“Vous, suivez-nous.”
“Oui… mais faites doucement… à cause de Yokhanan” crie l’intendant qui est déjà loin.
443.3 - Le pauvre vieux est dans la maison de Michée. Le premier imbécile venu peut comprendre qu’il est vraiment mourant. Il se tient abandonné, les yeux fermés, les traits déjà relâchés comme quelqu’un qui est en train de mourir. Il a le teint cireux, sauf aux pommettes où la congestion laisse une trace de rouge.
Marziam se penche sur le grabat en appelant:
“Père! Mon père! C’est moi, Marziam! Comprends-tu? Marziam! Jabé! Ton Jabé!… Oh! Seigneur! il ne m’entend plus… Viens ici, Seigneur… Viens ici. Essaie, Toi… Guéris-le… Fais qu’il me voie, qu’il me parle… Mais dois-je voir mourir ainsi tous les miens, sans qu’ils me disent adieu…?”
Jésus s’approche, se penche sur le mourant, lui met une main sur la tête en disant:
“Fils de mon Père, écoute-moi.”
Comme quelqu’un qui sort d’un sommeil profond, le vieillard pousse un profond soupir, ouvre ses yeux déjà vitreux et il regarde vaguement les deux visages penchés sur le sien. Il essaie de parler mais sa langue s’y refuse. Pourtant, un instant il doit avoir reconnu, car il sourit et cherche à prendre les mains des deux pour les porter à ses lèvres.
“Père… j’étais venu… J’ai tant prié pour venir!… Je voulais te dire… que bientôt, nous aurons assez… pour te donner de quoi te libérer… et venir avec moi, chez Simon et Porphyrée qui sont si bons, avec ton Jabé… avec tous…”
Le vieillard réussit à remuer la langue et il dit avec peine:
“Que Dieu les récompense et… qu’il te récompense… Mais c’est tard… Je m’en vais chez Abraham… pour ne plus souffrir…”
Il se tourne vers Jésus, et tout angoissé il demande:
“Oui, n’est-ce pas?”
“Oui, reste en paix!”
Et Jésus se redresse, imposant, pour dire:
“Moi, par mon pouvoir de Juge et de Sauveur, je t’absous de ce que, dans ta vie, tu peux avoir commis de fautes ou d’omissions, et des sentiments de l’âme contre la charité et envers qui t’a haï. Je te pardonne tout, ô fils, va en paix!”
Jésus a étendu les mains en les levant sur le lit, comme s’il était à un autel, Lui prêtre, pour consacrer la victime.
443.4 - Marziam pleure, alors que le vieillard sourit doucement en murmurant:
“On s’endort en paix, grâce à Toi… Merci, Seigneur…”
Et il s’affaisse…
“Père! Père! Oh! il meurt! il meurt! Donnons-lui un peu de miel… il a la langue sèche… il a froid… le miel réchauffe…” crie Marziam.
Et d’une main il essaie de fouiller dans son sac, alors que de l’autre il soutient la tête de l’aïeul qui s’alourdit.
Sur le seuil sont apparus les apôtres… et ils observent silencieux…
“Fais donc, Marziam. Le père, je vais le soutenir” dit Jésus…
Et ensuite, à Pierre: