J’ai entendu que l’on me disait: “Nous voudrions être tous tes disciples pour te prêcher”. C’est à tous que je dis: voilà que vous le pouvez. Ces gens qui viennent craintifs, honteux avec leurs vêtements déchirés, leurs visages émaciés, sont ceux qui attendent
la Bonne Nouvelle, celle qui est donnée surtout pour les pauvres, pour qu’ils aient un réconfort surnaturel dans l’espérance d’une vie glorieuse après la réalité de leur triste vie présente. Vous pouvez la mettre en pratique avec assez peu d’efforts matériels, mais avec davantage d’efforts spirituels - car les richesses sont dangereuses pour la sainteté et la justice - ma doctrine.
Eux peuvent la suivre avec leurs peines de toutes sortes. Le pain qui manque, le vêtement insuffisant, le toit inexistant, tout cela les amène à se demander: “Comment puis-je croire que Dieu est pour moi un Père, si je n’ai pas ce qu’a l’oiseau de l’air?” Les duretés du prochain, comment peuvent-elles les amener à croire qu’il faut s’aimer comme des frères? Vous avez l’obligation de les persuader que Dieu est Père et que vous êtes leurs frères par votre amour actif. Il y a une Providence, et vous en êtes les serviteurs, vous, les riches du monde. Considérez que d’être ses intermédiaires c’est le plus grand honneur que Dieu vous fait et l’unique moyen de rendre saintes les richesses dangereuses.
453.5 – Et agissez comme si en chacun d’eux vous me voyiez Moi-même. Moi, je suis en eux. J’ai voulu être pauvre et persécuté pour être comme eux et pour que le souvenir du Christ pauvre et persécuté durât au cours des siècles en jetant une lumière surnaturelle sur ceux qui sont pauvres et persécutés comme le Christ, une lumière qui vous les fasse aimer comme d’autres Moi-même. Et Moi, je suis en fait dans le mendiant que l’on rassasie, dont on calme la soif, que l’on habille, que l’on loge. Je suis dans l’orphelin recueilli par amour, dans le vieillard que l’on secourt, dans la veuve que l’on aide, dans le pèlerin que l’on loge, dans le malade que l’on soigne. Et je suis dans l’affligé que l’on réconforte, dans celui qui doute que l’on rassure, dans l’ignorant que l’on instruit. Je suis où on reçoit l’amour. Et toute chose qui est faite à un frère dépourvu de moyens matériels ou spirituels, c’est à Moi qu’elle est faite Cf. Matthieu 25,31-46. . Car je suis le Pauvre, l’Affligé, l’Homme des Douleurs, et je le suis pour donner Richesse, Joie, Vie surnaturelle à tous les hommes qui bien des fois - ils ne le savent pas mais c’est ainsi - ne sont riches qu’en apparence, et joyeux d’une joie seulement apparente, et qui sont tous pauvres de vraies richesses et de vraies joies, car ils sont sans la Grâce à cause de la Faute d’Origine qui les en prive.
Vous le savez: sans la Rédemption il n’y a pas de Grâce, et sans la Grâce il n’y a pas de joie ni de Vie.
Et Moi, pour vous donner la Grâce et la Vie, je n’ai pas voulu naître roi ou puissant, mais pauvre, mais enfant du peuple, mais humble. En effet la couronne n’est rien, le trône n’est rien, rien la puissance, pour Celui qui vient du Ciel afin de conduire au Ciel, alors que l’exemple est tout ce qu’un vrai Maître doit donner pour donner de la force à sa Doctrine. En effet les plus nombreux ce sont les pauvres et les inférieurs, alors que les puissants et les heureux sont les moins nombreux. Parce que la Bonté est Pitié.
C’est pour cela que je suis venu et que le Seigneur a donné l’onction à son Christ: pour que j’annonce la Bonne Nouvelle à ceux qui sont doux et que je guérisse ceux qui ont le cœur brisé, pour que j’annonce la liberté aux esclaves, la libération aux prisonniers, pour que je console ceux qui pleurent, pour remettre aux enfants de Dieu, aux enfants qui savent rester tels dans la joie comme dans la douleur, leur diadème, le vêtement de justice, et les changer d’arbres sauvages en arbres du Seigneur, en ses champions, en ses gloires Cf. Luc 4,15-21. .
453.6 – Je suis tout pour tous, et je veux les avoir avec Moi dans le Royaume des Cieux, lequel est ouvert à tous pourvu qu’on sache vivre dans la justice. La justice est dans la pratique de la Loi et dans l’exercice de l’amour. À ce Royaume on n’accède pas par les droits de la fortune, mais par l’héroïsme de la sainteté. Que celui qui veut y entrer me suive et fasse ce que je fais: qu’il aime Dieu par-dessus toute chose et son prochain comme Moi je l’aime, qu’il ne blasphème pas le Seigneur, qu’il sanctifie ses fêtes, qu’il honore ses parents, qu’il ne lève pas une main violente sur son semblable, qu’il ne commette pas d’adultère, qu’il ne vole pas son prochain d’aucune façon, qu’il ne fasse pas de faux témoignages, qu’il ne désire pas ce qu’il n’a pas et que les autres possèdent, mais qu’il soit content de son sort en le regardant toujours comme transitoire et comme une route et un moyen pour conquérir un sort meilleur et éternel, qu’il aime les pauvres, les affligés, les petits de la Terre, les orphelins, les veuves, qu’il ne fasse pas d’usure Cf. Décalogue. . Celui qui fera cela, quelle que soit sa nation et sa langue, sa condition et sa fortune, pourra entrer dans le Royaume de Dieu dont Moi j’ouvre les portes.
