“Et pour moi qu’il faut faire toute belle pour le Seigneur” dit lentement, en cherchant les mots, Aurea qui depuis un moment est, les pieds nus, debout sur le seuil du jardin.
“Oh! Aurea! Tu nous écoutais?” demande Jésus.
“Je t’écoutais. C’est si beau! Ai-je mal fait?”
“Non, fillette. Il y a longtemps que tu es ici?”
“Non. Et je regrette car je ne sais pas ce que tu as dit avant. Ta Mère m’a envoyé te dire que c’est bientôt l’heure du repas. On va défourner le pain. J’ai appris à le faire, moi… Comme c’est beau! Et j’ai appris à blanchir la toile, et sur le pain et la toile, ta Mère m’a fait deux autres paraboles.”
“Ah! oui? Que t’a-t-elle dit?”
“Que je suis comme une farine qui est encore sur le blutoir Sorte de tamis permettant de séparer la fine farine du son. , mais que ta bonté m’épure, que ta grâce me travaille, et que ton apostolat me forme, que ton amour me cuit et que, de farine grossière mélangée à tant de son, je finirai, si je me laisse travailler par Toi, par être une farine d’hostie, farine et pain de sacrifice, bon pour l’Autel. Et sur la toile qui était sombre, huileuse, rêche, et qui, après tant d’herbe borit Saponaire (litt. " herbe borit ") : elle est communément appelée "herbe à savon". Elle est mentionnée en Jérémie 2,22 comme "herbe de borit" dans la version en usage à l'époque de Maria Valtorta, comme "savon" ou "potasse", ou autres termes semblables dans les versions plus récentes. et tant de coups de mortification était devenue propre et souple, maintenant le soleil enverra ses rayons et elle deviendra blanche…
Et elle dit que c’est ainsi que le Soleil de Dieu fera de moi, si je reste toujours sous le Soleil et si j’accepte les lavages et aussi les mortifications pour devenir digne du Roi des rois, de Toi, mon Seigneur.
434.7 - Que de belles choses j’apprends… Il me semble que je rêve… Beau! Beau! Beau! Tout est beau ici… Ne m’envoie pas ailleurs, Seigneur!”
“N’irais-tu pas volontiers avec Myrta et Noémi?”
“Je préférerais ici… Mais pourtant… même avec elles. Mais pas avec les romains, non, non, Seigneur…”
“Prie, fillette!” dit Jésus en mettant sa main sur les cheveux couleur de miel blond. “As-tu appris la prière?”
“Oh! oui! Qu’il est beau de dire: “Mon Père!” et de penser au Ciel… Mais… la volonté de Dieu me fait un peu peur… parce que je ne sais pas si Dieu veut ce que moi, je veux…”
“Dieu veut ton bien.”
“Oui? Tu le dis? Alors, je n’ai plus peur… Je sens que je resterai en Israël… pour connaître de plus en plus ce Père qui est mien… Et… à être la première disciple de Gaule, ô mon Seigneur!”
“Ta foi sera exaucée parce qu’elle est bonne. Allons…” Et ils sortent tous pour se laver au bassin sous la source, alors qu’Aurea rejoint en courant Marie, et l’on entend les deux voix féminines, la voix de Marie qui s’exprime avec une parfaite aisance, celle incertaine de l’autre qui cherche ses mots, puis des rires pétillants pour quelque erreur de langage que Marie corrige doucement…
“Elle apprend vite et bien, la fillette” observe Thomas.
“Oui, elle est bonne et pleine de bonne volonté.”
“Et puis! Elle a ta Mère pour maîtresse!… Satan lui-même ne lui résisterait pas!…” dit le Zélote.
Jésus soupire sans parler…
“Pourquoi soupires-tu ainsi, Maître? Je n’ai pas bien parlé?”
“Si, très bien. Mais il y a des hommes qui résistent plus que Satan, qui au moins fuit à la vue de Marie. Il y a des hommes qui sont dans son voisinage et qui, instruits par elle, n’arrivent pas à s’améliorer…”
“Mais pas nous, hein?” dit Thomas.
“Pas vous… Allons…”
Ils entrent dans la maison et la vision prend fin.