“Et si un jour on se trouve sans pain et que l’on est accusé de violer la Loi parce qu’on égrène des épis comme font les moineaux?” Référence à l'incident des épis cueillis le jour du sabbat dans la plaine d'Ascalon (EMV 217) : le sabbat est fait pour l'homme…

“As-tu jamais manqué de quelque chose, Judas? De quelque chose d’essentiel depuis que tu es avec Moi? Es-tu quelquefois tombé de langueur sur la route?”

“Non, Maître.”

“Quand je t’ai dit: “Viens” t’ai-je promis du confort et des richesses? Et dans mes paroles à ceux qui m’écoutent ai-je jamais dit que je donnerai aux “miens” des avantages sur la Terre?”

“Non, Maître.”

“Et alors, Judas? Pourquoi es-tu à ce point changé? Ne sais-tu pas, ne sens-tu pas que ton mécontentement, ta froideur me donnent de la douleur? Ne vois-tu pas que ce mécontentement se communique à tes frères? Pourquoi, Judas, ami, toi appelé à un pareil sort, toi venu avec tant d’enthousiasme à mon amour et à ma Lumière, m’abandonnes-tu maintenant?”

“Maître, moi je ne t’abandonne pas. Je suis celui qui se soucie le plus de Toi, de tes intérêts, de ta réussite. Je voudrais te voir triompher partout, crois-le.”

“Je le sais. Humainement tu veux cela. C’est déjà beaucoup. Mais ce n’est pas cela que je veux, Judas, mon ami… Je suis venu pour bien autre chose qu’un triomphe humain et une royauté humaine…

Je suis venu, non pas pour donner à des amis des bribes d’un triomphe humain, mais pour vous donner une récompense large, bien tassée, abondante, une récompense qui n’est plus une récompense tellement elle est pleine: c’est, une participation à mon Règne éternel, c’est une union dans les droits des fils de Dieu… Oh! Judas! Pourquoi ce sublime héritage ne t’exalte-t-il pas? On y accède par le renoncement, mais il ne connaît pas de crépuscule.

406.4 – Viens encore plus près, Judas. Tu le vois? Nous sommes seuls. Les autres ont compris que je voulais te parler, à toi, distributeur de mes… richesses, des aumônes que le Fils de l’Homme, que le Fils de Dieu reçoit pour les donner au nom de Dieu et de l’Homme à l’homme. Ils sont rentrés. Nous sommes seuls, Judas, dans cette heure si douce du soir dans laquelle nos cœurs volent vers nos maisons lointaines, vers nos mères qui certainement, en préparant leur souper solitaire, pensent à nous et caressent de la main la place où nous nous assoyions avant cette heure de Dieu en laquelle le Vouloir très Saint nous a pris pour le faire aimer en esprit et en vérité. Nos mères! La mienne, si sainte et si pure, qui vous aime tant et prie pour vous, amis de son Jésus… La mienne, qui n’a que cette paix dans l’angoisse de sa Maternité de Mère du Christ: celle de me savoir entouré de votre affection… Ne décevez pas, ne blessez pas ce cœur de Mère, amis. Ne le brisez pas par une seule mauvaise action! Ta mère, Judas. Ta mère, la dernière fois que nous sommes passés par Kérioth, elle n’en finissait pas de me bénir et elle voulait me baiser les pieds parce qu’elle est heureuse que son Judas soit dans la Lumière de Dieu, et elle me disait: “Oh! Maître! Rends-le saint mon Judas! Que veut un cœur de mère, sinon le bien de son enfant? Et quel bien qui soit plus grand que le Bien éternel?”

En effet quel bien plus grand, Judas, que celui auquel je veux vous amener et auquel on arrive en suivant mon Chemin? C’est une sainte femme que ta mère, Judas, une vraie fille d’Israël. Je n’ai pas voulu qu’elle me baise les pieds, car vous êtes mes amis et parce que dans toutes vos mères, dans toute mère bonne, je vois la mienne, Judas. Et je voudrais que vous, dans la vôtre, vous voyiez la mienne dans son redoutable destin de Corédemptrice La note doctrinale Mater populi fidelis du 4 novembre 2025 ne met pas en doute la participation de Marie à la Rédemption ; elle rappelle simplement qu'il faut une terminologie qui respecte la primauté du Rédempteur : Jésus. Le terme corédemptrice, bien qu'historique et bien qu'ayant remplacé le terme plus ancien de Rédemptrice dans l'usage liturgique, lui semble porteur d'ambigüité et donc d'usage inopportun. Cependant cette discipline de langage ne doit pas occulter la participation Marie à la Rédemption. Marie est la première et la plus parfaite coopératrice du Christ, la "nouvelle Ève" qui, par son "oui", rend possible l'incarnation et, par sa maternité spirituelle, continue d'intercéder pour l'humanité. Les affirmations des encycliques et d'autres écrits, antérieurs à cette note, restent valables lorsqu'elles sont comprises à la lumière de cette coopération subordonnée, et non comme une attribution d'un pouvoir rédempteur égal à celui de Jésus. , et vous ne voudriez pas, non, vous ne voudriez pas la tuer parce que… parce qu’il vous semblerait tuer la vôtre.

406.5 – Judas, ne pleure pas. Pourquoi pleurer? Si tu n’as rien sur le cœur qui soit un remords envers ta mère et la mienne, pourquoi répandre ces larmes? Viens ici, mets ta tête sur mon épaule et dis à ton Ami ton angoisse. Tu as manqué? Tu te sens près de manquer?

