“Il n’y a qu’un sens en fait. Et c’est un sens d’amour, ou de miséricorde si tu ne veux pas l’appeler amour, ou même, si cela te choque de l’appeler ainsi, appelle-le humanité.

Et le Deutéronome dit: “Si tu vois s’égarer la brebis ou le bœuf de ton frère, même s’il n’est pas près de toi, tu ne passeras pas outre, mais tu le lui reconduiras ou tu le lui garderas jusqu’à ce qu’il vienne le reprendre Deutéronome 22,1-2. ”. Il dit: “Si tu vois tomber l’âne ou le bœuf de ton frère, ne fais pas semblant de ne pas l’avoir vu, mais aide-le à le relever Deutéronome 22,4. ”. Il dit: “Si tu trouves parterre ou sur un arbre un nid, avec la mère en train de couver les petits ou les œufs, tu ne prendras pas la mère car elle est consacrée à la procréation, mais tu prendras seulement les petits Deutéronome 22,6-7. ”.

J’ai vu par terre un nid, et une mère qui pleurait sur lui. J’en ai eu pitié, parce que c’était une mère et je lui ai rendu ses petits. Je n’ai pas cru avoir violé le sabbat pour avoir consolé une mère. On ne doit pas laisser s’égarer.la brebis d’un frère, la Loi ne dit pas que ce soit une faute de relever un âne le jour du sabbat. Elle dit seulement qu’il faut user de miséricorde envers le frère et d’humanité envers l’âne, créature de Dieu. J’ai pensé que Dieu avait créé cette mère pour qu’elle procréât et qu’elle avait obéi au commandement de Dieu et que l’empêcher d’élever ses petits, c’était faire obstacle à son obéissance à un commandement divin.

Mais toi, cela, tu ne le comprends pas. Toi et les tiens, vous regardez la lettre et non l’esprit. Toi et les tiens, vous ne pensez pas que vous violez deux et même trois fois le sabbat, en rabaissant la Parole divine à la petitesse de la mentalité humaine, en faisant obstacle à un ordre de Dieu, en manquant de miséricorde à l’égard du prochain. Pour blesser par un reproche, vous ne jugez pas qu’il est mal de parler sans qu’il en soit besoin. Cela, qui est pourtant un travail et qui n’est pas utile, pas nécessaire, pas bon, ne vous paraît pas une violation du sabbat.

430.4 – Yokhanan ben Zacchaï, écoute-moi. Aujourd’hui tu n’as pas pitié d’une fauvette à tête noire, et au nom des pratiques pharisaïques tu la ferais mourir de douleur, et tu ferais périr ses petits laissés à la portée de l’aspic et de l’homme pervers.

Demain, de la même manière, tu n’auras pas pitié d’une mère et tu la feras mourir de douleur en faisant tuer sa descendance en disant qu’il est bien qu’il en soit ainsi par respect pour ta loi, pour la tienne, pas pour celle de Dieu, pour celle que toi et tes pareils vous vous êtes faite pour opprimer les faibles et triompher, vous, les forts. Mais tu vois? Les faibles trouvent toujours un sauveur. Alors que les orgueilleux, ceux qui sont forts selon la loi du monde, seront broyés par le poids même de leur lourde loi.

Adieu, Yokhanan ben Zacchaï. Souviens-toi de cette heure et veille, toi, à ne pas violer un autre sabbat par complaisance envers un crime accompli.”

Et Jésus lance un regard foudroyant sur le visage du vieil homme enflammé de colère, en le regardant de haut en bas, car le scribe est un petit homme replet et Jésus, devant lui, est élancé comme un palmier. Il lui passe à côté, en foulant l’herbe car le scribe ne s’écarte pas.

430.5 – Jésus dit:

J’ai voulu relever ton esprit par une vision vraie, encore qu’elle ne soit pas offerte à la contemplation par les Évangiles.

Pour toi, voici l’enseignement: que j’ai une si grande pitié pour les oiseaux sans nid, même si au lieu de s’appeler fauvettes, elles ont nom Marie ou Jean. Et je m’occupe de leur redonner un nid, quand un événement les en a privés.

Voici l’enseignement pour tout le monde: Trop de gens connaissent les mots de la Loi, trop encore bien qu’ils soient peu nombreux, alors que tous devraient les connaître, mais ils connaissent uniquement les “mots”. Ils ne les vivent pas.

Voilà l’erreur. Le Deutéronome prescrivait des lois d’humanité, car alors les hommes avaient une spiritualité puérile, ils étaient grossiers, à demi-sauvages. Il fallait les conduire par la main par les sentiers fleuris de la pitié, du respect, de l’amour envers le frère qui perd un animal, envers l’animal qui tombe, envers l’oiseau qui couve, pour leur enseigner à s’élever à une pitié, un respect, un amour plus hauts.

Mais quand je suis venu, j’ai perfectionné les règles mosaïques et j’ai ouvert des horizons plus vastes. La lettre n’est plus “le tout”. C’est l’esprit qui est devenu “le tout”; Au-delà d’un petit acte humain envers un nid et ses habitants, il faut voir la réponse que signifie mon geste: m’incliner, Moi, le Fils du Créateur, devant l’œuvre du Créateur. Même cette couvée est son œuvre.

Oh! heureux ceux qui en toute chose savent voir Dieu et le servir avec un esprit d’amour respectueux! Et malheur à ceux qui, semblables au serpent, ne savent pas lever la tête de leur boue, et qui ne pouvant avoir un chant de louange pour Dieu qui se manifeste dans les œuvres des frères, les mordent par exubérance de poison qui les étouffe. Il y en a trop qui torturent les meilleurs, en disant pour justifier leur perversité qu’il est bien de le faire par respect pour la loi, pour leur loi, pas celle de Dieu. Si Dieu ne peut empêcher leurs œuvres méchantes, Il sait aussi venger ses “petits”.

Et que cela aille à qui ce doit être donné.

Que ma paix vigilante soit sur toi.”