“Venez avec le char.”
Et Jésus revient en arrière, suivi par Isaac qui conduit le char, et par les deux femmes.
La fillette s’est allongée sur l’herbe pour y chercher un peu de fraîcheur pour sa grande fièvre…
“Pauvre fille! Mais elle ne va pas mourir, n’est-ce pas?”
“Quelle belle enfant!”
“Chérie, ne crains pas. Je suis une mère, sais-tu? Viens… Soutiens-la, Myrta… Elle vacille… Aide-nous, Isaac… Ici, où elle a moins de secousses… Le sac sous la tête… Mettons nos manteaux par dessous… Isaac, mouille ces linges pour les lui mettre sur le front… Quelle fièvre, pauvre fille!…”
Les deux femmes sont empressées et maternelles. Aurea, étourdie par la fièvre, est pour ainsi dire absente…
427.9 – Tout est en place. Le char peut partir… Isaac, avant de fouetter, se rappelle:
“Maître, si tu vas au pont, tu vas trouver Judas de Kériot. Il t’y attend comme un mendiant… C’est lui qui nous a dit que tu serais passé par ici. Paix à toi, Maître. Nous serons dans la nuit à Nazareth!”
“Paix à Toi, Maître” disent les deux femmes disciples.
“Paix à vous!”…
Le char part au trot…
“Que soit remercié le Seigneur!…” dit Jésus.
“Oui, c’est bien pour la fillette et c’est bien à cause de Judas… Il vaut mieux qu’il ne sache rien…”
“Oui. C’est mieux. Tellement mieux que je demande à votre cœur un sacrifice. Nous nous séparerons avant d’être à Nazareth et vous, du lac, vous irez avec Judas à Capharnaüm, alors qu’avec les frères, Thomas et Simon, j’irai à Nazareth.”
“Nous ferons ainsi, Maître, Et à ceux qui t’attendent, que diras-tu?”
“Qu’il y avait urgence pour nous d’avertir ma Mère de notre arrivée… Allons…” et il rejoint les disciples qui, trop heureux d’avoir le Maître avec eux, ne posent pas de questions.