Venez à Moi, vous tous dont la volonté est droite. Ne vous effrayez pas de ce que vous êtes ou de ce que vous avez été. Je suis l’Eau qui lave le passé et qui fortifie pour l’avenir. Venez à Moi, vous qui êtes pauvres de sagesse. Dans ma parole se trouve la sagesse. Venez à Moi, refaites-vous une vie nouvelle sur d’autres idées. Ne craignez pas de ne pas savoir, de ne pouvoir faire. Ma Doctrine est facile, mon joug est léger Cf. Matthieu 11,28-30. . Je suis le Rabbi qui donne sans demander de compensation, sans demander d’autre compensation que votre amour. Si vous m’aimez, vous aimerez ma Doctrine et par conséquent aussi votre prochain et vous aurez la Vie et le Royaume.
Riches, dépouillez-vous de l’attachement aux richesses et achetez avec elles le Royaume par toutes les œuvres de miséricordieux amour pour le prochain Cf. Luc 16,9. . Pauvres, dépouillez-vous de votre avilissement et venez sur la route de votre Roi. Avec Isaïe, je vous dis: “Vous qui avez soif venez aux eaux, vous qui n’avez pas d’argent venez acheter” Isaïe 51,1-3. . Avec l’amour, vous achèterez ce qui est amour, ce qui est nourriture impérissable, la nourriture qui vraiment rassasie et fortifie.
453.7 – Moi, je m’en vais, ô hommes, ô femmes, ô riches, ô pauvres d’Hippos. Je m’en vais pour obéir à la Volonté de Dieu. Mais je veux partir d’auprès de vous moins affligé que quand je suis entré. C’est votre promesse qui soulagera mon affliction. Pour votre bien, ô riches, pour le bien de votre ville, soyez, promettez-moi d’être, miséricordieux à l’avenir envers les plus petits d’entre vous. Tout est beau, ici. Mais comme le nuage noir d’un orage donne un aspect effrayant à la ville la plus belle, ainsi plane ici, comme une ombre qui fait disparaître la beauté, la dureté de votre cœur. Enlevez-la, et vous serez bénis. Rappelez-vous: Dieu promit de ne pas détruire Sodome s’il s’y était trouvé dix justes Genèse 18,23-33. . Vous ne connaissez pas l’avenir. Moi, je le connais. Et en vérité je vous dis qu’il est lourd de punition, plus qu’un nuage de grêle en été. Sauvez votre ville par votre justice, par votre miséricorde. Le ferez-vous?”
“Nous le ferons, Seigneur, en ton nom. Parle-nous, parle-nous encore! Nous avons été durs et pécheurs. Mais Toi, tu nous sauves. Tu es le Sauveur. Parle-nous…”
“Je serai avec vous jusqu’au soir. Mais je parlerai par mes œuvres. Maintenant que le soleil donne, que chacun aille dans sa maison et méditez mes paroles.”
“Et Toi, où vas-tu, Seigneur? Chez moi! Chez moi!”
Tous les riches d’Hippos veulent l’avoir et ils se disputent presque pour faire valoir le motif pour lequel Jésus doit aller chez celui-ci ou celui-là.
Il lève la main pour imposer silence. Il l’obtient non sans peine. Il dit:
“Je reste avec eux.”
Et il indique les pauvres qui, serrés en tas en marge de la foule, le regardent de l’œil de quelqu’un qui, toujours méprisé, se sent aimé. Et il répète:
“Moi, je reste avec eux pour les consoler et partager le pain avec eux, pour leur donner un avant-goût de la joie du Royaume où le Roi sera assis parmi ses sujets au même banquet d’amour. Et en attendant, puisque leur foi est peinte sur leurs visages et dans leurs cœurs, je leur dis: “Qu’il vous soit fait ce que dans votre cœur vous demandez et que vos âmes et vos corps jubilent dans le premier salut que vous donne le Sauveur”.”
Les pauvres peuvent être au moins une centaine. Les deux tiers au moins d’entre eux sont handicapés, ou bien sont aveugles ou visiblement malades; l’autre tiers, ce sont des enfants qui mendient pour leurs mères veuves ou pour leurs grands-parents… Eh bien, c’est un spectacle prodigieux: les bras estropiés, les hanches disloquées, les échines déformées, les yeux éteints, les gens épuisés qui se traînent, toute la flore douloureuse des maladies et des malheureux provoqués par des accidents de travail ou par des excès de fatigue ou de privation, tout disparaît en reprenant un état normal. Tous ces malheureux se reprennent à vivre et à se sentir capables de se suffire à eux-mêmes. Leurs cris remplissent la vaste place et y résonnent.
453.8 – Un romain se fraie avec peine un passage dans la foule en délire et rejoint Jésus qui, à son tour, se dirige avec peine vers les pauvres qu’il a guéris et qui le bénissent de leur place, ne pouvant fendre la foule compacte.
“Salut, ô Rabbi d’Israël. Ce que tu as fait, est-ce seulement pour ceux de ton peuple?”
“Non, homme, ni ce que j’ai fait, ni ce que j’ai dit. Mon pouvoir est universel parce qu’universel est mon amour. Et ma doctrine est universelle parce que, pour elle, il n’y a pas de castes, ni de religions, ni de nations qui la limitent. Le Royaume des Cieux est pour l’Humanité qui sait croire au vrai Dieu. Et je suis pour ceux qui savent croire dans la puissance du vrai Dieu.”
“Je suis païen, mais je crois que tu es un dieu. J’ai un esclave qui m’est cher, un vieil esclave qui me suit depuis mon enfance. Maintenant la paralysie le tue lentement, en le faisant beaucoup souffrir. Mais c’est un esclave, et peut-être que Toi…”
“En vérité je te dis que je ne connais qu’un seul esclavage qui me donne du dégoût: celui du péché, du péché obstiné. En effet celui qui pèche et se repent rencontre ma pitié.