Viens, Marziam.”…

Ils ont vite fait le court trajet et pendant que Marziam va trouver Jean, Jésus va à la barque, rejoint tout de suite par les deux qui courent à travers les roseaux. Ils sautent dans la barque en appuyant la rame contre le bord pour se mettre en eau profonde.

Le bref parcours est vite accompli, et ils s’arrêtent sur la plage de Capharnaüm, pour attendre la barque de Pierre qui va arriver. L’heure leur permet d’échapper à l’assaut des gens et ils peuvent manger en paix leur pain et leurs fruits, étendus sur le sable, à l’ombre de la barque.