“Je ferai ainsi, mon Fils. Que soit soulagé ton cœur, ô mon Jésus!… Tu es tellement affligé… Je le comprends… et je voudrais tant faire pour Toi…”

“Et tu fais tant, Maman. Merci pour tout ce que tu fais…”

“Oh! je suis une aide bien pauvre, mon Fils! Parce que je ne réussis pas à te faire aimer, à te donner… de la joie… tant qu’il t’est accordé d’en avoir un peu… Que suis-je donc alors? Une bien pauvre disciple…”

“Maman, Maman! Ne parle pas ainsi! Ma force me vient de tes prières. Mon esprit trouve le repos en pensant à toi et maintenant, voilà, mon Cœur trouve le réconfort en restant ainsi, la tête contre ton cœur béni… Maman!…”

Jésus a attiré près de Lui sa Mère debout près de Lui qui est assis sur un coffre contre le mur, et il appuie son front sur la poitrine de Marie qui caresse doucement ses cheveux… Une pause toute d’amour.

433.6 - Puis Jésus se met debout après avoir levé sa tête. Il dit:

“Allons trouver les autres et la fillette” et il sort avec sa Mère dans le jardin.

Les trois disciples, sur le seuil de la pièce où se trouve la fillette malade, parlent sans arrêt avec les apôtres, mais quand elles voient Jésus elles se taisent en s’agenouillant.

“La paix à toi, Marie d’Alphée, et à vous, Myrta et Noémi. La fillette dort-elle?”

“Oui. La fièvre persiste, l’étourdit et la consume. Si cela continue, elle va mourir. Son tendre corps ne résiste pas à la maladie, et son esprit est troublé par les souvenirs” dit Marie d’Alphée.

“Oui… et elle ne réagit pas, car elle dit qu’elle veut mourir pour ne plus voir les romains…” confirme Myrta.

“C’est une douleur pour nous qui l’aimons déjà!…” dit Noémie.

“Ne craignez pas!” dit Jésus en allant jusqu’au seuil de la chambrette et enlevant le rideau…

Sur le petit lit contre le mur, en face de la porte, apparaît le petit visage amaigri, d’un rouge feu aux pommettes, couleur de neige ailleurs, enseveli dans la masse des longs cheveux dorés. Elle dort fiévreusement, en murmurant entre ses dents des paroles incompréhensibles et, de sa main abandonnée sur les couvertures, elle fait de temps à autre un geste comme pour repousser quelque chose.

Jésus n’entre pas. Il jette sur elle un regard de pitié. Puis il appelle à haute voix:

“Aurea! Viens! Il y a ton Sauveur.”

La fillette s’assoit brusquement sur son petit lit, le voit, et en poussant un cri elle descend et court vers Jésus, dans sa tunique longue et floue, les pieds nus, et elle se jette à ses pieds en disant:

“Seigneur! Oui, maintenant tu m’as vraiment délivrée!”

“Elle est guérie. Vous voyez? Elle ne pouvait mourir car auparavant elle devait connaître la Vérité.”

Et il dit à la fillette qui Lui baise les pieds:

“Lève-toi et vis en paix” et il lui pose la main sur la tête qui n’est plus fiévreuse.

Aurea, dans son long vêtement de lin, peut-être un de la Vierge, si long qu’il lui fait une traîne, ses cheveux défaits retombant comme un manteau sur sa mince personne, avec ses yeux gris-bleu encore brillants de la fièvre qui vient de la quitter, et de la joie qui maintenant se manifeste, paraît un ange.

“Adieu! Nous nous retirons dans l’atelier pendant que vous vous occupez de la fillette et de la maison…” dit le Maître.

Puis, suivi des quatre, il entre dans l’ancien atelier de Joseph pour s’asseoir avec les siens sur les établis qui ne servent plus…