Mais il fait signe à André et à Jacques de Zébédée qui sont avec Lui, pendant que les autres sont allés à la maison de Nicodème, de ne pas faire tout un manège pour faire comprendre à la femme que le Rabbi Jésus est celui qui lui parle.
“Certes que je fais bien. Moi, je veux être exempte du péché de ne pas l’avoir aimé et cru… Ils disent que c’est le Christ… Moi, je ne le connais pas, mais je veux croire car je pense qu’il arrivera malheur à ceux qui ne veulent pas le reconnaître comme tel.”
“Et si ses disciples se trompaient?” dit Jésus pour la tenter.
“Cela ne peut-être, Seigneur. Ils sont trop bons, humbles et pauvres pour penser qu’ils suivent quelqu’un qui n’est pas saint. Et puis… J’ai parlé avec des gens guéris par Lui. Ne fais pas le péché de ne pas croire, Seigneur! Tu damnerais ton âme… Enfin… moi je pense que, même si nous nous trompions tous et si Lui n’était pas le Roi promis, il est certainement saint et ami de Dieu, s’il dit ces paroles et guérit les âmes et les corps… Et avoir de l’estime pour les bons, cela fait toujours du bien.”
“Tu as bien parlé, persiste dans ta foi…
407.4 – Voilà Nicodème…”
“Oui. Avec des disciples du Rabbi. En effet ils sont dans les campagnes en train d’évangéliser les moissonneurs. Pas plus tard qu’hier, nous avons mangé de leur pain.”
Nicodème, en vêtements courts, avance pendant ce temps sans apercevoir le Maître et il ordonne aux paysans de ne pas enlever un seul des épis qu’ils ont coupés. “Pour nous, nous en avons, du pain… Donnons le don de Dieu à ceux qui en sont privés. Et donnons-le sans crainte. Nous aurions pu avoir les moissons détruites par une gelée tardive. Il ne s’en est pas perdu un grain. Rendons à Dieu son pain en le donnant à ses enfants malheureux. Et je vous assure qu’elle sera encore plus fructueuse, à mille pour cent, la récolte de l’année prochaine parce que Lui a dit: “Une mesure débordante sera donnée à celui qui a donné” Luc 6, 38 | EMV 171.4. .
Les paysans, respectueux et joyeux, écoutent et approuvent le Maître. Et Nicodème, de champ en champ, de groupe en groupe, répète son bon ordre.
Jésus, à demi caché par un rideau de roseaux près d’un fossé de séparation, approuve et sourit. Il sourit d’autant plus que Nicodème approche davantage et est imminente la rencontre et la surprise.
Le voilà qui saute le petit fossé pour aller vers d’autres champs… Et voilà qu’il reste pétrifié en face de Jésus qui lui tend les bras.
Il retrouve enfin la parole:
“Maître saint, mais comment donc chez moi, Toi bénit?”
“Pour te connaître, s’il y en avait encore besoin, par les paroles de tes témoins les plus vrais: ceux que tu combles de bienfaits…”
Nicodème est à genoux, courbé jusqu’au sol, et à genoux aussi les disciples dirigés par Etienne et Joseph d’Emmaüs de la montagne. Les paysans comprennent, les pauvres comprennent, et tous sont à terre, dans leur stupeur pleine de vénération.
“Levez-vous. Jusqu’à tout à l’heure, j’étais le voyageur qui inspire confiance… Voyez-moi encore comme tel, et aimez-moi sans peur.
407.5 – Nicodème, j’ai envoyé chez toi les dix (apôtres) qui manquent…”
“J’ai passé la nuit dehors pour veiller à ce que fût exécuté un ordre…”
“Oui. Dieu te bénit pour cet ordre. Quelle voix t’a dit que c’est une année de grâce, et pas l’année qui vient, par exemple?”
”…Je ne sais pas… et je sais… Je ne suis pas prophète. Mais je ne suis pas obtus et à mon intelligence s’est unie une lumière du Ciel. Mon Maître… je voulais que les pauvres jouissent des dons de Dieu, pendant que Dieu est encore parmi les pauvres… Et je n’osais pas espérer te posséder, pour donner une suave saveur et une puissance sanctificatrice à ces blés, à mes olives, et aux vignes et aux vergers qui seront pour les pauvres enfants de Dieu, mes frères… Mais maintenant que tu es ici, lève ta main bénie et donne ta bénédiction, afin que, avec la nourriture de la chair, descende sur ceux qui s’en nourriront la sainteté qui émane de Toi.”
“Oui, Nicodème, c’est un juste désir que le Ciel approuve.”
Et Jésus ouvre les bras pour bénir.
“Oh! Attends! Que j’appelle les paysans” et avec un sifflet, il siffle par trois fois, un sifflement aigu qui se répand dans l’air tranquille et provoque la course des moissonneurs, des glaneurs, des curieux qui arrivent de tous côtés. Une petite foule…
Jésus ouvre les bras et dit:
“Par la vertu du Seigneur, par le désir de son serviteur, que la grâce du salut de l’esprit et de la chair descende dans chaque graine, chaque grain de raisin, et toute olive ou en tout fruit, qu’elle rende prospères et sanctifie ceux qui s’en nourrissent avec un esprit bon. pur de concupiscence et de haine, et désireux de servir le Seigneur en obéissant à sa divine et parfaite Volonté.”