Jésus ne répond pas… Ils reprennent la marche fatigante à cause de la grande chaleur, de la poussière, de la lumière éblouissante. Puis ils commencent la montée sur les premiers contreforts du Carmel, je crois. Mais bien qu’il y ait plus d’ombre et plus de fraîcheur, Aurea avance lentement en trébuchant souvent.

Barthélemy revient en arrière, près du Maître:

“Maître, la fillette est fiévreuse et épuisée. Comment allons-nous faire?”

Ils se consultent. Faire halte? La porter et continuer? Oui… Non… Enfin ils décident qu’il faut au moins rejoindre la route qui va à Sycaminon pour demander de l’aide à quelque voyageur ayant une monture ou un char. Et ils voudraient bien prendre la fillette dans leurs bras, mais elle, héroïque dans sa volonté de s’éloigner, répète son: “Je peux! Je peux!” et veut marcher toute seule.

Elle est rouge, avec les yeux fiévreux, réellement épuisée. Mais elle ne cède pas… Elle avance lentement, acceptant d’être soutenue par Barthélemy et Philippe… Mais elle marche… Ils sont tous épuisés, mais ils comprennent qu’il est nécessaire de marcher et ils vont…

La colline est franchie. Voici l’autre versant… La plaine d’Esdrelon tout en bas, et au-delà les collines dans lesquelles se trouve Nazareth…

“Si nous ne trouvons pas, nous nous arrêterons chez des paysans…” dit Jésus.

427.8 – Ils vont, ils vont… Arrivés presque à la plaine, ils voient un groupe de disciples. Il y a Isaac d’Ephèse avec sa mère Je ne connais que Jean d'Éphèse, le chef de la synagogue avec Noémi sa mère. Maria Valtorta, voyant un groupe nombreux, a pu faire ce lapsus. Isaac est Isaac de Yutta. , et Abel de Bethléem avec la sienne parmi d’autres dont je ne connais pas les noms. Et il y a pour les femmes un char rustique tiré par un fort mulet. Il y a aussi les bergers Daniel et Benjamin, le passeur Joseph et d’autres.

“C’est la Providence qui nous secours!” s’exclame Jésus et il ordonne de s’arrêter pendant que Lui va parler aux disciples et spécialement aux femmes disciples.

Il les prend en particulier, avec Isaac, et raconte en partie les épreuves d’Aurea:

“Nous l’avons soustraite à un maître immonde… Je voudrais l’amener à Nazareth pour la soigner, car elle est malade de peur et de fatigue. Mais nous n’avons pas de véhicule. Où alliez-vous?”

“À Bethléem de Galilée, chez Myrta. Il est impossible de résister à la chaleur de la plaine” répond Isaac.

“Allez d’abord à Nazareth, je vous le demande par charité. Amenez la fillette à ma Mère et dites-lui que d’ici deux ou trois jours, je serai chez elle. La fillette est fiévreuse, ne faites pas attention à ses délires. Je vous dirai plus tard…”

“Oui, Maître, ce que tu veux. Nous partons de suite. Pauvre fille! Il la frappait?” demandent les trois.

“Il voulait la profaner.”

“Oh!… Quel âge a-t-elle?”

“Treize ans environ…”

“Le lâche! L’immonde! Mais nous l’aimerons. Nous sommes des mères, n’est-ce pas, Noémi?”

“Certainement, Myrta, Seigneur, tu la prends comme disciple?”

“Je ne sais pas encore…”

“Si tu la gardes, nous sommes ici. Moi, je ne retourne pas à Éphèse. J’ai envoyé des amis pour tout liquider. Je reste avec Myrta… Souviens-toi de nous, pour la fillette. Tu as sauvé nos fils. Nous voulons la sauver.”

“Nous verrons par la suite…”

“Maître, les deux disciples donnent toute garantie de sainteté…” plaide Isaac.

“Cela ne dépend pas de Moi… Priez beaucoup et taisez-vous avec tout le monde. Vous entendez? Avec tout le monde.”

“Nous nous tairons.”