“Et là, qui t’a frappé?”

“Je m’étais approché de la maison d’un sadducéen Les sadducéens : Leur nom vient du prêtre Sadoq, placé par Salomon à la tête du clergé de Jérusalem. À l'époque de Jésus les sadducéens étendent leur emprise sur le corps sacerdotal et sur les notables de la société. Selon Flavius Josèphe "Ceux de cette secte sont en petit nombre mais elle est composée des personnes de la plus grande condition". Ils s'en tiennent à une lecture restrictive de la Torah et refusent toute interprétation. C'est ainsi qu'ils nient l'immortalité de l'âme, non mentionnée explicitement dans l'Écriture. En conséquence, il n'y a pas de châtiments ou de récompenses dans l'autre monde. De même ils nient l'existence des anges et des esprits. Pour eux n'existe que la vie terrestre durant laquelle il convient de respecter les lois sacrées pour jouir d'un bonheur terrestre. Selon Maria Valtorta, Judas qui fut fonctionnaire du Temple avant d'être disciple, partageait leurs croyances : il ne croyait ni à l'enfer, ni à Satan (cf. EMV 356.4). Au Sanhédrin, le collège des prêtres était très majoritairement sadducéen et hostile à Jésus. Cependant cinq de ses membres, tous anciens Grands Prêtres manifestèrent sympathie ou neutralité envers Jésus. Extraits du Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, 2012, éditions Salvator. , où il y avait un banquet, pour demander les restes des tables, après que les chiens en avaient pris le meilleur. Il me vit et lança les chiens contre moi. L’un d’eux m’a déchiré la cuisse Cette anecdote rappelle la parabole de Lazare et du mauvais riche (Luc 16,19-31). Elle est rapportée en EMV 191.5. .”

“Et cette grande cicatrice qui t’a estropié la main?”

“C’est un coup de bâton qui m’a été donné par un scribe, il y a trois ans. Il reconnut que j’étais samaritain et il me frappa en me brisant les doigts. Ainsi je ne peux pas travailler. Ma main droite estropiée, une jambe morte, comment puis-je gagner ma vie?”

“Mais pourquoi sors-tu de la Samarie?”

“Le besoin est une vilaine chose, Maître. Nous sommes beaucoup de malheureux, et il n’y a pas de pain pour tous. Si tu m’aidais…”

“Que veux-tu que je te fasse?”

“Guérir pour travailler.”

“Crois-tu que je puisse le faire”

“Oui, je le crois, car tu es le Fils de Dieu.”

“Tu crois cela?”

“Je le crois.”

“Toi, samaritain, tu le crois? Pourquoi?”

“Pourquoi, je ne le sais pas. Je sais que je crois en Toi et en Celui qui t’a envoyé. Maintenant que tu es venu, il n’y a plus de différence d’adoration. Il suffit de t’adorer pour adorer ton Père, Seigneur éternel. Là où tu es, là est le Père.”

416.5 – “Amis, entendez-vous? (Jésus se tourne vers les disciples). Cet homme parle par la vertu de l’Esprit Saint qui lui éclaire la vérité. Et lui, en vérité, est supérieur aux scribes et aux pharisiens, aux sadducéens cruels, à tous ces idolâtres qui se disent mensongèrement les fils de la Loi. La Loi dit qu’après Dieu, il faut aimer le prochain. Et ces gens, au prochain qui souffre et demande du pain, donnent des coups, contre le prochain qui supplie, ils lancent des chevaux et des chiens, contre le prochain qui s’abaisse plus bas que les chiens du riche, ils lancent les chiens eux-mêmes pour le rendre plus malheureux encore que l’infirmité ne le faisait. Méprisants, cruels, hypocrites*, ils ne veulent pas* que Dieu soit connu et aimé. S’ils le voulaient, ils le feraient connaître à travers leurs œuvres, comme celui-ci l’a dit.

Ce sont les œuvres et non les pratiques, qui font voir Dieu vivant dans le cœur des hommes et qui mènent les hommes à Dieu.

Et, ô Judas, toi qui me reproches d’être imprudent, je ne devrais pas, je ne devrais pas les frapper par mes reproches? Me taire, faire semblant que je les approuve, ce serait approuver leur conduite. Non. Pour la gloire de Dieu, je ne puis, Moi, son Fils, permettre que les humbles, les malheureux, ceux qui sont bons croient que Moi j’approuve leurs péchés. Je suis venu pour faire des gentils des fils de Dieu, mais je ne puis le faire si eux voient que les fils de la Loi — ils se disent tels, mais ce sont des bâtards — pratiquent un paganisme plus coupable que le leur. En effet ces hébreux ont connu la Loi de Dieu et maintenant ils crachent dessus, comme des animaux immondes, le dégorgement de leurs passions satisfaites. Dois-je croire, Judas, que tu es comme eux? Toi qui me fais un reproche des vérités que je dis? Ou dois-je penser que tu es inquiet pour ta vie? Celui qui me suit ne doit pas avoir de préoccupations humaines. Moi, je l’ai dit. Il est encore temps, Judas, de choisir entre ma route et celle des juifs que tu approuves. Cependant réfléchis: la mienne mène à Dieu, l’autre à l’Ennemi de Dieu. Réfléchis et décide, mais sois franc.

416.6 – Et toi, ami, lève-toi et marche. Enlève ces bandes. Retourne chez toi. Tu es guéri à cause de ta foi.”

Le mendiant le regarde étonné. Il n’ose pas essayer d’allonger la main… puis il essaye. Elle est intacte, redevenue identique à la main gauche. Il laisse de côté le bâton, appuie les mains sur le tas de pierre et fait un effort. Il se lève. Il se tient debout. La paralysie qui déformait la jambe est guérie. Il remue la jambe, la plie… il fait un pas, deux, trois. Il marche… Il regarde Jésus, en poussant un cri et en pleurant de joie. Il enlève la bande de sa tête. Il se tâte du côté de l’occiput où se trouvait le trou infecté. Plus rien. Tout est guéri. Il arrache de la hanche le chiffon taché de sang: la peau est intacte.

“Maître, Maître et mon Dieu!” crie-t-il en levant les bras et en se jetant ensuite à genoux pour baiser les pieds de Jésus.

“Va à ta maison maintenant, et crois toujours dans le Seigneur.”

“Et que dois-je faire, mon Maître et mon Dieu, si ce n’est te suivre Toi qui es saint et bon? Ne me repousse pas, Maître…”

“Va en Samarie et parle de Jésus de Nazareth. L’heure de la Rédemption est proche. Sois mon disciple auprès de tes frères. Va en paix.”

Jésus le bénit et puis ils se séparent. L’homme guéri s’en va agilement vers le nord, en se retournant de temps à autre pour regarder encore.

Jésus, avec les apôtres, quitte la route et ils pénètrent dans des champs incultes vers l’orient par un sentier qui coupe la grand-route et qui ne s’élargit que beaucoup plus loin. Peut-être la route de Jéricho. Je ne sais pas.

[…]