“Même le romain? Alors ce n’est pas un Dieu bon. J’ai peur!”
“Dieu est bon et il donne des ordres qui sont bons, et il avait donné aux hommes l’ordre de ne pas faire de guerres, de ne pas faire d’esclaves, de laisser les petites à leurs mères et de ne pas épouvanter les fillettes. Mais les hommes n’écoutent pas toujours les ordres de Dieu.”
“Toi, oui, pourtant…”
“Moi, oui.”
“Mais s’il est plus fort que tous, pourquoi ne se fait-il pas obéir? Et comment parle-t-Il s’il n’est pas homme?”
“Dieu… Oh! Maître!…”
“Va de l’avant, Barthélemy. Tu es un maître si sage, tu sais exprimer avec simplicité les pensées les plus élevées, et tu as peur? Ne sais-tu pas que l’Esprit-Saint est sur les lèvres de ceux qui enseignent la justice?”
“Cela semble si facile quand on t’écoute… et toutes tes paroles sont ici dedans… Mais pour les faire sortir quand on doit faire ce que tu fais!… Oh! misère de nous, pauvres hommes! Quels maîtres de rien!”
“Reconnaître votre rien, c’est vous disposer à l’enseignement de l’Esprit Paraclet…”
“C’est bien. Écoute, enfant. Dieu est fort, très fort, plus que César, plus que tous les hommes ensemble avec leurs armées et leurs machines de guerre. Mais ce n’est pas un maître impitoyable, qui fait toujours dire oui sous peine du fouet pour qui ne le dit pas. C’est un père, Dieu. Ton père t’aimait-t-il bien?”
“Tellement! Il m’a appelée Aurea Galla parce que l’or est précieux et que la Gaule c’est la patrie De 16 à 7 av. JC. La Rhétie (régions avoisinant le Tyrol) et le pays des Ligures Comati (Alpes maritimes) furent conquis. Aurea Galla est donc probablement d'origine alpine. Le père d'Aurea, capturé dans sa jeunesse, devait avoir de 30 à 40 ans au moment de sa naissance. , et il disait que je lui étais plus chère que l’or qu’il avait possédé autrefois et que la patrie…”
“Ton père te donnait le bâton?”
“Non. Jamais. Même si j’étais méchante, il me disait: “Ma pauvre fille!” et il pleurait…”
“Voilà! C’est ainsi que Dieu fait. Il est Père, Il nous aime et Il pleure si nous sommes mauvais, mais Il ne nous force pas à obéir. Pourtant celui qui est mauvais sera châtié un jour par des supplices horribles…”
“Oh! très bien! Le maître qui m’a enlevée à ma mère et amenée dans l’île, et le romain dans les supplices! Et je les verrai?”
“Et tu le verras d’auprès de Dieu, si tu crois en Lui et si tu es bonne. Mais pour être bonne, tu ne dois pas haïr, même le romain.”
“Non? Comment faire?!…”
“Prier pour lui ou…”
“Qu’est-ce que c’est prier?”
“Parler à Dieu en Lui disant ce que nous voulons…”
“Mais moi, je veux une mauvaise mort pour les maîtres!” dit la fillette avec une violence sauvage.
“Non, tu ne dois pas. Jésus ne t’aime pas si tu parles ainsi…”
“Pourquoi?”
“Parce qu’on ne doit pas haïr celui qui nous a fait du mal”
“Mais je ne peux pas les aimer…”