Ton esclave va être guéri. Va et guéris-toi de ton erreur en entrant dans la vraie foi.”

“Tu ne viens pas dans ma maison?”

“Non, homme.”

“Vraiment… j’ai trop demandé. Un dieu ne va pas dans les maisons des mortels. Cela ne se lit que dans les contes… Mais personne n’a jamais logé Jupiter ou Apollon.”

“Parce qu’ils n’existent pas. Mais Dieu, le vrai Dieu, entre dans la maison de l’homme qui croit en Lui et Il y apporte la guérison et la paix.”

“Qui est le vrai Dieu?”

“Celui qui est.”

“Pas Toi? Ne mens pas! Je sens que tu es Dieu…”

“Je ne mens pas, tu l’as dit, je le suis. Je suis le Fils de Dieu venu pour sauver aussi ton âme, comme j’ai sauvé ton esclave aimé. N’est-ce pas lui qui vient t’appeler à grands cris?”

453.9 – Le romain se retourne. Il voit un vieillard suivi par d’autres et qui, enveloppé dans une couverture, accourt en criant:

“Marius! Marius! Mon maître!”

“Par Jupiter! Mon esclave! Comment!… Moi… j’ai dit: Jupiter… Non, je dis: par le Rabbi d’Israël. Moi… Moi…”

L’homme ne sait plus que dire.

Les gens ouvrent volontiers leurs rangs pour laisser passer le vieillard guéri.

“Je suis guéri, maître. J’ai senti un feu dans mes membres et entendu un commandement: “Lève-toi!” Il me semblait que c’était ta voix. Je me suis levé… je tenais debout… J’ai essayé de marcher… j’y réussissais… J’ai touché mes escarres… plus de plaies. J’ai crié. Nérée et Quintus sont accourus. Ils m’ont dit où tu étais. Je n’ai pas attendu d’avoir mes vêtements. Maintenant je puis encore te servir…”

Le vieillard à genoux pleure en embrassant les vêtements du romain.

“Pas à moi. C’est Lui, le Rabbi qui t’a guéri. Il faudra croire, Aquila. Lui, c’est le vrai Dieu. Il a guéri ceux-ci de sa voix, et toi… avec je ne sais quoi… On doit croire… Seigneur… je suis païen mais… voilà… Non. C’est trop peu. Dis-moi où tu vas et je te ferai honneur.”

Il avait offert une bourse, mais il la reprend.

“Je vais sous ce portique sombre, avec eux.”

“Je te donnerai pour eux. Salut, ô Rabbi. Je le raconterai à ceux qui ne croient pas…”

“Adieu. Je t’attends sur les chemins de Dieu.”

Le romain s’en va avec ses esclaves. Jésus s’en va avec ses pauvres et avec les apôtres et les femmes disciples.

Le portique - c’est plutôt un chemin couvert qu’un portique - est ombragé et frais, et la joie est si grande que l’endroit paraît beau, bien que très ordinaire en lui-même. De temps à autre un habitant vient et donne des oboles. L’esclave du romain revient avec une lourde bourse. Et Jésus donne des paroles de Lumière et des réconforts d’argent. Les apôtres reviennent avec des vivres de toutes sortes. Jésus rompt le pain et bénit la nourriture pour la donner aux pauvres, à ses pauvres…