Oh! ne reste pas seul! Triomphe de Satan avec l’aide de Celui qui t’aime. Je suis Jésus, Judas. Je suis le Jésus qui guérit les malades et qui chasse les démons. Je suis le Jésus qui sauve… et qui t’aime tant, et qui se tourmente de te voir ainsi affaibli. Je suis le Jésus qui enseigne à pardonner soixante-dix fois sept fois. Mais Moi, Moi, en ce qui me concerne, ce n’est pas soixante-dix fois, mais sept cent fois, sept mille fois sept fois que je vous pardonne… et il n’y a pas de faute. Judas, il n’y a pas de faute. Judas, il n’y a pas de faute. Judas, que Moi je ne pardonne, que Moi je ne pardonne, que Moi je ne pardonne si le coupable repentant me dit: “Jésus, j’ai péché”. Moins encore: s’il dit seulement: “Jésus!”. Encore moins: s’il me regarde seulement, suppliant. Et les premières fautes que je pardonne, sais-tu, ami, à qui je les pardonne? Aux plus coupables et aux plus repentis. Et les toutes premières que je pardonne, sais-tu quelles elles sont: celles faites contre Moi.

Judas?… Tu ne trouves pas un mot à répondre à ton Maître?… Si lourde est ton angoisse qu’elle te coupe la parole? Crains-tu que je te dénonce? Ne le crains pas! Il y a si longtemps que je veux te parler ainsi, en te tenant sur mon cœur, comme deux jumeaux dans un seul berceau, enfantés ensemble, presque une seule chair, deux enfants qui ont échangé entre eux les seins tièdes et senti le goût de la salive du frère en même temps que la douceur du lait maternel. Maintenant je te possède et je ne te quitte pas jusqu’à ce que tu me dises que je t’ai guéri. Ne crains pas, Judas. C’est une confession que je veux. Mais tes compagnons penseront que c’est un colloque d’amour, tant rayonneront de paix réciproque, d’amour réciproque nos visages après ce colloque. Et je ferai en sorte qu’ils le croient de plus en plus en te tenant contre ma poitrine ce soir au souper, en trempant mon propre pain et en te le présentant comme à un préféré, et c’est à toi le premier que je donnerai la coupe après avoir rendu grâces à Dieu. Tu seras le roi du banquet, Judas, et tu le seras réellement. Épouse de l’Époux tu seras, ô âme que j’aime, si tu te rends pure et libre, en déposant ta poussière en mon sein purificateur.

406.6 – Tu ne parles pas encore pour me dire ton chagrin?”

“Tu m’as parlé avec tant de douceur… de la mère… de la maison… de ton amour… Un moment de faiblesse… Je suis tellement las!… Et il me semblait que tu ne m’aimais plus ainsi depuis quelque temps…”

Non. Ce n’est pas cela. Dans tes paroles il n’y a qu’une seule vérité, et c’est que tu es las. Pas de la route, de la poussière, du soleil, de la boue, de la foule. Tu es las de toi. Ton âme est lasse de ta chair et de ton esprit. Si lasse qu’elle finira par s’éteindre de lassitude mortelle. Pauvre âme que Moi j’ai appelée aux splendeurs éternelles! Pauvre âme qui sait que je t’aime, et qui te reproche de l’arracher à mon amour! Pauvre âme qui te reproche, inutilement, comme Moi je te caresse inutilement de mon amour, d’agir sournoisement avec ton Maître. Mais ce n’est pas toi qui agis. C’est celui qui te hait et qui me hait. C’est pour cela que je te disais: “Ne reste pas seul”. Eh bien, écoute. Mes nuits, tu sais que je les passe en grande partie à prier. Si un jour tu sens en toi le courage d’être un homme et la volonté d’être mien, viens à Moi pendant que tes compagnons dorment. Les étoiles, les fleurs, les oiseaux sont des témoins prudents et bons, silencieux, pleins de pitié. Les étoiles sont saisies d’horreur devant le crime qui arrive sous leur lumière, mais elles n’ont pas de voix pour dire aux hommes: “Celui-ci est un Caïn de son frère”. Tu as compris, Judas?”

“Oui, Maître. Mais crois-moi: je n’ai rien d’autre que de la lassitude et de l’émotion. Moi je t’aime de tout mon cœur et…”

“C’est bien. Il suffit.”

“Tu me donnes un baiser, Maître?”

“Oui, Judas, et je t’en donnerai d’autres…”

Jésus pousse un profond soupir, avec peine. Mais il embrasse Judas sur la joue. Et puis il lui prend la tête dans ses mains, et la tenant bien serrée en face de Lui à quelques décimètres, il la fixe, l’étudie, la transperce de son regard magnétique. Et Judas, ce malheureux, ne tressaille pas. Il reste en apparence imperturbable sous cet examen. Il devient seulement un peu pâle et pendant un instant il ferme les yeux.

Et Jésus dépose un baiser sur ses paupières abaissées, et puis sur sa bouche, et puis sur son cœur, baissant la tête pour trouver le cœur du disciple… et il dit:

“Voilà: pour chasser les nuées, pour te faire sentir la douceur de Jésus, pour fortifier ton cœur.”

Puis il le laisse et se dirige vers la maison, suivi de Judas.