Et Marie, la Mère, la réconforte:

“Ma Marie, ne regarde pas la chose du côté humain. Pense à ses fruits… Moi, tu peux penser comment je vois tomber la lumière chaque jour… Quand elle meurt, je me dis: un jour de moins pour avoir Jésus… Oh! Marie! C’est d’une chose par-dessus tout que je remercie le Très-Haut: de m’avoir accordé d’atteindre l’amour parfait, parfait autant que peut le posséder une créature, qui me permet de pouvoir guérir et fortifier mon cœur en disant: “Sa douleur et la mienne sont utiles à mes frères et, pour cela, que soit bénie la Douleur”. Si je n’aimais pas ainsi le prochain… je ne pourrais pas, non, penser qu’ils mettront à mort Jésus…”

“Mais quel amour est donc le tien? Quel amour doit-on avoir pour pouvoir dire ces paroles? Pour… pour… pour ne pas s’enfuir avec son propre enfant, le défendre et dire au prochain: “Mon premier prochain, c’est mon fils, et je l’aime par-dessus toute chose?”

“Celui qui doit être aimé par-dessus toute chose, c’est Dieu.”

“Et Lui est Dieu.”

“Lui fait la Volonté du Père, et moi, avec Lui. Quel amour est le mien? Quel amour doit-on avoir pour pouvoir dire ces paroles? L’amour de fusion avec Dieu, l’union totale, l’abandon total, être perdues en Lui, n’être plus qu’une partie de Lui, comme ta main est une partie de toi-même et fait ce que ta tête commande. Voilà mon amour, et l’amour que l’on doit avoir pour faire toujours avec bonne volonté la Volonté de Dieu.”

“Mais tu es toi. Tu es la Bénie entre toutes les créatures. Certainement tu étais déjà telle même avant d’avoir Jésus, car Dieu t’a choisie pour que tu l’aies, et il t’est facile…”

“Non, Marie. Je suis Femme et Mère comme toute femme et toute mère. Le don de Dieu ne supprime pas la créature. Elle a son humanité comme toute autre, même si le don de Dieu lui donne une spiritualité élevée.

Tu sais, désormais, que moi j’ai dû accepter le don de mon propre gré, et avec toutes les conséquences qu’il comportait. En effet tout don divin est une grande béatitude mais aussi un grand engagement. Et Dieu ne violente aucun homme pour qu’il accepte ses dons, mais Il interroge la créature, et si la créature dit: “Non” à la voix spirituelle qui lui parle, Dieu ne la force pas.

454.4 – Toutes les âmes, au moins une fois dans leur vie, sont interrogées par Dieu si…”

“Oh! pour moi, non! À moi, Il n’a jamais rien demandé!” s’exclame Marie d’Alphée, sûre d’elle-même.

La Vierge Marie sourit doucement et répond:

“Tu ne t’en es pas aperçue et ton âme a répondu sans que tu t’en aperçoives, et cela parce que tu aimes beaucoup le Seigneur.”

“Je te dis qu’il ne m’a jamais parlé…!”

“Et pourquoi es-tu disciple à la suite de Jésus? Et pourquoi alors désires-tu ardemment que tes fils, tous, soient disciples de Jésus? Tu sais ce que cela veut dire le suivre, et pourtant tu veux que tes fils le suivent.”

“Certainement, je voudrais les Lui donner tous. Alors vraiment je dirais que j’ai donné à la Lumière mes fils. Et je prie, je prie pour pouvoir les enfanter à Elle, à Jésus, par une vraie, éternelle maternité.”

“Tu vois! Et cela pourquoi? Parce que Dieu t’a interrogée un jour et Il t’a dit: “Marie, m’accorderais-tu tes fils pour être mes ministres dans la nouvelle Jérusalem?” Et tu as répondu: “Oui, Seigneur”. Et même maintenant que tu sais que le disciple n’est pas plus que le Maître, à Dieu qui t’interroge encore pour éprouver ton amour, tu réponds: “Oui, mon Seigneur. Je veux désormais qu’ils soient tiens!” N’est-ce pas ainsi?”

“Oui, Marie. C’est ainsi, c’est vrai. Je suis si ignorante que je ne sais pas comprendre ce qui arrive dans l’âme. Mais quand Jésus ou toi vous me faites réfléchir, je dis que c’est vrai, que c’est certainement vrai. Je dis que… je voudrais qu’ils soient tués par les hommes plutôt qu’ennemis de Dieu… Certainement… si je les voyais mourir… si… oh! Mais le Seigneur… Il m’aiderait, hein? le Seigneur, à cette heure… ou bien Il n’aidera que toi?”

“Il aidera toutes ses filles fidèles et qui seront martyres en esprit, ou dans leur esprit et leur chair pour sa gloire.”

“Mais qui doit être tué?” demande l’enfant qui, entendant cette conversation, a cessé de sauter, et est resté toutes oreilles.

Et il demande encore, un peu curieux, un peu effrayé, en regardant de côté et d’autre dans la campagne solitaire qui devient sombre:

“Il y a des voleurs? Où sont-ils?”

“Il n’y a pas de voleurs, mon enfant. Et personne, pour l’instant, ne doit être tué. Saute, saute encore…” répond Marie très Sainte.

454.5 – Jésus, qui était très en avant, s’est arrêté pour attendre les femmes. De ceux qui l’ont suivi depuis Hippos, il y a encore trois hommes et la veuve. Les autres se sont décidés, l’un après l’autre, à le quitter et à retourner à leur ville.

Les deux groupes se réunissent. Jésus dit: