“Par Moi. Tu exiges que je fasse tout. Mais je suis Dieu, et je respecte ton libre arbitre. Je te donnerai la force pour arriver à “vouloir”. Mais vouloir n’être pas esclave, cela doit venir de toi.”

“Je le veux! Je le veux!! Mais ne va pas à Césarée! N’y va pas!

422.6 – Écoute-moi, comme tu as écouté Jean quand tu voulais aller à Acor Cf. EMV 379.2. . Nous avons tous les mêmes droits. Nous te servons tous de la même manière. Tu es obligé de nous satisfaire; à cause de ce que nous faisons… Traite-moi comme Jean! Je le veux!! Quelle différence y a-t-il entre lui et moi?”

“Il y a l’esprit! Mon frère n’aurait jamais parlé comme tu parles. Mon frère ne…”

“Silence, Jacques. C’est Moi qui parle et à tous. Et toi, lève-toi et comporte-toi en homme, comme Moi je te traite, non comme un esclave qui gémit aux pieds de son maître. Sois homme, puisque tu tiens tant à être traité comme Jean qui, en vérité, est plus qu’un homme parce qu’il est chaste et qu’il est saturé de Charité.

Allons, il est tard et je veux passer le fleuve à l’aube. C’est à cette heure que les pêcheurs rentrent ayant retiré les nasses, et il est facile de trouver une embarcation. La lune en ses derniers jours lève toujours plus haut son fin croissant. Nous pouvons, grâce à sa plus grande lumière, aller plus vite.

422.7 – Écoutez. En vérité je vous dis que personne ne doit se vanter de faire son propre devoir et exiger pour cela, qui est un devoir, des faveurs spéciales.

Judas a rappelé que vous m’avez tout donné; et il m’a dit qu’en retour j’ai le devoir de vous satisfaire pour ce que vous faites.

Mais rendez-vous un peu compte. Parmi vous, il y a des pêcheurs, des propriétaires terriens, plus d’un qui possède un atelier, et le Zélote qui avait un serviteur. Eh bien, quand les garçons de la barque, ou les hommes qui comme serviteurs vous aidaient à l’oliveraie, à la vigne ou dans les champs, ou les apprentis de l’atelier, ou simplement le serviteur fidèle qui s’occupait de la maison ou de la table, avaient fini leur travail, vous mettiez-vous par hasard à les servir?

Et n’en est-il pas ainsi dans toutes les maisons et toutes les affaires?

Quel homme, ayant un serviteur qui laboure ou qui fait paître, ou un ouvrier à l’atelier, lui dit quand il a fini le travail: “Va tout de suite à table”? Personne. Mais soit qu’il revienne des champs, soit qu’il ait déposé ses outils, tout patron dit: “Fais-moi à manger, mets-toi en tenue et, avec des vêtements propres, sers-moi pendant que je mange et bois. Après, tu mangeras et boiras”. Et on ne peut pas dire que cela soit dureté de cœur. En effet le serviteur doit servir son maître et le maître ne lui a pas d’obligation, parce que le serviteur a fait ce que son maître au matin lui avait commandé. En effet, si le maître a le devoir d’être humain avec son propre serviteur, le serviteur a aussi le devoir de ne pas être paresseux et dissipateur, mais de coopérer au bien-être de celui qui l’habille et le nourrit. Supporteriez-vous que vos mousses, vos ouvriers agricoles ou autres, votre domestique, vous disent: “Sers-moi, puisque j’ai travaillé”? Je ne crois pas.

De même vous, en regardant ce que vous avez fait et ce que vous faites pour Moi - et, dans l’avenir, en regardant ce que vous ferez pour continuer mon œuvre et continuer à servir votre Maître - vous devez toujours dire, parce que vous verrez aussi que vous avez toujours fait beaucoup moins que ce qu’il était juste de faire pour être au pair avec tout ce que vous avez eu de Dieu: “Nous sommes des serviteurs inutiles car nous n’avons fait que notre devoir”. Si vous raisonnez ainsi, vous ne sentirez plus de prétentions ni de mécontentements s’élever en vous, et vous agirez avec justice.”

Jésus se tait. Tous réfléchissent.

422.8 – Pierre donne un coup de coude à Jean qui réfléchit en tenant ses yeux bleu clair fixés sur les eaux, qui de la couleur indigo passent à l’argent azuré sous les rayons de la lune, et il lui dit:

“Demande-lui quand quelqu’un fait plus que son devoir. Moi, je voudrais arriver à faire plus que mon devoir…”

“Moi aussi, Simon. Je pensais justement à cela” lui répond Jean avec son beau sourire sur les lèvres, et il demande à haute voix:

“Maître, dis-moi: l’homme, ton serviteur, ne pourra-t-il jamais faire plus que son devoir pour te dire avec ce plus, qu’il t’aime complètement?”

“Enfant, Dieu t’a tant donné, qu’en toute justice, ton héroïsme serait toujours peu, Mais le Seigneur est si bon qu’Il ne mesure pas ce que vous Lui donnez avec sa mesure infinie, mais qu’Il le mesure avec la mesure limitée de la capacité humaine.

Et quand Il voit que vous avez donné sans parcimonie, avec une mesure comble, débordante, généreuse, alors Il dit: “Ce serviteur m’a donné plus que son devoir ne lui imposait; Aussi Je lui donnerai la surabondance de mes récompenses”.

“Oh! Comme je suis content! Moi, alors, je te donnerai une mesure débordante pour avoir cette surabondance!” s’écrie Pierre.

“Oui, tu me la donneras, vous me la donnerez. Tout homme aimant la Vérité, la Lumière, me la donnera. Et ils seront avec Moi surnaturellement heureux.”