“Dis-moi c’est quoi Dieu? Et. pourquoi Lui est Dieu? Parce qu’il est beau et bon?”
“Dieu… Comment faire pour te l’apprendre à toi qui es tellement vide de toute idée religieuse?”
“Religieuse? Qu’est-ce que c’est?”
“Très Haute Sagesse! Je suis comme quelqu’un qui se noie dans une mer immense! Comment faire devant cet abîme?”
“C’est si simple, Barthélemy, ce qui te paraît difficile. C’est un abîme, oui, mais il est vide, et tu peux le combler avec le Vrai. C’est pire quand les abîmes sont remplis de boue, de poisons, de serpents… Parle avec la simplicité dont tu userais avec un enfant. Et elle te comprendra mieux que ne le ferait un adulte.”
“Oh! Maître! Mais ne pourrais-tu le faire, Toi?”
“Je le pourrais. Mais la fillette acceptera les paroles de l’un de ses semblables plus facilement que mes paroles de Dieu. Et d’autre part… c’est devant ces abîmes que vous vous trouverez dans l’avenir, pour les emplir de Moi. Vous devez aussi apprendre à le faire.”
“C’est vrai! Je m’y essaierai. Écoute, fillette… Te souviens-tu de ta mère, toi?”
“Oui, seigneur, depuis sept printemps les fleurs ont fleuri sans qu’elle soit près de moi. Mais avant, j’étais avec elle.”
“C’est bien. Et tu t’en souviens? Tu l’aimes bien?”
“Oh!”
Un sanglot qui accompagne l’exclamation, dit tout.
“Ne pleure pas, pauvre enfant. Écoute…l’amour que tu as pour la mère…”
“…et le père… et les petits frères…” dit en sanglotant la fillette.
“Oui, pour ta famille, l’amour pour ta famille, ta pensée qui va vers elle, le désir de retourner vers elle…”
“Jamais plus!!…”
“Tout cela c’est une chose que l’on peut appeler la religion de la famille. Les religions, les idées religieuses par conséquent, ce sont l’amour, la pensée et le désir d’aller là où se trouve Celui ou ceux en qui nous croyons, que nous aimons et désirons.”
“Ah! Et si je crois en ce Dieu-là, j’aurai une religion… C’est facile!”
“Bien. Qu’est-ce qui est facile? Avoir une religion ou bien croire en ce Dieu-là?”
“Ceci et cela. Car on croit facilement en un Dieu bon comme Lui. Le romain en nommait une quantité et il jurait… il disait: “par la déesse Vénus!”, “par le dieu Cupidon!”. Mais ce devait être des dieux qui n’étaient pas bons car lui, en les nommant, faisait des choses qui n’étaient pas bonnes.”
“Elle n’est pas stupide la fillette” commente Pierre à voix basse.
427.4 – “Mais moi, je ne vois pas encore ce qu’est Dieu. Je le vois homme comme toi… C’est un homme, Dieu, alors? Et comment alors peut-on le comprendre? En quoi est-il plus fort que tous? il n’a ni épée, ni serviteurs…”
“Maître, aide-moi…”
“Mais non, Nathanaël! Tu enseignes si bien…”
“Tu le dis par bonté… Tâchons en tout cas d’aller de l’avant. Écoute, fillette… Dieu n’est pas un homme. il est comme une lumière, un regard, un son, si grand qu’il emplit ciel et terre, et éclaire tout, voit tout, instruit tout et commande tout…”